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Juin
2002
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Michel
Sabbah - Paix sur Jérusalem - Propos d'un évêque
palestinien
par
Yves Teyssier d'Orfeuil
e
pays en quête de Dieu finira-t-il par rencontrer Dieu
? Cet appel vibrant, c'est Michel Sabbah, évêque
palestinien et patriarche latin de Jérusalem qui le lance,
renouvelant ainsi son message de paix et l'opposition absolue
de l'Eglise à la violence. Car justice et réconciliation
sont au cur des préoccupations de cet enfant de
Nazareth, devenu porte-parole des chrétiens palestiniens,
vivant au milieu des communautés religieuses différentes
dans un contexte politique dramatique.
Retraçant avec passion l'itinéraire et la mission
du patriarche de Jérusalem, cet ouvrage resitue aussi
les différentes dimensions de sa quête incessante
de la paix - une paix qui ne peut se concevoir et réaliser
sans rendre justice au peuple palestinien, trop souvent bafoué
dans ses droits. Etre chrétien en Terre saint aujourd'hui
est à la fois une vocation et un combat, spirituel, moral
et psychologique. Quel dialogue engager entre les Eglises ?
Quel lien entretenir avec l'Islam ? Comment trouver un juste
équilibre avec le judaïsme, quand Israël est
perçu comme l'oppresseur ? Dans son constat, le patriarche
rejoint les grandes intuitions de Jean-Paul II sur Jérualem
et la Terre sainte.
A l'heure où le conflit israélo-palestinien
se durcit et où de nouvelles vagues de violences s'abattent
sur le pays, Michel Sabbah délivre aussi le meilleur
des encouragements : l'espérance.
Ma mission de patriarche (p 75 et suiv.)
Le patriarche a choisi comme devise dans la beauté
de la paix , In pulchritudine pacis en latin, Fi baha'i
s-salam en arabe. C'est le 7 décembre 1987, raconte-t-il,
que j'ai été averti que j'étais nommé
patriarche. Ce jour-là, dans la première lecture
du bréviaire, je suis tombé sur ce verset, tout
simplement : la paix sera le fruit de la justice, [
]
mon peuple demeurera dans la beauté de la paix
(Is 32, 18). Cette devise exprime ce qui sera l'axe central
de sa mission : rechercher la paix dans la terre meurtrie.
Michel Sabbah veille sur la communauté de 72000 fidèles
dispersée sur quatre pays. Si, du fait que la situation
dans les Territoires occupés est la plus dramatique et
la plus médiatique, l'activité et la parole du
patriarche sur l'occupation militaire et sur Israël sont
les plus exposées aux critiques, sa mission est d'abord
celle d'un pasteur qui souhaite soutenir les chrétiens
dans leur foi et voir s'épanouir son Eglise dans la société
dans laquelle elle se trouve.
Il n'est pas seul patriarche de Jérusalem. Ils sont
trois : le patriarche grec orthodoxe, le patriarche latin et
le patriarche arménien orthodoxe. Le premier est d'origine
grecque et le troisième d'origine arménienne,
Michel Sabbah ets le seul Palestinien. A ce titre, il est pour
Israël un patriarche encombrant.
Enfin un patriarche palestinien !
Le nouveau patriarche latin de Jérusalem, qui vient
d'être ordonné à Rome le 6 janvier, rentre
en Terre sainte le 10 janvier 1988. Il reçoit un accueil
enthousiaste de la part des chrétiens de Palestine. A
l'aéroport, les fidèles sont là pour le
recevoir. Arrivé au patriarcat, il est accueilli par
l'ancien patriarche, Jacques-Joseph Beltritti, qui lui remet
l'étole, geste de passation des pouvoirs, devant la porte
de la concathédrale. [
]
Etre patriarche sous l'occupation militaire
Curé de paroisse à Amman pendant 17 ans, Michel
Sabbah, à son arrivée, n'est pas très au
fait de la réalité de l'occupation militaire.
Lors de sa première année comme patriarche, la
visite des paroisses, en pleine intifada, lui donne une conscience
aiguë des difficultés quotidiennes et de l'injustice.
Pasteur responsable, il ne cesse de parler aux chrétiens
pour encourager, soutenir, consoler et montrer le chemin de
la justice. Le patriarche n'est pas un homme politique, il n'a
d'autre moyen que la prière et la parole pour appeler
à la justice et à la fin de l'occupation militaire
israélienne. Son rôle dans ce conflit est
de parler. Qui veut entendre, qu'il entende. Je crois que l'homme
de religion, le chef religieux doit parler, dialoguer, ouvrir
la porte au dialogue sur un niveau purement religieux et dans
lequel la politique, lorsqu'il s'agit des droits de l'homme
violés, est abordée clairement et justement .
Ce ministère de la parole caractérise son activité
et se manifeste depuis le début de sa session. Mais comment
faire pour parler de l'Evangile à des chrétiens
qui sont sous occupation militaire et pour leur proposer de
vivre l'Evangile ?
C'est simple, on leur parle de l'Evangile !!! Dans une
situation difficile, vous avez besoin d'écouter la parole
de Dieu. Il faut la lire, la méditer et l'écouter.
Nous avons nos réactions humaines. Vous devez tout faire
pour trouver le meilleur moyen pour pouvoir vivre votre vie
sous cette occupation mais, outre tous les efforts humains,
vous avez avantage à écouter la parole de Dieu.
En l'écoutant, la méditant, vous pouvez trouver
une lumière, une phrase, une indication peut-être
pour vous aider à vivre. Parce que vivre sous occupation
demande du courage et d'accepter sa vie, d'accepter une réalité
difficile. Sous l'occupation, l'injustice humaine est criante.
Les chrétiens ressentent la nécessité,
beaucoup plus en temps d'occupation, d'oppression et de relations
difficiles avec les hommes, de retrouver la source, de retrouver
Dieu. C'est pourquoi ils remplissent les églises.
Le premier Noël arrive. L'intifada sévit et la
répression israélienne est toujours aussi violente.
A cause de la situation, le patriarche se demande alors s'il
ne faut pas annuler l'entrée solennelle et festive à
Bethléem. Il propose de simplifier et d'aller directement
à la basilique sans prendre le bain de foule traditionnel.
Cela provoque un tollé général chez les
autorités israéliennes qui crient à la
violation du Statu Quo. Ce Statu Quo qui signifie ne
rien changer , refaire toujours ce qu'on a fait l'année
précédente, ce qu'on a fait pendant des siècles,
constitue une chaîne dure à supporter, et devient
même un obstacle face à tout essai de renouveau.
En ce premier Noël, il faut donc sacrifier au Statu Quo
et tout a lieu comme d'habitude. Il s'agit toutefois d'un sombre
Noël pour les chrétiens. En signe de protestation
et de solidarité avec le nouveau patriarche, et sur recommandation
de l'OLP, les commerces restent ouverts le jour de Noël
et un accueil festif lui est réservé. Les habitants
de Bethléem ne veulent pas en effet se priver de la joie
d'accueillir leur patriarche dans la ville de la Nativité.
Malgré le Statu Quo, le patriarche a décidé
d'apporter tout de même une innovation à la cérémonie
: il prononcera une homélie, ce que ses prédécesseurs
ne faisaient pas. Les Israéliens ont vent de son intention.
Ils s'en méfient, non sans raison, et font pression pour
qu'il ne le fasse pas. Le patriarche reçoit un coup de
fil du délégué apostolique : les
Israéliens ont demandé au Saint-Siège que
vous ne fassiez pas d'homélie. Et le délégué
apostolique ajoute : mais, vous faites ce que vous croyez
bon de faire ! Il fera l'homélie, bien entendu.
C'est la première homélie, le patriarche interpelle
: nous disons à ceux qui ont recours à
la violence en Terre sainte que les frontières sûres
sont les curs sûrs et que ni la technologie ni la
violence ne peuvent offrir de frontières sûres.
L'année suivante, à Noël 1989, il continuera
de s'adresser directement aux Israéliens : Aux
autorités ici présentes, nous disons : aidez,
permettez aux deux peuples de se retrouver, de se réconcilier
et de s'aimer. Changez de méthode. Cultiver la peur n'est
pas une voie de salut ; et user de la violence ne peut rien
résoudre. Seuls la justice et l'amour peuvent sauver.
Par la suite, souvent les Israéliens viendront
lui demander par avance ce qu'il va dire. Peine perdue. Quant
aux messages de Noël, il les transmet à la presse,
ce qui est l'occasion d'un échange avec des journalistes
chaque année de plus en plus nombreux ; ils seront une
cinquantaine pour le Noël 2000. A la télévision
israélienne, qui transmet la cérémonie
de Noël, les présentateurs spécifient systématiquement
que l'homélie est anti-israélienne et bien qu'ils
voudraient en couper la retransmission, ils ne le font pas car
elle est écoutée dans de nombreux pays. Dans ses
homélies, le patriarche mentionne simplement les souffrances
endurées par son peuple, et explique qu'il est difficile
de fêter Noël alors que le sang coule parmi les siens,
qu'il y a des prisonniers, des morts dans beaucoup de familles.
Il y a toujours présents, aussi, le sens spirituel et
religieux de la fête et du mystère de l'incarnation,
et la situation, les injustices à la lumière de
Noël.
Outre ces homélies, le patriarche adresse
régulièrement des lettres pastorales aux fidèles
de sa communauté. La 1ère lettre pastorale, parue
le 15 août 1988, dresse un panorama général
sur la vocation de l'Eglise de Terre sainte. La 3ème
lettre pastorale paraît en août 1992 à l'occasion
du centenaire de la mort de Don Tannous, le fondateur de la
congrégation des surs du Rosaire, dans laquelle
sont nées de nombreuses vocations de jeunes Arabes, palestiniennes,
jordaniennes, libanaises et syriennes. La lettre pastorale Appelez
la paix sur Jérusalem, parue à la Pentecôte
1990, propose une réflexion sur le sens de l'intifada
et sur les rapports entre Israéliens et Palestiniens.
Cette réflexion est complétée en 1993 par
une lettre pastorale sur comment Lire la Bible au pays de la
Bible. Michel Sabbah approfondit sa réflexion sur la
violence, sur la Bible et toutes les difficultés qu'elle
soulève pour les chrétiens de Palestine qui ont
pour adversaire le peuple de la Bible . Considérant
la Bible comme parole de Dieu, écrite par des hommes
sous l'inspiration de l'Esprit, il explique que cette parole
est révélée de manière progressive
et qu'on y découvre l'unité entre l'Ancien et
le Nouveau Testament. Cette réflexion est destinée
aux chrétiens qui ne comprennent pas comment le peuple
élu de la Bible peut être le peuple qui les oppresse
par une occupation militaire depuis un quart de siècle.
La cinquième lettre, Recherche la paix et poursuis-la,
de 1998, approfondit les questions liées au conflit qui
déchire la Terre sainte. La 6ème est consacrée
à la préparation du Jubilé.
Vie quotidienne
Le patriarche reçoit beaucoup. Ses journées sont
parfois une suite de rendez-vous sans fin. Le matin, il célèbre
la messe à 7 heures, avec les prêtres présents
au patriarcat. A 8h30, il commence sa vie publique, les rendez-vous
et les visites à l'extérieur. Les prêtres
qui vivent et travaillent au patriarcat partagent cette existence.
Les repas sont toujours pris ensemble. L'idée de cette
vie communautaire vient du 1er patriarche latin, Mgr Joseph
Valerga. Il a construit le bâtiment pour lui, pour les
prêtres qui l'aidaient dans son travail- la curie du patriarcat-,
et pour les prêtres retraités. Il a donc conçu
le patriarcat pour cette forme de vie, ce qui donne au visiteur
l'impression d'entrer dans un ancien couvent. Les prêtres
qui passent aujourd'hui leur retraite au patriarcat sont généralement
actifs, ils célèbrent la messe et visitent les
malades, les personnes seules, etc.
L'après-midi, le patriarche reprendre ses rendez-vous
à partir de 15 heures. La journée de travail se
termine à 19 heures par une demi-heure de prière
en commun, soit un chapelet soit les vêpres, suivie du
repas en communauté. Les soirées servent à
préparer textes et homélies ou sont consacrées
à des courtes visites aux curés voisins, au séminaire
de Beit Jala ou aux communautés religieuses. Une fois
par semaine, le mardi soir, les prêtres qui vient au patriarcat
ont proposé une heure d'adoration en silence à
laquelle participent quelques communautés religieuses
voisines.
[
]
A Jérusalem, le patriarche participe à de nombreuses
réunion, notamment celles de l'Assemblée des ordinaires
catholiques de Terre sainte, avec les chefs des Eglises catholiques
de Terre sainte, et celles avec les chefs d'Eglises de Jérusalem,
qui se voient fréquemment.
Deux fois par semaine, il prend le temps de rencontrer des
groupes de pèlerins du monde entier :
ils viennent pour comprendre. Ceux qui passent ici au
patriarcat viennent pour entendre quelque chose sur l'Eglise
de Jérusalem et sur la situation, pour essayer de comprendre.
Beaucoup passent sans aucun contact avec l'Eglise locale. Ceux
qui ont des rencontres au patriarcat ou avec les paroisses,
disent : Nous entendons des choses nouvelles.
Une seule rencontre peur ouvrir un peu les yeux. De plus en
plus de groupes demandent à rencontrer des paroisses,
des communautés, des personnes qui leur parlent.
Les pèlerins jouent un rôle important dans l'Eglise
de Jérusalem. Ils forment, dit le patriarche,
une partie essentielle de notre Eglise. Par leur présence,
leur prière, leur témoignage de foi, ils sont
un soutien pour les chrétiens dans leur foi, et des témoins
de paix dans notre situation de conflit. Ils sont aussi
importants pour l'économie palestinienne, véritable
ballon d'oxygène, ouverture vers l'extérieur pour
les chrétiens et tous les Palestiniens qui ne peuvent
sortir des territoires autonomes. D'ailleurs, le 18 décembre
2000, les trois patriarches de Jérusalem écrivent
un message à tous les pèlerins pour leur expliquer
combien les chrétiens de Terre sainte ont besoin d'eux
:
Malgré les jours difficiles que nous vivons aujourd'hui,
nous nous préparons à célébrer la
naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous vous adressons
cet appel pour vous dire : revenez, vos frères et vos
surs dans la foi et tous les habitants de cette terre
ont besoin de vous. Votre présence au milieu de nous,
votre prière avec nous portera une nouvelle lumière
au conflit entre les deux parties. Le retour des pèlerins
en ces temps pénibles peut être difficile. Mais
il sera un partage de nos difficultés, un partage de
nos efforts pour la justice et la paix. Venez et alors que vous
renouvelez votre foi aux lieux sanctifiés par notre divin
Sauveur, ajoutez à votre programme une rencontre avec
l'une ou l'autre de nos communautés chrétiennes.
Visitez nos paroisses, pour une prière ensemble, pour
un échange, pour le réconfort de vos frères
et surs dans la foi.
Le dialogue entre Eglises (p121 et suiv.)
En 1987, l'arrivée de Michel Sabbah à la tête
du patriarcat correspond au début d'une période
d'intensification des liens entre les Eglises de Jérusalem.
Le patriarche est un des initiateurs de ce rapprochement. Sa
personnalité très ouverte a grandement contribué
à détendre les relations, qui n'ont pas toujours
été faciles, entre chefs religieux chrétiens
de la ville. D'ailleurs, dès sa première lettre
pastorale, en août 1988, il met en valeur le dialogue
qui est une des caractéristiques de ce diocèse
et de ce pays, étant donné la grande variété
des communautés religieuses et culturelles . Il
en donne sa définition : le dialogue signifie
voir l'autre , tel qu'il est, dans toute son identité
et sa personnalité, individuellement et socialement dans
tout son contexte religieux et culturel. La première
condition pour tout dialogue, c'est le respect de la personnalité
de l'autre dans sa totalité. La seconde condition consiste
à essayer de connaître l'autre tel qu'il se connaît
et se juge lui-même, non par les préjugés
et a priori individuels ou historiques.
La situation générale est difficile et l'intifada
ont également contribué à la cohésion
des Eglises. Unies par les mêmes épreuves, elles
se sont rapprochées les unes des autres pour encourager
leurs fidèles à vivre et survivre dans une situation
très dure, et pour mieux se faire entendre.
Ces rencontres entre Eglises se font pour une part de façon
informelle, en dehors de toute structure préétablie,
et d'autre part dans des cadres institutionnels aux dimensions
très diverses, plus ou moins étendues à
la Terre sainte, au Moyen-Orient, ou au monde arabe. Toutes
ces actions servent l'cuménisme, l'objectif étant
de marcher ensemble vers l'unité. Pour que celle-ci advienne,
chacun doit rester fidèle à l'Eglise dans laquelle
Dieu lui a donné de vivre, et doit en même temps
rester ouvert aux autres Eglises.
Les actions communes
Les treize Eglises de Jérusalem offrent un remarquable
exemple de concertation. Les patriarches et évêques
se retrouvent en moyenne toutes les six semaines - cette périodicité
a été décidée en 1994 - pour coordonner
les initiatives. Les réunions ont lieu, en général,
chez le patriarche grec orthodoxe. Ce rythme très soutenu
est un atout extraordinaire pour la dynamique cuménique
en Terre sainte. Les questions à l'ordre du jour sont
souvent liées aux difficultés quotidiennes comme
la fermeture de Jérusalem aux habitants des Territoires
palestiniens, et à leurs répercussions sur la
vie familiale, religieuse et sociale, sur la violence ou la
profanation des Lieux saints. Cela permet aussi de publier un
message commun à l'occasion de Noël et de Pâques.
Avant la fixation d'un rythme régulier de rencontres,
les chefs religieux avaient déjà conduit des actions
ponctuelles. Le 24 janvier 1988 - l'intifada avait commencé
depuis un mois et demi et le patriarche n'est ordonné
que depuis deux semaines - les Eglises de Jérusalem publient
un premier texte, le premier acte officiel d'ailleurs signé
par le nouveau patriarche. Il s'agit d'un appel à l'action
et à la prière en faveur de la paix et de la justice
et à la solidarité chrétienne vis-à-vis
des victimes de toutes sortes :
Nous prenons position avec la vérité et
la justice contre toute forme d'injustice et d'oppression. Nous
sommes du coté de ceux qui souffrent et qui sont opprimés.
Nous sommes du coté des réfugiés et des
déportés, de ceux qui sont dans la détresse
et victimes de l'oppression, nous sommes du coté de ceux
qui connaissent les larmes et le deuil, des pauvres et des affamés
. [
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Michel Sabbah - Paix sur Jérusalem -
Propos d'un évêque palestinien
Auteur du livre : Yves Teyssier d'Orfeuil. Desclée de
Brouwer. Avril 2002
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