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2001-08-30
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- Ecclesia
in Oceania
Exhortation apostolique post-synodale
Sa
Sainteté le pape Jean-Paul II
EXHORTATION APOSTOLIQUE
POST-SYNODALE
ECCLESIA IN OCEANIA
DE SA SAINTETé LE PAPE JEAN-PAUL II
AUX éVÊQUES
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES
AUX PERSONNES CONSACRéES
ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS
SUR JéSUS CHRIST
ET LES PEUPLES DE L'OCéANIE:
SUIVRE SON CHEMIN
PROCLAMER SA VéRITé
VIVRE SA VIE
INTRODUCTION
1. L'église en Océanie rend gloire à Dieu
à l'aube du troisième millénaire et proclame
son espérance à la face du monde. Sa gratitude envers
Dieu jaillit de sa contemplation des dons innombrables qu'elle
a reçus, y compris la richesse des peuples et des cultures
ainsi que les merveilles de la création. Mais, pardessus
tout, elle le remercie pour le don incomparable de la foi en Jésus
Christ, Premier-Né de toute créature
(Col 1, 15). Au cours du dernier millénaire, l'église
en Océanie a accueilli et conservé précieusement
ce don de la foi, le transmettant fidèlement aux nouvelles
générations. Pour tout cela, l'église entière
fait monter sa louange vers la Très Sainte Trinité.
Dès les origines, les peuples de l'Océanie ont
été sensibles à la présence divine
manifestée dans la richesse de la nature et des cultures.
Mais ce n'est qu'à l'arrivée des premiers missionnaires
étrangers, dans la dernière moitié du deuxième
millénaire, que ces populations autochtones entendirent
pour la première fois parler de Jésus Christ, le
Verbe fait chair. Ceux qui immigraient d'Europe ou d'autres parties
du monde apportaient leur foi avec eux. Pour tous, l'évangile
de Jésus Christ, reçu dans la foi et vécu
dans la communio de l'église, réalisait, en les
dépassant, les désirs les plus profonds du cour
humain. L'église en Océanie est forte dans l'espérance,
car elle a fait dans le Christ l'expérience de l'infinie
bonté de Dieu. De nos jours, le trésor de la foi
chrétienne se maintient grâce à un dynamisme
renouvelé et prometteur, car l'Esprit de Dieu est toujours
nouveau et surprenant. Partout dans le monde, l'église
partage cette espérance des peuples de l'Océanie:
l'avenir apportera dans les terres du Grand Océan des dons
de la grâce nouveaux et plus merveilleux encore.
2. L'Assemblée spéciale pour l'Océanie du
Synode des évêques, qui s'est tenue du 22 novembre
au 12 décembre 1998, a été un moment privilégié
où l'église en Océanie a pu manifester sa
gratitude et son espérance. J'avais suggéré
l'utilité d'une telle Assemblée dans la lettre apostolique
Tertio millennio adveniente, la proposant comme l'une des Assemblées
continentales qui devaient préparer l'église au
nouveau millénaire.(1) Aux évêques de l'Océanie
se sont joints des évêques d'autres continents ainsi
que les Chefs des Dicastères de la Curie romaine. Parmi
les participants se trouvaient d'autres membres de l'église:
prêtres, laïcs, personnes consacrées, ainsi
que des délégués fraternels d'autres églises
et Communautés ecclésiales. L'Assemblée a
fait porter ses analyses et ses discussions sur la situation actuelle
de l'église en Océanie en vue d'envisager l'avenir
de manière plus efficace. Elle a aussi concentré
l'attention de l'église universelle sur les espoirs et
les défis, les besoins et les possibilités, les
tristesses et les joies de cette immense tapisserie humaine qu'est
l'Océanie. La rencontre de tant d'évêques
à Rome, avec le Successeur de Pierre et autour de lui,
fut une magnifique occasion de célébrer les dons
de la grâce qui ont produit une moisson si abondante parmi
les peuples de l'Océanie. La foi en Jésus Christ
était le fondement et le cour de la prière et des
discussions des participants. Les évêques et tous
ceux qui étaient avec eux ont été animés
par la seule foi au Christ. Et tous ont reçu inspiration
et force de la communio ecclésiale qui les unissait et
qui, tout au long des journées de l'Assemblée synodale,
s'est exprimée, avec puissance et de manière émouvante,
comme une véritable unité dans la diversité.
CHAPITRE I
JéSUS CHRIST ET LES PEUPLES DE L'OCéANIE
Comme Jésus marchait au bord du lac de Galilée,
il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son
frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac;
c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit: Venez
derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes.
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent (Mt
4, 18-20).
La personne de Jésus
L'appel
3. Durant l'Assemblée synodale, l'église universelle
fut à même de voir plus clairement comment le Seigneur
Jésus vient à la rencontre des peuples de l'Océanie,
sur leurs terres et sur les innombrables îles. Car c'est
le Seigneur lui-même qui pose sur eux un regard d'amour
qui est à la fois un défi et un appel. Tout comme
Simon Pierre et son frère André, ces peuples sont
invités à tout quitter, à se tourner vers
Lui, le Seigneur de la Vie, et à le suivre. Ils doivent
non seulement abandonner les chemins de péché, mais
aussi les formes stériles d'une certaine manière
de penser et d'agir, afin de se mettre sur la voie d'une foi toujours
plus profonde et de suivre le Seigneur avec une fidélité
toujours plus grande.
Le Seigneur a appelé à lui l'église en Océanie:
c'est un appel qui, comme toujours, comporte aussi un envoi en
mission. Il faut être avec Jésus, pour repartir de
Jésus, mais toujours revêtu de sa force et de sa
grâce. Le Christ appelle maintenant l'église à
prendre part à sa mission avec une énergie et une
créativité renouvelées. C'est ce que le Synode
a vu clairement dans la vie de l'église en Océanie.
Ce fut une joie pour les évêques de constater que
dans la vie de l'église en Océanie le Seigneur Jésus
s'est montré fidèle à sa promesse:
Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin
du monde (Mt 28, 20). L'assurance de sa présence
donne la force et le courage dont les disciples ont besoin pour
devenir pêcheurs d'hommes . Durant l'Assemblée
spéciale, la présence du Seigneur a été
expérimentée dans la prière, dans le partage
des espoirs et des inquiétudes, mais aussi dans les liens
de la communio ecclésiale. Croire en la présence
de Jésus parmi son peuple en Océanie rendra toujours
possibles de nouvelles et merveilleuses rencontres avec lui, et
ces nouvelles rencontres deviendront semences pour la nouvelle
mission.
Quand nous marchons avec le Seigneur, nous lui laissons tous
nos fardeaux et cela nous donne la force d'accomplir la mission
qu'il nous confie. Il prend et il donne: il prend notre faiblesse
et il donne sa force. Tel est le grand mystère de la vie
du disciple et de l'apôtre. Nous avons la certitude que
le Christ travaille avec nous et en nous tandis que nous
avançons au large , comme nous devons le faire maintenant.
Quand les temps sont difficiles ou peu propices, le Seigneur lui-même
nous incite à jeter nos filets encore une fois
(cf. Lc 5, 1-11).(2) Nous ne pouvons pas désobéir.
Annoncer Jésus Christ
4. Trouver les moyens adaptés pour annoncer aujourd'hui
aux peuples de l'Océanie Jésus Christ comme Seigneur
et Sauveur, telle fut la préoccupation centrale de l'Assemblée
synodale. Mais quelle voie nouvelle peut-on utiliser pour le présenter
afin que de plus en plus de personnes le rencontrent et croient
en lui? Les interventions des Pères du Synode ont reflété
les défis et les difficultés, mais aussi les possibilités
et les espoirs, inhérents à cette question.
Tout au long de l'histoire, grâce aux extraordinaires efforts
missionnaires et pastoraux de l'église, les peuples de
l'Océanie ont rencontré Jésus Christ qui
les appelle sans cesse à la foi et leur donne une vie nouvelle.
À l'époque coloniale, le clergé et les religieux
catholiques ont très vite mis en place des institutions
visant à soutenir et à fortifier dans la foi les
nouveaux arrivants en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Les missionnaires ont porté l'évangile aux autochtones
de l'Océanie, les invitant à croire au Christ et
à trouver dans son église leur demeure véritable.
Ceux-ci ont répondu en grand nombre à cet appel,
ils sont devenus disciples du Christ et ont commencé à
vivre selon ses commandements. Le Synode n'a eu aucun doute sur
le fait que l'église, la communio des croyants, est maintenant
une réalité vivante parmi les nombreux peuples de
l'Océanie. Aujourd'hui, Jésus les regarde de nouveau
avec affection et les appelle à une foi toujours plus profonde,
à une surabondance de vie en lui. Les évêques
ne pouvaient manquer de se demander alors: comment l'église
peut-elle être un instrument efficace de Jésus Christ
qui désire maintenant aller à la rencontre des peuples
de l'Océanie par des chemins nouveaux?
Jésus Christ: Pasteur, Prophète et Prêtre
5. Dans son amour infini pour le monde, Dieu a donné son
Fils unique pour être Dieu-avec-nous. S'abaissant lui-même
pour devenir semblable à nous, Jésus est né
de la Vierge Marie, dans l'humilité et la pauvreté.(3)
Totalement dépouillé et pauvre sur la Croix, Jésus
est le Fils bien-aimé de Dieu, le Sauveur du monde, un
monde vide et pauvre. Quand le Christ demeurait parmi nous, il
proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu qui était
arrivé, un Royaume de paix, de justice et de vérité.
Des foules l'ont suivi, surtout les petits, les pauvres et les
exclus, mais les puissants de ce monde, pour la plupart, se sont
retournés contre lui. Ils l'ont condamné et l'ont
cloué sur la Croix. Cette mort ignominieuse, acceptée
par le Père comme un sacrifice d'amour pour le salut du
monde, a ouvert la voie à la Résurrection glorieuse,
par la puissance de l'amour du Père. Jésus fut alors
établi comme Roi de l'univers, Prophète pour tous
les peuples, et Grand Prêtre du sanctuaire éternel.
Il est Prophète, Prêtre et Roi non seulement pour
ceux qui le suivent mais aussi pour tous les peuples de la terre.
Le Père le présente comme le Chemin, la Vérité
et la Vie pour tous les hommes et toutes les femmes, pour toutes
les familles et toutes les communautés, pour toutes les
nations et toutes les générations.
Comme Fils de David, Jésus n'est pas seulement Roi, mais
il est aussi le Bon Pasteur de ceux qui écoutent sa voix.
Il connaît et aime ceux qui le suivent.(4) Il est le Berger
suprême de nos âmes et le Pasteur de tous les peuples.
Il guide l'église par la puissance de son Esprit Saint,
qui repose en plénitude sur lui et qu'il souffle sur ses
disciples (cf. Jn 20, 22). Des profondeurs les plus intimes, par
une force pleine d'amour, l'Esprit di rige les peuples de l'Océanie,
touchant leurs cours et leurs intelligences, et les rendant libres
pour vivre la vie surabondante en vue de laquelle ils ont été
créés.
Comme Parole de Dieu, Jésus est le Prophète universel,
la pleine révélation de Dieu.(5) Il est la Vérité,
qui invite le peuple à croire en lui et à partager
sa vie. Son Esprit guide les baptisés sur la route quotidienne
vers de nouvelles profondeurs de cette vérité. Animés
par l'Esprit Saint, les Pères du Synode ont évoqué
bien des préoccupations liées à leur expérience
pastorale et à leur amour pour le peuple de Dieu. Toutes
les réponses n'ont pas pu être apportées pendant
le déroulement du Synode, car de nombreuses questions requièrent
davantage de réflexion, d'expérience et de prière.
Toutefois, en cherchant la lumière, les évêques
se sont trouvés profondément d'accord dans leur
conviction et leur affirmation que la vérité du
salut ne peut être trouvée qu'en Jésus Christ,
et que son Esprit donne réconfort et conseil à ceux
qui viennent vers lui chargés de leurs problèmes
et de leurs fardeaux.
Le Seigneur crucifié et ressuscité est le Grand
Prêtre qui s'offre lui-même au Père en sacrifice
éternel pour la vie du monde. Il a donné sa vie
pour tous et il continue à combler ses disciples de sa
vie, particulièrement par les sacrements. Dans sa prière,
les prières de tous les croyants s'élèvent
vers le Père. Par l'Esprit Saint, il rend les croyants
capables d'une vie d'union intime avec Dieu, d'une vie de charité
plus généreuse envers leurs frères et sours,
spécialement les pauvres et les indigents. Les discussions
synodales ont souligné que, en annonçant Jésus,
l'église doit montrer son amour plein de compassion à
un monde en attente de guérison. Tous les baptisés
sont appelés à être le peuple sacerdotal de
Dieu, à l'image de Jésus, le Grand Prêtre;
et en tant que peuple sacerdotal, ils reçoivent la mission
de tendre à tous une main miséricordieuse, surtout
à ceux qui sont particulièrement dépourvus,
ceux qui sont loin, ceux qui sont désorientés. En
tendant la main et en offrant la vie au nom de Jésus, l'église
sera pour l'Océanie d'aujourd'hui un sacrement de la justice
et de la paix de Dieu.(6)
Les peuples de l'Océanie
Lieu et temps
6. Le Synode a souligné non seulement le caractère
singulier de l'espace qui s'étend sur presque un tiers
de la surface de la terre, mais aussi le grand nombre de peuples
autochtones qui, ayant joyeusement reçu l'évangile
de Jésus Christ, font éclater leur enthousiasme
dans leur façon de célébrer le message du
salut.(7) Ces peuples constituent une portion unique de l'humanité
dans une région unique du monde. Du point de vue géographique,
l'Océanie comprend le continent australien, de nombreuses
îles, grandes ou petites, et une vaste étendue d'eau.
La mer et la terre, l'eau et le sol, s'entremêlent en une
infinité de chemins qui souvent émerveillent l'oil
humain par leur beauté. Bien que l'Océanie soit
géographiquement très étendue, sa population
est par contre assez réduite et elle est distribuée
d'une manière irrégulière; elle se compose
en réalité d'un grand nombre de peuples autochtones
et émigrés. Pour beaucoup d'entre eux, la terre
est très importante: son sol fertile ou ses déserts,
la variété de ses plantes et de ses animaux, son
abondance ou ses carences. D'autres, même s'ils vivent sur
la terre ferme, sont plus dépendants des rivières
et de la mer. L'eau leur permet de naviguer d'île en île,
d'un rivage à l'autre. La grande variété
des langues - sept cents pour la seule Papouasie-Nouvelle-Guinée
- ainsi que les grandes distances entre les îles et entre
les régions font que les communications dans toute cette
zone constituent un défi particulier. Dans de nombreuses
parties de l'Océanie, les transports sont plus importants
par voie maritime ou aérienne que par voie terrestre. Les
communications peuvent encore aujourd'hui, comme en des temps
plus reculés, s'avérer lentes et difficiles, même
si, de nos jours, en bien des régions, l'information circule
instantanément grâce aux nouvelles technologies électroniques.(8)
Le pays le plus important de l'Océanie, aussi bien par
ses dimensions que par sa population, est l'Australie, où
la population aborigène a vécu pendant des milliers
d'années en se déplaçant sur de vastes bandes
de terre et en vivant en profonde harmonie avec la nature. Découverte
et colonisée par les peuples de l'Europe qui l'appelèrent
la Terre australe du Saint-Esprit (Terra Australis de Spiritu
Sancto), l'Australie est devenue très occidentale par ses
modèles culturels et sa structure sociale. Profondément
engagée dans le développement scientifique, technologique
et social du monde occidental, l'Australie est maintenant une
nation fortement urbanisée, moderne et laïque, où
les vagues successives d'immigration en provenance d'Europe et
d'Asie ont contribué à former une société
pluriculturelle. Les Australiens sont donc un peuple original,
fruit de la rencontre d'hommes, de nations, de langues, de cultures
si diverses .(9)
La foi chrétienne a été apportée
par les immigrants qui arrivaient d'Europe. De nombreux prêtres
et religieux s'étaient joints à eux et, par leur
dévouement pastoral et leurs ouvres d'éducation,
ils les aidèrent à vivre leur vie chrétienne
sur une terre étrangère et toute nouvelle. Les personnes
appelées sur place au sacerdoce et à la vie religieuse,
ainsi que de nombreux laïcs, ont apporté une contribution
indispensable pour permettre à l'église en Australie
de grandir et d'accomplir sa mission. Parmi tous ces hommes et
toutes ces femmes, se trouvait une religieuse exceptionnelle,
la bienheureuse Mary MacKillop, qui mourut en 1909 et que j'ai
eu la joie de béatifier en 1995. À cette occasion,
j'ai rappelé que, en la déclarant bienheureuse,
l'église dit que la sainteté demandée par
l'évangile est australienne, comme le fut Mary .(10)
Les relations de l'église avec les peuples aborigènes
et avec les habitants des îles du Détroit de Torres
restent un défi important et difficile à cause des
injustices passées et actuelles, et aussi à cause
des différences culturelles. Outre ce défi, l'église
en Australie est maintenant affrontée à bien des
déserts (11) modernes, semblables à
ceux qui touchent d'autres pays occidentaux.
Les premiers habitants de la Nouvelle-Zélande, nation
insulaire, furent les Maoris, qui appelaient leur pays Aotearoa,
Terre du Grand Nuage Blanc . La colonisation, et
plus tard l'immigration, ont modelé la nation en une société
biculturelle, dans laquelle l'intégration des cultures
Maorie et Occidentale demeure un défi urgent. Ce sont d'abord
des missionnaires étrangers qui annoncèrent l'évangile
au peuple Maori. Lorsque par la suite des colons européens
arrivèrent en plus grand nombre, des prêtres et des
religieux vinrent aussi et aidèrent à l'affermissement
et à l'extension de l'église. Le développement
moderne a fait de la Nouvelle-Zélande une société
toujours plus urbanisée et plus sécularisée,
dans laquelle l'église rencontre des défis semblables
à ceux de l'Australie. Et bien qu'il y ait parmi les catholiques
une conscience croissante d'appartenir à l'église
, il est vrai aussi que, en règle générale,
le sens de Dieu et de sa Providence pleine d'amour a perdu
de sa force . Une telle société sécularisée
a besoin d'être confrontée de nouveau à l'ensemble
de l'évangile du salut en Jésus Christ .(12)
La Papouasie-Nouvelle-Guinée est la plus vaste des nations
mélanésiennes. C'est une société essentiellement
chrétienne avec de nombreuses langues locales et une grande
variété de cultures. Comme d'autres nations plus
petites des îles mélanésiennes, elle a obtenu
récemment l'indépendance politique, et son histoire
a depuis lors été marquée par des efforts
pour établir une démocratie stable, et pour promouvoir
la justice sociale et le développement intégral
et équilibré de son peuple. Ces efforts, en Papouasie-Nouvelle-Guinée
comme en d'autres parties de la Mélanésie, ont récemment
été marqués par des violences et par l'apparition
de mouvements séparatistes, sources de grandes souffrances
pour le peuple et pour les institutions. Les responsables de l'église
et nombre de chrétiens ont beaucoup contribué à
l'établissement de la paix et à la réconciliation,
et cet engagement doit évidemment se poursuivre dans une
situation qui demeure très instable.
Les nations insulaires de Polynésie et de Micronésie
sont relativement petites, chacune ayant sa langue et sa culture
indigènes. Elles ont aussi à faire face aux pressions
et aux défis du monde contemporain, qui exerce une influence
puissante sur leurs sociétés. Sans perdre leur identité
ou abandonner leurs valeurs traditionnelles, elles désirent
aussi avoir part au développement résultant de l'accroissement
d'échanges directs et complexes avec d'autres peuples et
d'autres cultures. Cela s'avère un équilibre difficile
dans ces sociétés petites et vulnérables,
certaines d'entre elles ayant en outre à affronter un avenir
assez incertain, non seulement en raison d'une forte émigration,
mais aussi en raison de la montée du niveau des eaux de
la mer provoquée par le réchauffement de la planète.
Pour ces sociétés, l'évolution climatique
est beaucoup plus qu'une question économique.
Mission et culture
7. Dès le début du seizième siècle,
quand les missionnaires étrangers atteignirent l'Océanie,
les peuples des îles entendirent et accueillirent l'évangile
de Jésus Christ. Parmi ceux qui engagèrent et poursuivirent
ce travail missionnaire, il y eut des saints et des martyrs; ils
sont non seulement la plus grande gloire des origines de l'église
en Océanie, mais aussi sa source la plus sûre d'espérance
pour l'avenir. Les plus remarquables de ces témoins de
la foi sont saint Pierre Chanel, martyrisé dans l'île
de Futuna en 1841, les bienheureux Diego Luis de San Vitores et
Pedro Calungsod, tués ensemble en 1672 à Guam, le
bienheureux Giovanni Mazzuconi, martyrisé en 1851 dans
l'île Woodlark; le bienheureux Peter To Rot, tué
en Nouvelle-Bretagne en 1945, peu avant la fin de la deuxième
guerre mondiale. Avec beaucoup d'autres, ces héros de la
foi chrétienne ont contribué, chacun à sa
manière, à l'implantation de l'église dans
les îles de l'Océanie. Puisse leur mémoire
ne jamais être oubliée! Puissent-ils ne jamais cesser
d'intercéder pour les peuples bien-aimés pour lesquels
ils ont versé leur sang!
Quand les premiers missionnaires apportèrent l'évangile
aux peuples aborigènes et maoris, ou dans les nations insulaires,
ils trouvèrent des personnes qui avaient déjà
un sens profond et très ancien du sacré. Les rites
et les observances religieuses constituaient une part très
importante de leur vie quotidienne et imprégnaient profondément
leurs cultures. Les missionnaires apportèrent la vérité
de l'évangile, qui n'est étrangère à
personne; mais parfois certains cherchèrent à imposer
des éléments qui étaient culturellement étrangers
à ces peuples. Aujourd'hui un discernement attentif est
nécessaire pour comprendre ce qui appartient à l'évangile
et ce qui ne lui appartient pas, ce qui est essentiel et ce qui
l'est moins. Une telle tâche, il faut le reconnaître,
est rendue plus difficile en raison du processus de colonisation
et de modernisation qui a brouillé les repères entre
ce qui est autochtone et ce qui fut importé.
Les peuples traditionnels de l'Océanie forment une mosaïque
de cultures différentes: aborigène, mélanésienne,
polynésienne et micronésienne. Depuis l'époque
de la colonisation, la culture occidentale a aussi façonné
la région. Ces dernières années, les cultures
asiatiques ont également constitué une part de l'arrière-fond
culturel, particulièrement en Australie. Chaque groupe
culturel, différent en taille et en influence, a ses propres
traditions et ses propres expériences d'intégration
dans une nouvelle terre. On y rencontre un éventail de
sociétés, depuis les sociétés ayant
des caractéristiques communes et fortement traditionnelles,
jusqu'à celles qui sont essentiellement de facture occidentale
et moderne. En Nouvelle-Zélande, et plus encore en Australie,
les politiques coloniales et post-coloniales d'immigration ont
réduit les peuples autochtones à n'être qu'une
minorité sur leur propre terre, une minorité à
bien des égards dépossédée de ses
racines culturelles.
L'une des caractéristiques les plus marquantes des peuples
de l'Océanie est leur grand sens de la communauté
et de la solidarité dans la famille et dans la tribu, dans
le village ou avec le voisinage. Cela signifie que les décisions
sont prises par consensus, lui-même obtenu grâce à
un processus de dialogue souvent long et complexe. Touché
par la grâce de Dieu, le sens naturel de la communauté
a rendu ces peuples réceptifs au mystère de la communio
offerte dans le Christ. L'église en Océanie témoigne
d'un réel esprit de coopération, qui s'étend
aux diverses communautés chrétiennes et à
tous les peuples de bonne volonté. Le profond respect de
la tradition et de l'autorité fait aussi partie des cultures
traditionnelles de l'Océanie. Cela explique le sens de
la solidarité de la génération actuelle avec
les générations qui l'ont précédée,
et l'exceptionnelle autorité reconnue aux parents et aux
chefs traditionnels.
La diversité culturelle de l'Océanie n'est pas
à l'abri du processus mondial de modernisation, qui a des
effets à la fois positifs et négatifs. L'époque
moderne a sans aucun doute mis en relief et a mieux souligné
des valeurs humaines positives, telles que le respect des droits
inaliénables de la personne, l'introduction de processus
démocratiques dans les administrations et dans les gouvernements,
le refus d'accepter la pauvreté comme structurelle et inchangeable,
le rejet du terrorisme, de la torture et de la violence comme
moyens de changement politique, le droit à l'éducation,
aux soins médicaux et au logement pour tous. Ces valeurs,
souvent enracinées dans le christianisme - même si
ce n'est pas de manière explicite -, exercent une influence
positive en Océanie; et l'église désire faire
tout ce qui est en son pouvoir pour encourager ce processus.
Mais la modernisation a aussi des effets négatifs dans
cette région, qui voit les sociétés traditionnelles
se battre pour maintenir leur identité lorsqu'elles entrent
en contact avec les sociétés occidentales sécularisées
et urbanisées, et qu'elles subissent l'influence culturelle
grandissante des immigrés asiatiques. Les évêques
ont notamment évoqué un affaiblissement progressif
du sens religieux naturel qui a désorienté la vie
morale et la conscience de ces peuples. Une grande partie de l'Océanie,
en particulier l'Australie et la Nouvelle-Zélande, est
entrée dans une ère marquée par une sécularisation
croissante. La religion, spécialement le christianisme,
est reléguée à la périphérie
de la vie sociale et tend à être considérée
comme une affaire strictement privée relevant de chaque
personne, avec peu d'impact dans la vie publique. Les convictions
religieuses et les éléments de la foi se voient
parfois dénier leur rôle propre dans la formation
de la conscience des peuples. De même, l'église et
les autres communautés religieuses ont de moins en moins
voix au chapitre dans les affaires publiques. Dans le monde d'aujourd'hui,
les technologies les plus avancées, une meilleure connaissance
de la nature humaine et de ses comportements, les développements
économiques et politiques mondiaux, posent de nouvelles
et difficiles questions aux peuples de l'Océanie. En présentant
Jésus comme le Chemin, la Vérité et la Vie,
l'église doit répondre à ces questions morales
et sociales en proposant des chemins nouveaux et concrets, tout
en veillant à ce que sa voix ne soit pas étouffée,
à ce que son témoignage ne soit pas marginalisé.
L'Assemblée spéciale du Synode
Le thème
8. Comme l'avait suggéré le Conseil préparatoire
du Synode, qui a tenu à prendre en compte les préoccupations
des évêques de l'Océanie, le thème
choisi pour cette Assemblée spéciale pour l'Océanie
est: Jésus Christ et les peuples de l'Océanie: suivre
son Chemin, proclamer sa Vérité, vivre sa Vie. Inspiré
par les mots de l'évangile de Jean par lesquels Jésus
se désigne lui-même comme le Chemin, la Vérité
et la Vie (14, 6), ce thème réitère l'invitation
qu'il adresse à tous les peuples de l'Océanie: ceux-ci
sont invités à le rencontrer, à croire en
lui, à le confesser comme le Seigneur de toute chose. Cela
rappelle aussi à l'église en Océanie qu'elle
se rassemble comme peuple de Dieu accomplissant son pèlerinage
vers le Père. Par l'Esprit Saint, le Père appelle
les croyants - personnellement et en communauté -, à
suivre le chemin sur lequel Jésus a marché, à
annoncer aux nations la vérité que Jésus
a révélée, à vivre pleinement la vie
que Jésus a vécue et continue de partager maintenant
avec nous.
Ce thème est particulièrement approprié
pour l'église en Océanie aujourd'hui, pour les peuples
du Pacifique qui luttent pour leur unité et pour leur identité:
un grand souci de paix, de justice et de respect de la création
les habite; et nombreux sont les peuples qui sont à la
recherche du sens de leur vie. C'est seulement en acceptant que
Jésus Christ est le Chemin que les peuples de l'Océanie
découvriront ce qu'ils cherchent présentement, ce
pour quoi ils luttent. Le chemin du Christ ne peut être
parcouru sans un sens ardent de la mission; et le cour de la mission
de l'église est de proclamer Jésus Christ comme
la Vérité vivante, une vérité révélée,
une vérité expliquée, comprise et accueillie
dans la foi, une vérité transmise aux nouvelles
générations. La vérité de Jésus
est toujours plus grande que nous-mêmes, plus grande que
notre cour, car elle jaillit des profondeurs de la Sainte Trinité;
et c'est une vérité qui demande que l'église
réponde aux problèmes et aux défis actuels.
À la lumière de l'évangile, nous découvrons
que Jésus est la Vie. La vie du Christ est offerte aussi
comme une grâce de guérison qui permet à l'humanité
d'être ce que le Créateur a voulu qu'elle soit. Vivre
de la vie de Jésus Christ implique un profond respect pour
toute vie. Cela implique aussi une spiritualité vivante
et une authentique vie morale, soutenues par la Parole de Dieu
contenue dans l'écriture et célébrée
dans les sacrements de l'église. Quand les chrétiens
vivent la vie du Christ avec une foi toujours plus profonde, leur
espérance ne cesse de s'affermir et leur charité
devient plus rayonnante. Tel était le but de ce synode,
et tel est le but de la nouvelle évangélisation
à laquelle l'Esprit convoque l'église tout entière.
L'expérience
9. Il convenait que l'Assemblée synodale commence le jour
de la solennité du Christ Roi, lorsque l'église
célèbre Jésus comme le Seigneur, en qui le
Royaume de Dieu est établi dans le monde et dans l'histoire.
Au cours du déroulement de l'assemblée, il devint
de plus en plus clair que le Christ lui-même montrait le
chemin, que c'était lui qui régnait au sein de l'Assemblée.
Les liturgies d'ouverture et de clôture ont intégré
des signes et des symboles des cultures propres aux îles
du Pacifique, expressions de foi et de profond respect. En un
mélange harmonieux, ces cérémonies ont exprimé
l'unité de la foi dans la diversité de la liturgie
catholique, et elles ont montré d'une manière saisissante
que la foi catholique atteint les rivages les plus lointains du
Grand Océan et permet à chacun de trouver son
chez soi dans l'église catholique. Tel un symbolique
échange de dons , les liturgies ont manifesté
la profonde communio entre l'église de Rome et les églises
locales de l'Océanie. Les évêques ont apporté
au Vatican la riche variété de leurs expériences
et de leurs trésors culturels, et leurs liens de communio
locale et universelle s'en sont trouvés raffermis; ce fut
pour eux un grand réconfort et un encouragement pour l'avenir.
Vu les caractéristiques originales de l'église
en Océanie, il était important de convoquer une
assemblée synodale distincte. Les évêques
de l'Océanie sont organisés en quatre Conférences,
réunies en une Fédération des Conférences
des évêques catholiques de l'Océanie (F.C.B.C.O.).
Le nombre des évêques étant relativement faible,
cela permit au Synode de rassembler tous les évêques
en activité, qui représentaient donc toutes les
églises particulières. Pour de nombreux participants,
ce fut une véritable découverte des richesses spirituelles,
des cultures et des histoires des peuples de l'Océanie.
Ils prirent davantage conscience des grâces souvent cachées
ou non reconnues que le Seigneur a répandues sur son église,
et ce fut aussi une source de grand encouragement. Le dialogue
et le discernement qui eurent lieu au Synode ouvrirent les yeux
du cour et de l'âme pour découvrir ce qui doit être
fait pour vivre la foi chrétienne plus pleinement et plus
activement. Il y eut de nombreuses raisons de prier et de remercier
Dieu pour les trésors découverts et de nouveau appréciés.
L'Assemblée fut pour les évêques une expérience
de fraternité et de communio autour du Siège de
Pierre. Se déroulant au Vatican, elle permit à tous
les participants de se sentir chez eux avec l'évêque
de Rome. Cela permit aussi à l'évêque de Rome
de se sentir chez lui avec eux et d'entendre de
leur bouche combien ils ont apprécié cette expérience
unique de l'universalité de l'église. Le sens de
l'unité et de la fidélité permit de surmonter
les distances importantes, qu'elles soient d'ordre géographique
ou culturel, entre Rome et l'Océanie. Cette expérience
fut l'un des nombreux dons que le Christ, dans sa bonté,
prodigua durant le Synode.
Entre eux également, les évêques firent l'expérience
d'un sens nouveau et plus fort de leur identité et de la
communio. De grandes distances les séparent souvent les
uns des autres, et il ne leur est pas facile de maintenir des
communications régulières. Pour l'église
dans son ensemble, la diversité des cultures en Océanie
constitue un défi permanent: travailler à une plus
grande unité. Les évêques veulent renforcer
leur communio et aider les peuples de l'Océanie à
travailler ensemble de manière plus efficace. Les églises
locales dans cette région du monde sont un élément
particulier de l'église universelle. Comme telles, elles
réalisent qu'elles peuvent et qu'elles doivent mettre leurs
dons particuliers au service de toute l'église. Je prie
pour que, grâce au Synode, les évêques de l'Océanie
se sentent de plus en plus proches les uns des autres et qu'ils
réalisent plus que jamais que, avec leurs églises
particulières, ils appartiennent pleinement à l'église
universelle, à laquelle ils apportent un enrichissement
spécial.(13)
Il était significatif que cette Assemblée synodale
se déroule dans la période de préparation
immédiate du grand Jubilé de l'An 2000. La bulle
d'indiction du Jubilé, Incarnationis mysterium, fut promulguée
au cours du Synode,(14) et l'Assemblée elle-même
a représenté une occasion pour l'église en
Océanie de se préparer à accueillir le don
de l'Année sainte. Il est certain que l'Assemblée
a aidé les églises du Pacifique à célébrer
le Jubilé en s'engageant plus résolument pour la
réconciliation et la paix; elle avait plus que jamais conscience
que l'église, ayant reçu du Christ le pouvoir
de pardonner en son nom, est dans le monde la présence
vivante de l'amour de Dieu qui se penche sur toute faiblesse humaine
pour l'accueillir dans l'étreinte de sa miséricorde
.(15) Ce serait un merveilleux fruit du Jubilé si
l'église en Océanie, affermie de tant de manières
par l'expérience du Synode, pouvait continuer à
mettre en ouvre les perspectives et les appels du Jubilé,
dans la ligne suggérée par la lettre apostolique
Novo millennio ineunte. De même que le Jubilé a proclamé
les profondeurs insondables de la miséricorde de Dieu révélée
dans le Christ, de même il a suscité de nouvelles
énergies pour affronter les défis que le Synode
a fait apparaître et qui ont été l'objet de
discussions.(16) Dans l'amour qui pardonne, le Père
anticipe les cieux nouveaux et la terre nouvelle :(17) puisse
cette vision des cieux nouveaux et d'une terre nouvelle ne jamais
cesser de conduire plus profondément les peuples de l'Océanie
dans cette nouveauté de la vie!
CHAPITRE II
MARCHER EN OCéANIE SUR LE CHEMIN DE JéSUS CHRIST
Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques,
fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient dans leur barque avec leur père, en
train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt,
laissant leur barque et leur père, ils le suivirent
(Mt 4, 21-22).
L'église comme communio
Mystère et Don
10. Marchant le long des rives de la mer de Galilée, Jésus
appelait les gens à devenir disciples. Il les invitait
à suivre son chemin, à mettre leurs pas dans ses
pas. C'est par la même route qu'a suivie le Christ
lui-même que, sous la poussée de l'Esprit du Christ,
l'église doit marcher, l'église, c'est-à-dire
nous tous, unis comme un corps qui reçoit son influx vital
du Seigneur Jésus .(18) Le chemin de Jésus
est toujours la route de la mission; le Christ invite maintenant
ceux qui le suivent à proclamer de nouveau l'évangile
aux peuples de l'Océanie, afin que la culture et la prédication
de l'évangile s'enrichissent de leur rencontre mutuelle
et que la Bonne Nouvelle soit entendue, crue et vécue plus
profondément. Cette mission s'enracine dans le mystère
de la communion.
Le Concile Vatican II a choisi la notion de communio pour exprimer
avec justesse le mystère profond de l'église;(19)
et l'Assemblée extraordinaire du Synode de 1985 nous a
rendus plus conscients que la communio est le cour même
de l'église. Ainsi, les Pères du Synode ont aussi
déclaré que l'église est essentiellement
un mystère de communion, un peuple qui tire son unité
de l'unité du Père et du Fils et de l'Esprit Saint...
Partager la vie de la Sainte Trinité est la source et l'inspiration
de toute relation chrétienne et de toute forme de communauté
chrétienne (20). Cette perspective a constitué
l'arrière-plan doctrinal et spirituel de toutes les délibérations
du Synode. Elle est complétée et illustrée
par la façon d'envisager l'église comme peuple de
Dieu et communauté de disciples. L'église en tant
que communion reconnaît une égalité fondamentale
entre tous les fidèles du Christ, laïcs, religieux
et ministres ordonnés. La communion est façonnée
et animée par les dons du Saint-Esprit que sont les charges
et les charismes .(21)
La communio de l'église est un don de la Sainte Trinité,
qui partage merveilleusement la profondeur de sa vie intime avec
l'humanité. Elle est le fruit de l'initiative amoureuse
de Dieu, accomplie dans le mystère pascal du Christ, par
lequel l'église participe à la communio d'amour
entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L'amour
de Dieu a été répandu dans nos cours par
l'Esprit Saint qui nous a été donné
(Rm 5, 5). Le jour de la Pentecôte, la Pâque du Christ
a été portée à son achèvement
par l'effusion de l'Esprit, qui nous a donné les premiers
fruits de notre héritage: prendre part à la vie
du Dieu Un et Trine, ce qui nous rend capables d'aimer
puisque Dieu nous a tant aimés (1 Jn 4, 11).
église particulière et église universelle
11. Au cours de l'Assemblée synodale, les évêques
ont donné une place particulière à la notion
d'église comme communio. Ils ont mis l'accent sur les aspects
d'appartenance et de relations interpersonnelles qui sous-tendent
la compréhension de l'église comme peuple de Dieu.
La communio ecclésiale est exprimée et vécue
d'une manière spéciale par l'église locale
qui est rassemblée autour de l'évêque et dont
les membres collaborent à la mission de l'église.(22)
En tant que Pasteur, chaque évêque cherche à
promouvoir cette communio à travers son ministère,
en prenant part à la charge pastorale, prophétique
et sacerdotale du Christ. Les Actes des Apôtres décrivent
le signe et l'effet de cette communio : La multitude de
ceux qui avaient adhéré à la foi avaient
un seul cour et une seule âme (4, 32). Les Pères
du Synode ont reconnu que la préparation d'un projet pastoral
diocésain en relation avec les fidèles et leurs
organisations constituait une expression très concrète
de cet esprit. Cela atteste que le projet découle de la
spiritualité de communio promue par le Concile Vatican
II.(23)
La communio parmi les églises locales est fondée
sur l'unité de la foi, sur le Baptême et l'Eucharistie,
mais aussi sur l'unité de l'épiscopat. La communio
de l'église comprend toutes les églises locales
à travers leurs évêques, unis à l'évêque
de Rome comme chef visible de l'église. Le collège
des évêques uni au Successeur de Pierre donne une
expression authentique à la communio de l'église
.(24) Cette unité de l'épiscopat se perpétue
au cours des siècles à travers la succession apostolique;
en tout temps, elle est le terreau de l'identité de l'église,
établie par le Christ sur Pierre et sur le collège
des Apôtres. Le Successeur de Pierre est vraiment
le principe stable et le fondement visible de l'unité
de l'église.(25) Le Seigneur a lui-même commandé
à Pierre et à ses successeurs de confirmer leurs
frères dans la foi (cf. Lc 22, 32) et de nourrir le troupeau
du Christ (cf. Jn 21, 15-17). Il existe entre les évêques
un lien qui exprime de manière personnelle et collégiale
la communion - la koinonia - qui caractérise toute la vie
de l'église... Ensemble, au sein du Collège des
évêques, ils partagent le ministère de promouvoir
l'unité du peuple de Dieu dans la foi et dans la charité
.(26) Le Synode a exprimé le souhait que les relations
entre les églises locales et l'église universelle,
notamment le Saint-Siège, reflètent et établissent
la communio, et que ces relations s'accomplissent dans l'attention
due au ministère d'unité de Pierre et dans le respect
dû aux églises locales.(27) Les églises locales
en Océanie ont conscience de participer à la communio
de l'église universelle, et elles y voient un motif de
joie. Malgré la vaste diversité des cultures et
les grandes distances en Océanie, les évêques
locaux réalisent qu'ils sont liés les uns aux autres
et avec l'évêque de Rome, et ils y reconnaissent
aussi un grand don. Entre le Successeur de Pierre et les
successeurs des autres Apôtres, il y a en effet un lien
spirituel et pastoral profond: c'est notre collegialitas
affectiva et effectiva. Puissions-nous toujours trouver
des moyens de nous aider les uns les autres dans nos efforts communs
pour construire l'église et vivre cette communion dans
le service et dans la foi! .(28)
Comme frères dans le Collège des évêques,
les Pères synodaux ont exprimé sans équivoque
le désir de fortifier leur union avec l'évêque
de Rome,(29) et l'évêque de Rome a été
lui-même touché et encouragé par leur désir.
Enrichissement mutuel
12. Il existe un signe et un instrument de la collégialité
et de la communion entre les évêques: la Conférence
des évêques, une sainte harmonie des forces
en vue du bien commun des églises ,(30) qui contribue
de multiples manières à la réalisation concrète
de l'esprit de collégialité. Les Conférences
épiscopales ont établi des relations fructueuses
dans de nombreux domaines. L'échange de dons est caractéristique
de beaucoup de régions de l'Océanie et il peut être
considéré comme un modèle de relations positives
des évêques de l'Océanie entre eux et avec
les autres. Ce modèle promeut un échange de dons
spirituels qui stimule les relations d'amour mutuel, de respect
et de confiance. Ces dernières sont le fondement d'un dialogue
ouvert, d'une participation et d'une coopération comme
expressions concrètes de la communio qui caractérise
l'église.
Les églises orientales catholiques se sont implantées
en Océanie dans une période relativement récente,
et le fait qu'elles se sont établies en divers lieux de
l'Océanie, particulièrement en Australie, constitue
une riche expression de la catholicité. Avec leur
histoire et leurs traditions particulières, elles portent
un témoignage significatif de la pleine diversité
et de la totale unité de l'église universelle .(31)
Au Synode, il était clair que les églises orientales
catholiques étaient conscientes de la générosité
de l'église catholique latine en Océanie. Au cours
des années, souvent dans des circonstances difficiles,
les évêques, les prêtres et les paroisses leur
ont offert l'hospitalité dans leurs églises et dans
leurs écoles, et les liens d'amitié et de coopération
se poursuivent à tous les niveaux. Il est vrai que ces
églises sont vulnérables en raison du nombre relativement
restreint de leurs fidèles et de la grande distance qui
les séparent de leurs églises-mères, et leurs
communautés peuvent se sentir contraintes ou tentées
de s'assimiler à l'église latine, qui est majoritaire.
Le Synode a également fait apparaître que les évêques
latins de l'Océanie ont le souci d'apprécier, de
comprendre et de promouvoir les traditions, la liturgie, la discipline
et la théologie des églises orientales catholiques.
On voit donc l'importance que revêtent pour les catholiques
latins la conscience accrue et la compréhension des richesses
des églises orientales catholiques.
Pour l'église en Océanie, le défi est de
parvenir à une compréhension plus profonde de la
communio locale et universelle, et à une mise en ouvre
effective de ses implications pratiques. Mon prédécesseur
le Pape Paul VI résumait en ces termes ce défi:
Le premier aspect de cette communion, la première
unité, c'est celle de la foi. L'unité dans la foi
est nécessaire et fondamentale... Nous devons en arriver
à une charité plus consciente et plus active dans
les divers aspects de la vie ecclésiale .(32) Les
peuples de l'Océanie ont d'instinct un sens très
fort de la communauté, mais l'unité dans la foi
est nécessaire lorsque la réconciliation et l'amour
doivent remplacer le conflit et la haine. Dans les cultures les
plus occidentalisées de la région, les institutions
sociales sont en difficulté et les peuples aspirent à
une existence plus digne de l'être humain. Là où
l'individualisme menace de ruiner la construction d'une société
humaine, l'église s'offre elle-même comme un sacrement
qui guérit, un foyer de communion qui répond aux
soifs les plus profondes du cour. Les peuples de l'Océanie
ont actuellement un besoin évident d'un tel don.
Communion et mission
L'appel à la mission
13. C'est des premières générations de chrétiens
et de missionnaires venant d'au-delà des mers que l'église
en Océanie a reçu l'évangile. Le Synode rend
hommage aux nombreux missionnaires - prêtres, religieux
et religieuses, fidèles laïcs - qui se sont dépensés
en apportant l'évangile à l'Océanie(33) et
dont les sacrifices, par la grâce de Dieu, ont fait naître
des fruits nombreux. Alors que les peuples de l'Océanie
commençaient à accepter la plénitude de la
rédemption dans le Christ, ils en trouvèrent un
symbole frappant dans les cieux étoilés où
la Croix du Sud brille comme un signe lumineux de la grâce
et de la bénédiction enveloppantes de Dieu.(34)
La génération actuelle des chrétiens est
maintenant appelée et envoyée pour accomplir une
nouvelle évangélisation parmi les peuples de l'Océanie,
une proclamation renouvelée de la vérité
éternelle évoquée par le symbole de la Croix
du Sud. Cet appel à la mission impose de grands défis,
mais il ouvre aussi de nouveaux horizons, pleins d'espérance
et même d'esprit d'aventure.
L'appel à la mission est adressé à tous
les membres de l'église. Toute l'église est
missionnaire, car l'activité missionnaire... est partie
intégrante de sa vocation .(35) Certains membres
de l'église sont envoyés à ceux qui n'ont
pas encore entendu parler de Jésus Christ, et leur mission
demeure toujours aussi essentielle. Mais beaucoup d'autres sont
envoyés près de chez eux, et les Pères du
Synode ont tenu à mettre l'accent sur la mission des membres
laïcs de l'église. En famille, sur le lieu de travail,
dans les écoles, dans les activités associatives,
tous les chrétiens peuvent contribuer à apporter
la Bonne Nouvelle au monde dans lequel ils vivent. Être
une communauté chrétienne n'a jamais signifié
que ses membres ont une place confortable. Les Pères du
Synode ont voulu encourager les communautés locales à
porter leurs regards au-delà de leurs préoccupations
immédiates pour rejoindre les autres.
La paroisse en tant que communauté ne peut pas vivre isolée
des réalités du monde qui l'entoure. Il faut que
la communauté chrétienne soit attentive aux questions
de la justice sociale et de la soif spirituelle qui se manifestent
dans la société. Ce que Jésus offre à
ceux qui le suivent doit être partagé avec tous les
peuples de l'Océanie, quelle que soit leur situation, parce
qu'en lui seul réside la plénitude de la vie.
Défis
14. Les Pères du Synode ont voulu que Jésus Christ
soit entendu et compris par les personnes confiés à
leurs soins, et par beaucoup d'autres. Ils ont vu la nécessité
de rejoindre ceux qui vivent avec des espérances et des
désirs insatisfaits, ceux qui ne sont chrétiens
que de nom et ceux qui se sont progressivement éloignés
de l'église, peut-être en raison d'expériences
douloureuses. Tout doit être entrepris pour guérir
de telles blessures, et pour que la brebis perdue retourne au
bercail.
Par-dessus tout, les Pères du Synode ont voulu toucher
le cour des jeunes gens. Beaucoup d'entre eux cherchent la vérité
et le bonheur, et leur recherche peut les conduire à expérimenter
les attraits et les revendications du monde contemporain, dont
certains sont clairement destructeurs. Cela peut engendrer une
confusion chez le jeune qui veut les quitter, car il est incapable
de savoir ce que sont les vraies valeurs et où se trouve
le vrai bonheur. Le grand défi et la grande occasion pour
l'église, c'est de leur offrir les dons de Jésus
Christ dans l'église, car seuls ces dons satisferont leurs
aspirations. Mais le Christ doit être présenté
de manière adaptée à la nouvelle génération
et aux changements rapides de la culture dans laquelle elle vit.
On dit parfois de l'église catholique qu'elle propose
un message inadapté, ni attrayant ni convaincant; mais
nous ne pouvons pas laisser de telles critiques ébranler
notre confiance, parce que nous avons trouvé une perle
de grand prix (cf. Mt13, 46). Il n'y a donc plus de place pour
la suffisance. L'église est mise au défi d'interpréter
la Bonne Nouvelle pour les peuples de l'Océanie en fonction
de leurs besoins d'aujourd'hui et dans les circonstances actuelles.
Nous devons présenter le Christ à notre monde de
telle manière que cela donne de l'espérance aux
nombreuses personnes qui souffrent de la misère, de l'injustice
et de la pauvreté. Le mystère du Christ est le mystère
d'une vie nouvelle pour tous ceux qui sont dans le besoin ou dans
la souffrance, pour les familles disloquées ou pour toutes
les personnes qui sont affrontées au chômage, pour
celles qui sont marginalisées, blessées dans leur
âme ou dans leur corps, malades ou toxicomanes, et pour
toutes celles qui sont égarées sur leur route. Le
mystère de la grâce, le mysterium pietatis, est le
cour même de l'église, c'est sa mission.
Une église engagée
15. Les communautés catholiques de l'Océanie sont
de plus en plus conscientes de ce qu'elles ont à offrir
à l'église universelle; en retour, l'église
se réjouit des dons spécifiques offerts par ces
communautés. Beaucoup d'entre elles se sont engagées
dans une assistance missionnaire en Océanie et au-delà,
dans les îles du Pacifique et en Papouasie-Nouvelle-Guinée,
ainsi qu'en Asie du Sud-Est et dans d'autres contrées plus
éloignées du monde. Les églises locales,
fondées par les missionnaires, envoient à leur tour
des missionnaires à l'étranger, et cela constitue
un signe éminent de maturité. Elles ont compris
le message missionnaire que le Pape Paul VI, avec le peuple des
îles Samoa, avait adressé aux peuples catholiques
du monde: Entendez l'appel à devenir les hérauts
de la Bonne Nouvelle du salut .(36) Ce que j'avais exprimé
comme un souhait aux évêques de la C.E.PAC. à
Suva en 1986 est devenu réalité: Que les
églises qui ont été fondées par des
missionnaires envoient à leur tour des missionnaires à
d'autres nations .(37) Cependant, quelques diocèses
de l'Océanie dépendent encore de la solidarité
d'autres églises locales, et leur manque de ressources
ne devrait pas les empêcher de remplir pleinement leur mission
avec générosité. Le partage des ressources
pour le bien de tous est une tâche insigne de la vie chrétienne
et c'est parfois un devoir urgent et nécessaire pour les
chrétiens.
Dans de nombreuses îles de l'Océanie, les catéchistes
assistent les ministres ordonnés dans leur travail missionnaire
ou pastoral. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les catéchistes
enseignent la foi dans les communautés locales, spécialement
aux enfants et aux catéchumènes. Ils sont
des témoins directs, des évangélisateurs
irremplaçables, qui représentent la force de base
des communautés chrétiennes .(38) Ces coopérateurs
laïcs sont efficaces notamment parce que leur vie et leur
travail les rendent proches des gens. Ils ont apporté
et apportent encore une contribution vraiment irremplaçable
à la vie et à la mission de l'église .(39)
Dans de nombreuses îles, les catéchistes ne sont
pas seulement entraînés à enseigner, mais
aussi à conduire la prière de la communauté
et à évangéliser au-delà des limites
de la communauté catholique. Dans les cultures traditionnelles,
la foi se transmet souvent mieux oralement, par des contes, en
prêchant, en priant avec des paroles, des chants et des
danses. Pour guider et pour développer ce type d'activités,
des cours spécialisés, des formations et des retraites
sont nécessaires. Aujourd'hui, la tâche consiste
à présenter Jésus Christ à ceux dont
la foi s'est affaiblie sous la pression de la sécularisation
et du consumérisme et qui ont tendance à considérer
l'église comme l'une des nombreuses institutions de la
société moderne qui influencent les modes de pensée
des gens et leurs comportements. Dans une telle situation, l'église
a besoin de responsables et de théologiens bien formés,
pour présenter Jésus Christ de manière convaincante
aux peuples de l'Océanie.
Durant l'Assemblée, ce fut une joie d'entendre beaucoup
d'évêques évoquer les parcours de renouveau
de la vie chrétienne et d'approfondissement de la foi proposés
aux personnes de leurs diocèses. L'engagement de nombreux
laïcs est l'une des caractéristiques remarquables
de ces parcours. Nous sommes tous reconnaissants envers Dieu pour
les dons variés qu'il a offerts aux fidèles laïcs,
hommes et femmes, afin de les aider à mener à bien
leur mission, qui n'est pas seulement un appel à l'action
et au service, mais aussi un appel à la prière.(40)
Les laïcs sont invités, ainsi que leurs pasteurs,
à aller de l'avant avec une nouvelle énergie et
à proclamer Jésus Christ à leurs peuples
avec une conviction renouvelée. Les communautés
catholiques en Océanie font déjà de gros
efforts pour rejoindre les autres, en paroles et en actes. Les
Pères du Synode ont exprimé leur profonde gratitude
pour ces efforts, et ont manifesté un soutien sans faille
à ceux qui se sont préparés à s'offrir
eux-mêmes pour travailler à la mission de l'église.
Je prie pour que ceux qui travaillent dans la vigne du Seigneur
trouvent plénitude et joie dans la tâche à
laquelle Dieu lui-même les a appelés.
De nombreux autres défis attendent les membres de l'église,
en particulier ceux qui assument des responsabilités pastorales.
Conscients des limites de tout effort humain, les Pères
du Synode ne se sont pas découragés, mais ils se
sont souvenus de l'assurance simple et vigoureuse du Seigneur.
En envoyant les Apôtres prêcher la Bonne Nouvelle
à toutes les nations, le Seigneur ressuscité leur
dit: Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à
la fin du monde (Mt 28, 20). Cette promesse du Seigneur
fut une source de vive espérance pour les évêques,
alors qu'ils portaient leurs regards sur les nombreux défis
qu'ils auraient à relever pour annoncer Jésus Christ,
le Chemin, la Vérité et la Vie; et ils ont appelé
tout le peuple catholique de l'Océanie à les rejoindre
dans cette espérance.
L'évangile et la culture
Inculturation
16. Les Pères du Synode ont fréquemment mis l'accent
sur l'importance de l'inculturation pour une vie chrétienne
authentique en Océanie. Le processus d'inculturation est
le chemin progressif par lequel l'évangile s'incarne dans
les différentes cultures. D'une part, certaines valeurs
culturelles doivent être transformées et purifiées
si elles veulent prendre place dans une culture chrétienne
authentique. D'autre part, dans de nombreuses cultures, les valeurs
chrétiennes prennent facilement racine. L'inculturation
naît du respect qui est dû à la fois à
l'évangile et à la culture dans laquelle il est
proclamé et accueilli. Le processus d'inculturation a commencé
en Océanie lorsque des immigrants apportèrent de
chez eux la foi chrétienne. Pour les peuples indigènes
de l'Océanie, l'inculturation signifiait un nouveau dialogue
entre le monde qu'ils avaient connu et la foi à laquelle
ils avaient adhéré. C'est ainsi que l'Océanie
offre de nombreux exemples d'expressions culturelles singulières
dans les domaines de la théologie, de la liturgie, et dans
l'utilisation des symboles religieux.(41) Les Pères du
Synode ont vu dans le développement de l'inculturation
de la foi chrétienne le chemin qui mène à
la plénitude de la communio ecclésiale.
Une authentique inculturation de la foi chrétienne est
fondée sur le mystère de l'Incarnation.(42)
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils
unique (Jn 3, 16); dans un temps et dans un lieu précis,
le Fils de Dieu a pris chair, il est né d'une femme
(Ga 4, 4). Pour préparer cet événement
capital, Dieu s'est choisi un peuple avec une culture propre,
et il a guidé son histoire sur la voie de l'Incarnation.
Tout ce que Dieu a fait au milieu du peuple élu a révélé
ce qu'il avait l'intention de faire pour toute l'humanité,
pour tous les peuples et pour toutes les cultures. Les écritures
nous racontent l'histoire de Dieu qui agit au milieu de son peuple.
Par-dessus tout, elles racontent l'histoire de Jésus Christ,
par qui Dieu lui-même est entré dans le monde et
dans ses diverses cultures. Dans tout ce qu'il a dit et accompli,
mais spécialement dans sa mort et sa résurrection,
Jésus a révélé l'amour de Dieu pour
l'humanité. Profondément ancrée dans l'histoire
humaine, l'histoire de Jésus s'adresse non seulement aux
personnes de son époque et de sa culture, mais aussi à
celles de tous les temps et de toutes les cultures. Jésus
est pour toujours le Verbe fait chair pour le monde entier; il
est l'évangile qui a été apporté à
l'Océanie; et il est l'évangile qui doit être
maintenant proclamé à nouveau.
Le Verbe fait chair n'est étranger à aucune culture
et doit être annoncé à toutes les cultures.
Le processus de rencontre et de confrontation avec les
cultures est une expérience que l'église a vécue
depuis les origines de la prédication de l'évangile
.(43) De même que le Verbe fait chair est entré
dans l'histoire et a habité parmi nous, de même son
évangile a pénétré profondément
la vie et la culture de ceux qui entendent, qui écoutent
et qui croient. L'inculturation, c'est-à-dire l'incarnation
de l'évangile dans les diverses cultures, prend
le même chemin que celui par lequel l'évangile est
proclamé, compris et vécu.(44) L'église enseigne
la Vérité immuable de Dieu, adressée à
l'histoire et à la culture d'un peuple particulier. Cependant,
dans chaque culture, la foi chrétienne sera vécue
de façon unique. Les Pères du Synode étaient
convaincus que l'église, dans ses efforts pour présenter
concrètement Jésus Christ aux peuples de l'Océanie,
devait respecter chaque culture et ne jamais demander au peuple
d'y renoncer.
L'église invite tous les peuples à exprimer la
parole vivante de Jésus en des manières qui parlent
à leurs cours et à leurs esprits .(45)
L'évangile n'est pas opposé à telle ou telle
culture, comme si, lorsqu'il la rencontre, il voulait la priver
de ce qui lui appartient et l'obligeait à assumer des forces
extrinsèques qui ne lui sont pas conformes .(46)
Il est vital pour l'église de s'insérer pleinement
dans la culture et de provoquer de l'intérieur le processus
de purification et de transformation.(47)
Une inculturation authentique de l'évangile présente
un double aspect. D'un côté, une culture offre des
valeurs et des modèles positifs qui peuvent enrichir la
manière dont l'évangile est annoncé, compris
et vécu. D'un autre côté, l'évangile
défie les cultures et rend nécessaire le changement
de certaines valeurs et de certains modèles.(48) De même
que le Fils de Dieu est devenu l'un de nous en toutes choses excepté
le péché (cf. He 4, 15), de même la foi chrétienne
accueille et reconnaît tout ce qui est authentiquement humain,
tandis qu'elle rejette tout ce qui est source de péché.
Le processus d'inculturation engage l'évangile et la culture
dans un dialogue qui inclut l'identification de ce qui
est et de ce qui n'est pas du Christ .(49) Toute culture
a besoin d'être purifiée et transformée par
les valeurs révélées dans le mystère
de Pâques.(50) Ainsi, les valeurs et les modèles
positifs trouvés dans les cultures de l'Océanie
enrichiront la manière dont l'évangile est annoncé,
compris et vécu.(51) La Bonne Nouvelle de l'évangile
est la forme réelle de la libération par
rapport à tout désordre introduit par le péché
et, en même temps, elle est un appel à la vérité
tout entière. Dans cette rencontre, les cultures non seulement
ne sont privées de rien, mais elles sont même stimulées
pour s'ouvrir à la nouveauté de la vérité
évangélique, pour en tirer une incitation à
se développer ultérieurement .(52)
Transformées par l'Esprit du Christ, ces cultures atteignent
la plénitude de la vie vers laquelle leurs valeurs les
plus profondes ont toujours tendu et à laquelle leurs peuples
ont toujours aspiré. En réalité, sans le
Christ, aucune culture humaine ne peut devenir ce qu'elle est
vraiment.
La situation actuelle
17. Récemment, l'église a vivement encouragé
l'inculturation de la foi chrétienne. Dans cette perspective,
lorsque le Pape Paul VI a visité l'Océanie, il a
insisté sur le fait que le catholicisme, loin d'étouffer
ce qu'il y a de bon et d'original dans toute forme de culture
humaine, accepte au contraire, respecte et valorise le génie
de chaque peuple, et il revêt de variété et
de beauté l'unique vêtement sans couture de l'église
du Christ .(53) J'ai fait écho à ces paroles
lorsque j'ai rencontré le peuple aborigène d'Australie:
L'évangile de Jésus Christ parle toutes les
langues. Il estime et embrasse toutes les cultures.
Il les soutient dans toutes les choses humaines et, si nécessaire,
les purifie de leurs scories. Toujours et partout, l'évangile
élève et enrichit les cultures par le message révélé
d'un Dieu aimant et miséricordieux .(54) Les Pères
du Synode ont demandé que l'église en Océanie
fasse comprendre et présentent la vérité
du Christ en s'inspirant des traditions et des cultures de la
région. Dans les zones de mission, il est urgent que tous
les missionnaires travaillent en harmonie avec les chrétiens
autochtones pour faire en sorte que la foi et la vie de l'église
soient exprimées selon des formes légitimes appropriées
à chaque culture.(55)
Depuis l'arrivée des premiers immigrants et des premiers
missionnaires, l'église en Océanie a inévitablement
été impliquée dans un processus d'inculturation
au sein des nombreuses cultures de la région, qui souvent
coexistent. Attentifs aux signes des temps, les Pères du
Synode ont reconnu que les nombreuses cultures, chacune
de différentes façons, apportent des intuitions
qui aident l'église à mieux comprendre et à
mieux exprimer l'évangile de Jésus Christ .(56)
Pour mener à bien ce processus, la fidélité
au Christ et à la Tradition authentique de l'église
est requise. Une inculturation authentique de la foi chrétienne
doit toujours être faite sous la conduite de l'église
universelle. Tandis qu'elles demeurent pleinement fidèles
à l'esprit de communio, les églises locales devraient
chercher à exprimer la foi et la vie de l'église
selon des formes légitimes appropriées aux cultures
autochtones.(57) De nouvelles expressions et de nouveaux modèles
devraient être évalués et approuvés
par les autorités compétentes. Une fois approuvés,
ces modèles authentiques d'inculturation permettront aux
peuples de l'Océanie de mieux faire eux-mêmes l'expérience
de la vie abondante offerte par Jésus Christ.(58)
Les Pères du Synode ont exprimé le désir
que les futurs prêtres, les diacres et les catéchistes
soient profondément imprégnés de la culture
du peuple qu'ils ont à servir. Afin qu'ils deviennent de
bons guides chrétiens, ils devront être formés
de manière à ne pas être coupés des
conditions concrètes de la vie ordinaire des gens. Ils
sont appelés au service d'une évangélisation
inculturée, par un travail pastoral approprié qui
autorise la communauté chrétienne à accueillir,
à vivre et à transmettre la foi dans sa propre culture
en harmonie avec l'évangile et en communion avec l'église
universelle.(59)
Selon la vision qui les guide, les Pères du Synode ont
évoqué l'idéal des nombreuses cultures de
l'Océanie qui forment une civilisation riche et caractéristique
inspirée par la foi en Jésus Christ. Avec eux, je
prie avec ferveur pour que les peuples de l'Océanie découvrent
l'amour du Christ, Chemin, Vérité et Vie, afin qu'ils
expérimentent et qu'ils édifient ensemble la civilisation
de l'amour et de la paix que les peuples du Pacifique ont toujours
eu envie de bâtir.
CHAPITRE III
ANNONCER LA VéRITé DE JéSUS CHRIST EN OCéANIE
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de
Génésareth; la foule se pressait autour de lui pour
écouter la Parole de Dieu. Il vit deux barques amarrées
au bord du lac; les pêcheurs en étaient descendus
et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques,
qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner
un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait
la foule (Lc 5, 1-3).
Une nouvelle évangélisation
L'évangélisation en Océanie
18. L'évangélisation est la mission qu'a l'église
de porter au monde la vérité de Dieu révélée
en Jésus Christ. Les Pères du Synode ont fortement
souhaité que la communio soit le thème et la visée
de toute l'évangélisation en Océanie,(60)
et le fondement de tout programme pastoral. Dans l'évangélisation,
l'église exprime sa propre communion intérieure
et agit comme un unique corps, essayant de conduire toute l'humanité
à l'unité en Dieu, par le Christ. Tous les baptisés
ont la responsabilité d'annoncer l'évangile, en
paroles et en actes, au monde dans lequel ils vivent.(61) L'évangile
doit être entendu par tous en Océanie, croyants et
non-croyants, autochtones et immigrants, riches et pauvres, jeunes
et vieux. En vérité, tous ont le droit d'entendre
l'évangile, ce qui signifie que les chrétiens ont
le devoir solennel de le partager avec eux. Une nouvelle évangélisation
est aujourd'hui nécessaire pour que chacun puisse entendre
et comprendre la grâce de Dieu offerte à tous les
peuples en Jésus Christ, et y croire.
Au cours de cette Assemblée spéciale, les évêques
ont partagé le riche capital de leurs expériences
pastorales et des expériences de leurs collaborateurs les
plus proches. Ils ont ainsi discerné ensemble de nouvelles
perspectives pour l'avenir de l'église en Océanie.
Beaucoup d'entre eux ont parlé de l'épreuve de l'isolement,
de la difficulté de parcourir d'immenses distances et de
vivre dans un environnement austère.
En même temps, ils ont évoqué des expériences
très positives de jeunesse de la foi et de la communio,
quand les gens accueillent l'évangile et découvrent
l'amour de Dieu. Les évêques ont aussi parlé
d'espérances et de craintes, de satisfactions et de déceptions,
de croissance et de déclin d'églises particulières
en Océanie. Certains ont perçu que l'église
en Océanie, dans son ensemble, était à un
carrefour, ce qui lui demande de faire des choix importants pour
l'avenir. Ils ont pris conscience du fait que les nouvelles circonstances
en Océanie font apparaître de grands défis,
et que le temps est venu d'une nouvelle présentation de
l'évangile aux peuples du Pacifique, afin qu'ils puissent
entendre la Parole de Dieu avec une foi renouvelée et trouver
une vie plus abondante dans le Christ. Mais ils ont reconnu qu'il
faut, pour y parvenir, de nouvelles manières et de nouvelles
méthodes d'évangélisation, inspirées
par un surcroît de foi, d'espérance et d'amour du
Seigneur Jésus.
Comme première étape dans ce nécessaire
renouvellement de notre façon de penser (cf.
Rm 12, 2), les évêques ont parlé très
positivement des nombreux efforts réalisés pour
appliquer les directives du Concile Vatican II. Ils ont insisté
sur le fait qu'il faut construire sur ces fondements, ce qui implique
d'autres initiatives pour affermir la foi de ceux dont la croissance
est fragile et pour la présenter d'une façon plus
convaincante à l'ensemble de la société.
L'appel au renouveau est un appel à proclamer au monde
la vérité de Jésus Christ, en lui rendant
témoignage, même jusqu'au sacrifice suprême
du martyre. C'est à cela que l'église en Océanie
est maintenant appelée; et telle est la raison sous-jacente
de la célébration de cette Assemblée spéciale
du Synode des évêques.(62) étant donné
la situation en Océanie, il peut arriver que l'appel de
Dieu ne soit pas entendu à cause de la transformation globale
qui, dans la région, affecte l'identité culturelle
et les institutions sociales. Certains craignent que ces changements
puissent saper les fondements de la foi et conduire au
dégoût de l'esprit et au désespoir.
En de telles circonstances, nous devons nous rappeler que le Seigneur
donne la force de vaincre ce genre de tentations. Notre foi en
lui est comme une maison bâtie sur le roc. La pluie
est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête
a soufflé et s'est abattue sur cette maison; la maison
ne s'est pas écroulée, car elle était fondée
sur le roc (Mt 7, 25).
Par la puissance du Saint-Esprit, l'église en Océanie
se prépare à une nouvelle évangélisation
des peuples qui aujourd'hui ont soif du Christ. C'est maintenant
le moment favorable; c'est maintenant le jour du salut
(2 Co 6, 2).
De nombreux Pères synodaux se sont dits inquiets du statut
social de la foi chrétienne en Océanie, notant qu'elle
exerce une moindre influence dans les politiques qui concernent
le bien commun, la moralité publique et l'administration
de la justice, le statut du mariage et de la famille, ou même
le droit à la vie.
Certains évêques ont fait remarquer que l'enseignement
de l'église était parfois remis en cause même
par des catholiques. Dans la mesure où cela est vrai, il
n'est presque pas surprenant que la voix de l'église soit
moins influente dans la vie publique. Les défis de la modernité
et de la post-modernité sont vécus par toutes les
églises locales en Océanie, mais avec une force
particulière par celles qui se trouvent dans des sociétés
plus puissamment affectées par la sécularisation,
l'individualisme et le consumérisme. Beaucoup d'évêques
ont attribué les signes d'un affaiblissement de la foi
catholique et de la pratique dans la vie de certaines personnes
au fait que ces dernières acceptent comme critère
de jugement et de comportement une perspective totalement sécularisée.
À cet égard, le Pape Paul VI donnait déjà
cet avertissement: Il y a le danger de tout ramener à
un humanisme terrestre, d'oublier la dimension morale et spirituelle
de la vie, de ne plus se soucier de la relation nécessaire
de l'homme au Créateur .(63)
L'église doit répondre à sa mission d'évangéliser
dans un monde de plus en plus sécularisé. Le sens
de Dieu et de sa Providence aimante a diminué chez bien
des gens et même dans des secteurs entiers de la société.
L'indifférence pratique à l'égard des vérités
et des valeurs religieuses voile le visage de l'amour divin. De
ce fait, parmi les priorités d'un effort renouvelé
d'évangélisation, il faut qu'il y ait un retour
au sens du sacré, à une conscience de la place centrale
de Dieu dans toute l'existence humaine .(64)
La première priorité pour l'église en Océanie,
c'est de procéder à une nouvelle évangélisation.
En un sens, sa mission est simple et claire: proposer une nouvelle
fois à la société humaine l'évangile
intégral du salut en Jésus Christ. L'église
est envoyée au monde d'aujourd'hui, aux hommes et aux femmes
de notre temps, pour annoncer l'évangile... pour
que ne soit pas réduite la puissance de la Croix du Christ...
Le langage de la Croix est en effet puissance de Dieu (1 Co 1,
17-18) .(65)
Les agents de l'évangélisation
19. Comme les Apôtres, les évêques sont envoyés
dans leurs diocèses pour être les premiers témoins
du Christ ressuscité. Unis autour du Successeur de Pierre,
ils forment un collège chargé de répandre
l'évangile à travers le monde. Pendant cette Assemblée
spéciale pour l'Océanie, les évêques
ont reconnu qu'ils étaient eux-mêmes les premiers
à être appelés à un renouveau de la
vie chrétienne et du témoignage. Une meilleure étude
des écritures et de la Tradition, nourrie par la prière,
les conduira à une connaissance et à un amour plus
profonds de la foi. En ce sens, comme pasteurs de leurs peuples,
ils contribueront encore plus efficacement à la tâche
de la nouvelle évangélisation.(66) Comme les Actes
des Apôtres le montrent clairement, la caractéristique
fondamentale de la mission apostolique, inspirée par le
Saint-Esprit, réside dans le courage d'annoncer
la Parole de Dieu avec assurance (4, 31). Ce courage leur
est donné en réponse à la prière de
toute la communauté: Donne à ceux qui te
servent d'annoncer ta parole avec une parfaite assurance
(4, 29). C'est ce même Esprit qui, aujourd'hui encore, rend
les évêques capables de parler ouvertement, clairement
et courageusement quand ils se trouvent face à une société
qui a besoin d'entendre la parole de la vérité chrétienne.
Les catholiques de l'Océanie continuent à prier
avec ferveur pour que, comme les Apôtres, leurs pasteurs
soient des témoins audacieux du Christ; et le Successeur
de Pierre se joint à leur prière.
Avec les évêques, tous les fidèles chrétiens
- clergé, religieux et laïcs - sont appelés
à proclamer l'évangile. Leur communios'exprime dans
un esprit de coopération, qui est lui-même un puissant
témoignage rendu à l'évangile. Les prêtres
sont les plus proches collaborateurs des évêques
et ils constituent pour eux l'aide la plus efficace dans le travail
de l'évangélisation, particulièrement dans
les communautés paroissiales confiées à leurs
soins.(67)
Ils offrent le Sacrifice du Christ pour les besoins de la communauté,
ils réconcilient les pécheurs avec Dieu et avec
la communauté, ils fortifient les malades dans leur pèlerinage
vers la vie éternelle,(68) et ils mettent ainsi la communauté
tout entière en mesure de témoigner de l'évangile
à chaque moment de la vie et de la mort. Les hommes et
les femmes engagés dans la vie consacrée sont des
signes vivants de l'évangile. Leurs voux de pauvreté,
de chasteté et d'obéissance évangéliques
sont des chemins assurés pour approfondir la connaissance
et l'amour du Christ, et de cette intimité avec le Seigneur
découle leur service consacré dans l'église,
qui a constitué pour l'Océanie une grâce magnifique.(69)
Les laïcs prennent aussi leur part en consacrant le monde
à Dieu, et beaucoup d'entre eux parviennent à une
perception plus profonde de leur rôle indispensable dans
la mission évangélisatrice de l'église.(70)
Par le témoignage d'amour dans le sacrement de mariage
ou dans le don généreux de ceux qui sont appelés
au célibat, par leurs activités dans le monde quelles
qu'elles soient, les laïcs peuvent et doivent être
un véritable levain en tous points de la société
en Océanie. Le succès de la nouvelle évangélisation
en dépend pour une large part.
Une nouvelle annonce du Christ doit se faire jour grâce
à un renouvellement intérieur de l'église,
et tout renouvellement dans l'église doit avoir pour but
la mission, afin de ne pas tomber dans le risque d'une église
centrée sur elle-même. Toutes les facettes de la
mission de l'église dans le monde doivent venir d'un renouveau
qui prend sa source dans la contemplation du visage du Christ.(71)
Ce renouvellement engendre à son tour des plans pastoraux
concrets; et, de ce point de vue, l'Assemblée spéciale
a invité les communautés locales à contribuer
à la nouvelle évangélisation en développant
un esprit de communion fraternelle dans leurs liturgies, ainsi
que dans leurs activités sociales et apostoliques; en s'efforçant
de toucher les catholiques non pratiquants et ceux qui sont loin;
en renforçant l'identité des écoles catholiques;
en donnant aux adultes les moyens de progresser dans leur foi
grâce à des programmes d'étude et de formation;
en enseignant et en explicitant efficacement la doctrine catholique
à ceux qui n'appartiennent pas à la communauté
chrétienne; en amenant la doctrine sociale de l'église
à porter du fruit dans la vie sociale en Océanie.(72)
Du fait de ces initiatives concertées, l'évangile
apparaîtra à la société d'une manière
plus convaincante et pourra influencer plus profondément
la culture.
Les premiers chrétiens étaient poussés par
l'Esprit Saint à croire au Christ et à le proclamer
comme l'unique Sauveur du monde, envoyé par le Père.
À chaque époque, le véritable agent du renouveau
et de l'évangélisation est l'Esprit Saint, qui,
c'est bien certain, ne manquera pas d'aider l'église de
ce temps à trouver les énergies missionnaires et
les méthodes adaptées à nos sociétés
en mutation si rapide. Et la nouvelle évangélisation
ne manquera pas non plus d'apporter aux peuples de l'Océanie
les fruits merveilleux du Saint-Esprit, comme les premiers chrétiens
en ont fait l'expérience quand ils rencontraient le Seigneur
ressuscité et recevaient le don de son amour plus fort
que la mort.
Primauté de l'annonce
20. Le kérygme est la Parole de Dieu proclamée
afin de réconcilier l'humanité avec Dieu par la
foi au Christ. Nous voyons la puissance du kérygme à
l'ouvre dans la première communauté de Jérusalem.
Ils étaient fidèles à écouter
l'enseignement des Apôtres et à vivre en communion
fraternelle, à rompre le pain et à participer aux
prières (Ac 2, 42). C'est là l'essence même
de la vie de l'église, le fruit de la première évangélisation.
Adhérer au Christ Jésus provient de la foi dans
sa Parole proclamée par l'église. Saint Paul le
dit: Comment proclamer sans être envoyé?
(Rm 10, 15); le Christ lui-même envoie ses Apôtres,
et ainsi sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde (Ps 19 [18], 5). Comme
témoins de la vérité divine et catholique
,(73) les missionnaires en Océanie ont franchi terres
et mers, ils ont traversé déserts et torrents, ils
ont affronté de grandes difficultés culturelles
dans l'accomplissement de leur remarquable tâche. Se référant
à l'histoire de la naissance de l'église en Océanie,
les Pères du Synode ont ressenti la nécessité
d'une nouvelle et courageuse annonce de l'évangile pour
notre temps.
L'église affronte un double défi en cherchant à
proclamer l'évangile en Océanie: d'une part, les
religions et les cultures traditionnelles, de l'autre le processus
moderne de sécularisation. Dans chaque cas, le devoir
premier et pressant [est] l'annonce du Christ ressuscité,
à proposer dans une rencontre personnelle capable de conduire
l'interlocuteur à la conversion du cour et à la
demande du Baptême .(74)
Qu'elle ait affaire à la religion traditionnelle ou aux
subtilités de la philosophie, l'église annonce en
paroles et en actes la vérité de Jésus
lui-même (Ep 4, 21; cf. Col 1, 15-20). À la
lumière de cette vérité, elle apporte sa
contribution à la discussion sur les valeurs et les principes
éthiques qui sont sources de bonheur dans la vie de l'homme
et de paix dans la société humaine. La foi doit
toujours être présentée comme une démarche
rationnelle et cohérente, de façon à favoriser
sa diffusion dans les domaines toujours plus vastes de l'expérience
humaine. En effet, la foi porte en elle la capacité de
façonner la culture elle-même en saisissant ses motivations
jusqu'en son centre le plus profond. Veillant aux deux pôles
de la tradition chrétienne et des apports de la culture
contemporaine, le discours de la foi et de la raison doit aller
de pair avec le témoignage de vie, si l'évangélisation
veut porter du fruit. Mais ce qui est requis par-dessus tout,
c'est une proclamation sans peur du Christ, une parrhèsia
de la foi .(75)
évangélisation et médias
21. Dans le monde d'aujourd'hui, les moyens de communication
sociale sont de plus en plus puissants comme agents de modernisation,
même dans les régions les plus reculées de
l'Océanie. Les médias ont un grand impact sur la
vie des gens, sur leur culture, sur leur pensée dans le
domaine moral et sur leur comportement religieux; et utilisés
sans discernement, ils peuvent avoir un effet nocif sur les cultures
traditionnelles. Les Pères du Synode ont appelé
de leurs voux une grande prise de conscience du pouvoir des médias,
qui offrent à l'église une excellente occasion
d'évangéliser, d'édifier la communauté
et la solidarité .(76) En réalité,
les médias constituent souvent le seul contact de l'église
avec les catholiques non pratiquants et avec ceux qui sont loin.
Ils doivent donc être utilisés de façon inventive
et responsable.(77)
Là où c'est possible, l'église devrait inventer
un plan pastoral pour les communications aux niveaux national,
diocésain et paroissial. La coordination des efforts de
l'église est nécessaire pour assurer une meilleure
préparation de ceux qui la représentent dans les
médias,(78) et pour encourager des laïcs à
la foi éprouvée à entrer dans ce monde comme
en réponse à une vocation. C'est un signe d'espérance
de voir les chrétiens qui travaillent dans les médias
témoigner de leur ferme attachement aux valeurs chrétiennes.
Grâce à leur aide, des productions religieuses et
des programmes reflétant les valeurs humaines et morales
peuvent être réalisés avec professionnalisme,
même si les fonds manquent souvent. Un Centre catholique
des moyens de communication sociale pour toute l'Océanie
pourrait être d'une grande utilité pour permettre
d'utiliser les médias aux fins de l'évangélisation.
Les évêques ont aussi exprimé leur inquiétude
par rapport aux règles de la décence dans les médias
publics et ils ont dénoncé leur niveau de violence.(79)
Les responsables de l'église doivent apporter leur contribution
quand on établit un code des comportements éthiques
pour les médias;(80) par ailleurs, il est nécessaire
d'aider les familles et les jeunes à évaluer d'une
manière critique le contenu des programmes. Les institutions
d'éducation catholique ont donc un rôle vital pour
que les personnes, spécialement les jeunes, puissent acquérir
ce regard critique sur les médias. La foi chrétienne
nous incite tous à être des auditeurs, des spectateurs
et des lecteurs qui savent discerner.(81)
Les évêques ont exprimé leur préoccupation
quant à l'utilisation de la publicité dans les médias,
notant qu'elle a un grand pouvoir pour encourager à la
fois au bien et au mal. Le processus de mondialisation et la multiplication
des monopoles dans les médias donnent à ces derniers
un pouvoir de plus en plus grand sur les personnes. Par la force
des images et des messages suggérés, la publicité
diffuse souvent une culture du consumérisme, qui réduit
les personnes à ce qu'elles possèdent ou à
ce qu'elles peuvent acquérir. Elle les conduit à
croire qu'il n'y a rien au-delà de ce qu'une économie
de consommation peut leur offrir. L'inquiétude majeure
concernant ce pouvoir, c'est que, la plupart du temps, il diffuse
continuellement une idéologie clairement opposée
à la vision de la foi catholique .(82) Il est donc
important que les fidèles, spécialement les jeunes,
soit préparés à adopter une attitude critique
face à la publicité, qui est une composante omniprésente
de la vie actuelle. Ce qui signifie qu'ils doivent être
formés à un sens clair et fort des valeurs humaines
et chrétiennes qui constituent le fondement de la conception
catholique de la vie.
Le défi de la foi aujourd'hui
Catéchèse
22. La mission de l'église d' annoncer la vérité
de Jésus Christ en Océanie aujourd'hui lui
demande de renouveler sa catéchèse, son enseignement
et la formation qu'elle donne dans le domaine de la foi. L'impact
des médias sur la vie du peuple montre à quel point
une nouvelle réalité sociale appelle de nouvelles
manières de présenter la foi. La catéchèse
vise à éduquer dans la foi les enfants, les jeunes
et les adultes. Ce qui implique particulièrement
un enseignement de la doctrine chrétienne, donné
en général de façon organique et systématique,
en vue de les initier à la plénitude de la vie chrétienne
.(83) Les Pères du Synode ont proposé un important
engagement, à la fois financier et en personnel, pour essayer
d'atteindre des groupes qui sont facilement négligés.
L'établissement de parcours d'ensemble nécessaires
pour les adultes et pour les enfants qui ont des besoins spécifiques,
qui ne sont pas pris en compte par les écoles catholiques,
réclame un soin particulier et une planification systématique.
La liberté de religion est fondamentale parmi les droits
de l'homme, et elle inclut le droit d'être instruit dans
la foi.(84) Tout baptisé, du fait même de
son baptême, possède le droit de recevoir de l'église
un enseignement et une formation qui lui permettent d'accéder
à une véritable vie chrétienne .(85)
Cela demande que les gouvernements et les autorités scolaires
veillent au respect effectif de ce droit. Là où
il y a un partenariat authentique entre l'église et l'état
pour le financement et la bonne marche des écoles, l'éducation
des enfants et des jeunes du pays est grandement facilitée
.(86) Les religieux et religieuses, les laïcs et les
prêtres, ont travaillé dans ce but, souvent au prix
de grands efforts et de beaucoup de sacrifices. Leur activité
demande à être consolidée et renforcée
pour assurer que tout baptisé puisse grandir dans la foi
et dans la compréhension de la vérité du
Christ.
Êcuménisme
23. Les Pères du Synode ont considéré la
désunion des chrétiens comme un grand obstacle à
la crédibilité du témoignage de l'église.
Ils ont exprimé le désir, empreint de tristesse,
que le scandale de la désunion ne continue pas et que de
nouveaux efforts de réconciliation et de dialogue soient
réalisés pour que la splendeur de l'évangile
puisse briller plus clairement.
Dans bien des territoires de mission de l'Océanie, les
différences entre églises et Communautés
ecclésiales ont conduit dans le passé à la
compétition et à l'opposition. Récemment,
en revanche, les relations sont devenues plus positives et plus
fraternelles. L'église en Océanie a fait de l'ocuménisme
sa grande priorité et elle a apporté aux activités
ocuméniques nouveauté et ouverture d'esprit. Les
occasions sont bienvenues pour un dialogue du salut (87)
qui conduise à une compréhension réciproque
et à un enrichissement mutuel plus grands. Le profond désir
de l'unité dans la foi et le culte est l'un des dons du
Saint-Esprit faits à l'Océanie;(88) et la coopération
dans les domaines de la charité et de la justice sociale
est un signe évident de la fraternité chrétienne.
L'ocuménisme a trouvé en Océanie un terrain
fertile pour prendre racine, car dans beaucoup d'endroits les
communautés locales sont étroitement liées.
Un désir encore plus fort de l'unité doit nous aider
à garder ces communautés proches les unes des autres.
Ce désir d'une communion plus intense dans le Christ a
été manifesté au Synode par la présence
de délégués fraternels des autres églises
et Communautés ecclésiales. Leurs contributions
ont été encourageantes et utiles pour progresser
vers l'unité voulue par le Christ.
Dans l'activité ocuménique, il est essentiel que
les catholiques acquièrent une meilleure connaissance de
la doctrine de l'église, de sa tradition et de son histoire,
pour que, comprenant plus profondément leur foi, ils soient
davantage capables de s'engager dans le dialogue et la coopération
ocuméniques. Il faut aussi un ocuménisme
spirituel , c'est-à-dire un ocuménisme de
la prière et de la conversion du cour. La prière
ocuménique conduira à un partage de vie et de service
là où les chrétiens agissent ensemble, autant
qu'il est possible à l'heure actuelle. L' ocuménisme
spirituel peut aussi conduire à un dialogue doctrinal,
ou à son renforcement là où il existe déjà.
Les Pères du Synode ont considéré qu'il était
très utile d'avoir des versions ocuméniques reconnues
des écritures et de prières pour un usage commun.
Ils ont souhaité accorder une plus grande attention à
l'accompagnement pastoral des familles dont les membres appartiennent
à différentes confessions chrétiennes. Ils
ont aussi encouragé les actions de l'église visant
à partager, là où c'est possible, les services
sociaux avec les autres communautés chrétiennes.
Il est bon que les responsables chrétiens agissent de concert
et fassent des déclarations communes sur des questions
religieuses ou sociales, quand de telles déclarations sont
nécessaires et opportunes.(89)
Les groupes fondamentalistes 24. Il faut distinguer de l'ocuménisme
l'approche que fait l'église des groupes et mouvements
religieux fondamentalistes, dont certains sont d'inspiration chrétienne.
Dans quelques régions missionnaires, les évêques
sont inquiets de l'effet produit sur la communauté catholique
par ces groupes religieux ou par ces sectes. Certains groupes
fondent leurs idées sur une lecture de l'écriture
qui utilise souvent des images apocalyptiques, des menaces sur
un avenir sombre pour le monde et des promesses de récompenses
matérielles pour leurs adeptes. Si certains de ces groupes
sont ouvertement hostiles à l'église, d'autres souhaitent
engager le dialogue. Dans beaucoup de sociétés développées
et sécularisées, l'inquiétude grandit au
sujet des groupes chrétiens fondamentalistes qui entraînent
des jeunes à quitter l'église et même à
quitter leurs familles. Bien des mouvements différents
présentent une certaine forme de spiritualité comme
remède supposé aux effets nocifs d'une culture technologique
aliénante dans laquelle on se sent souvent impuissant.
La présence et l'activité de ces groupes et mouvements
sont un défi pour l'église, l'incitant à
redonner souffle à son rayonnement pastoral, et en particulier
à être plus accueillante aux jeunes et aux personnes
qui sont en grande difficulté spirituelle ou matérielle.(90)
C'est aussi une situation qui réclame une meilleure catéchèse
biblique et sacramentelle, et une formation spirituelle et liturgique
appropriée. Une nouvelle apologétique est nécessaire,
en référence aux paroles de saint Pierre:
Vous devez toujours être prêts à vous expliquer
devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance
qui est en vous (1 P 3, 15). C'est ainsi que les croyants
seront plus confiants dans leur foi catholique et moins vulnérables
à l'attrait de ces groupes et mouvements, qui apportent
souvent le contraire de ce qu'ils promettent.
Dialogue interreligieux
25. De plus nombreuses occasions de voyager et de plus grandes
facilités de migrations ont entraîné des rencontres
sans précédent entre les cultures du monde, et désormais
la présence en Océanie des grandes religions non
chrétiennes. Certaines villes ont des communautés
juives, composées d'un nombre important de survivants de
l'Holocauste, et ces communautés peuvent jouer un rôle
notable dans les relations judéo-chrétiennes. Dans
plusieurs endroits également, il y a des communautés
musulmanes, établies de longue date; ailleurs, ce sont
des communautés d'hindous; ailleurs encore, des centres
bouddhistes sont en train de s'installer. Il est important que
les catholiques connaissent mieux ces religions, leur enseignement,
leur manière de vivre et leur culte. Là où
les parents membres de ces religions mettent leurs enfants dans
des écoles catholiques, l'église a un devoir particulièrement
délicat envers eux.
L'église en Océanie a encore besoin d'étudier
plus profondément les religions traditionnelles des populations
indigènes, de manière à entrer plus efficacement
dans le dialogue que requiert l'annonce chrétienne.
L'annonce et le dialogue, chacun à sa place, sont considérés
tous les deux comme des composantes et des formes authentiques
de l'unique mission évangélisatrice de l'église.
Tous deux tendent à la communication de la vérité
salvatrice .(91) Afin de poursuivre un dialogue fructueux
avec ces religions, l'église a besoin d'experts en philosophie,
en anthropologie, en histoire comparée des religions, en
sciences sociales et surtout en théologie.
Espérance pour la société
L'enseignement social de l'église
26. L'église considère l'apostolat social comme
une part intégrante de sa mission d'évangélisation
qui consiste à dire une parole d'espérance au monde;
on peut d'ailleurs constater son engagement en ce domaine dans
sa contribution au développement humain, dans sa promotion
des droits humains, dans sa défense de la vie et de la
dignité humaines, de la justice sociale et de la protection
de l'environnement. Les Pères du Synode faisaient corps
avec leur peuple pour dire leur détermination à
agir contre l'injustice, la corruption, les menaces contre la
vie et les nouvelles formes de pauvreté.(92)
Vers la fin du dix-neuvième siècle, alors que la
société industrielle et de consommation en était
à ses débuts, l'église en Océanie
a accueilli l'enseignement social des Papes sur le droit des travailleurs
à un emploi et à un juste salaire. En Océanie,
dans les régions en voie de développement, la doctrine
sociale de l'église a été bien reçue,
spécialement à partir du Concile Vatican II, et
les évêques de l'Océanie se sont attachés
à enseigner cette doctrine sociale et l'ont développée
dans leurs publications sociales usuelles. Les comptes rendus
faits par la Fédération des Conférences des
évêques de l'Océanie, par les Conférences
épiscopales et par les évêques individuellement
reflètent la pleine cohérence de l'enseignement
social de l'église et montrent combien celle-ci s'est efforcée
de faire avancer la cause des populations autochtones et le droit
des petites nations, et aussi de renforcer les liens de la solidarité
internationale. L'église a également contribué
à développer des formes démocratiques de
gouvernement qui respectent les droits humains, l'autorité
de la loi et sa juste application.
Il est certain que l'engagement en faveur de la justice sociale
et de la paix fait partie intégrante de la mission de l'église
dans le monde.(93) Toutefois sa mission ne doit pas dépendre
du pouvoir politique. L'église se soucie des aspects
temporels du bien commun en raison de leur ordination au souverain
Bien, notre fin ultime .(94) En Océanie, la doctrine
sociale de l'église a besoin d'être enseignée
et mise en ouvre plus concrètement encore, particulièrement
au moyen de structures comme les commissions justice et
paix . Cette doctrine sociale doit être clairement
présentée aux fidèles dans des termes facilement
compréhensibles et on doit en témoigner par un style
de vie simple .(95) Une analyse plus poussée des
injustices économiques et de la corruption doit être
menée à bien, de manière à proposer
des mesures adéquates pour les vaincre. Les organisations
catholiques engagées dans les actions en faveur de la justice
sont appelées à rester attentives aux nouvelles
formes de pauvreté et d'injustice, et à aider à
en éliminer les causes.
Droits humains
27. Les Pères synodaux ont vraiment insisté sur
la nécessité pour les populations de l'Océanie
de prendre davantage conscience de la dignité humaine,
qui repose sur le fait que tous sont créés à
l'image de Dieu (cf. Gn1, 26). Le respect de la personne implique
le respect des droits inviolables qui découlent de la dignité
même de toute personne. Tous ces droits fondamentaux sont
antérieurs à la société et doivent
être reconnus par elle.(96) Le manque de respect de la dignité
ou des droits d'une autre personne est contraire à l'évangile
et destructeur pour la société humaine. L'église
encourage les jeunes et les adultes à s'opposer activement
à l'injustice et au non-respect des droits humains, dont
certains sont menacés en Océanie ou ont besoin d'y
être plus largement respectés.
Parmi eux, le droit au travail et à l'emploi, pour que
les gens puissent subvenir eux-mêmes à leurs besoins,
nourrir et élever leur famille. Le chômage des jeunes
est un souci majeur; dans certains pays, il entraîne un
nombre croissant de suicides chez les jeunes. Les syndicats peuvent
jouer un rôle particulier en défendant les droits
des travailleurs. Pour être fidèles à leur
vocation, les hommes politiques, les membres de gouvernements
et le personnel de la police doivent être honnêtes
et refuser la corruption sous toutes ses formes, car elle est
toujours une grave injustice envers les citoyens. En travaillant
avec les hommes politiques, avec les chefs d'entreprises et les
responsables de la vie sociale, les responsables de l'église
peuvent apporter une collaboration utile pour mettre en place
des règles éthiques au service du bien commun et
pour s'assurer qu'elles sont mises en ouvre.
Sans prétendre être des experts en ce domaine, les
responsables de l'église doivent se tenir bien informés
des questions économiques et de leur impact dans la société.
Les Pères du Synode ont rappelé qu' une théorie
qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime
de l'activité économique est moralement inacceptable
.(97) Le prétendu rationalisme économique
(98) est une doctrine qui tend à diviser de plus
en plus pays riches et pays pauvres, communautés et individus.
Les petites nations de l'Océanie sont particulièrement
vulnérables aux politiques économiques fondées
sur une philosophie sociale de ce type, car une telle philosophie
a un sens affaibli de la justice distributive et elle est trop
peu préoccupée de s'assurer que chacun a les moyens
de vivre et la possibilité d'un développement intégral.
Le fait que les familles souffrent de cette politique économique
est particulièrement inquiétant. Les évêques
ont noté un autre phénomène destructeur en
Océanie: la diffusion des jeux d'argent, surtout dans les
casinos, qui font miroiter la promesse d'apporter une solution
rapide et spectaculaire aux ennuis financiers, mais qui ne font
qu'entraîner les gens dans des difficultés beaucoup
plus grandes.
Les populations autochtones
28. Des politiques économiques injustes ont des effets
particulièrement désastreux sur les populations
autochtones, sur les jeunes nations et sur leurs cultures traditionnelles;
et l'église a le devoir d'aider les autochtones à
préserver leur identité culturelle et à garder
leurs traditions. Le Synode a vivement encouragé le Saint-Siège
à continuer de défendre la Déclaration des
Nations unies sur les Droits des Peuples autochtones.(99)
La situation des Aborigènes d'Australie qui luttent pour
la survie de leur culture représente un cas particulier.
Pendant des milliers d'années, ils se sont efforcés
de vivre en harmonie avec l'environnement souvent rude de leur
grand pays ; mais aujourd'hui leur identité
et leur culture sont gravement menacées. Ces derniers temps,
toutefois, leurs efforts conjoints pour assurer leur survie et
obtenir justice ont commencé à porter des fruits.
Dans la salle du Synode, on a souvent entendu ce récit
typique de la vie de l'arbrisseau australien: Si vous restez
étroitement unis, vous êtes comme un arbre dressé
au milieu d'un incendie qui fait rage dans la brousse. Les feuilles
sont roussies, et la dure écorce est couturée de
cicatrices et de brûlures; mais à l'intérieur
de l'arbre la sève continue de couler et, au-dessous du
sol, les racines sont toujours aussi vivaces. Comme cet arbre,
vous avez subi les flammes et vous avez toujours le pouvoir de
renaître.
Le moment de cette nouvelle naissance est venu .(100) L'église
soutiendra la cause de tous les peuples autochtones qui cherchent
à obtenir une reconnaissance juste et équitable
de leur identité et de leurs droits;(101) et les Pères
du Synode ont manifesté leur soutien aux aspirations des
populations autochtones qui désirent obtenir une juste
solution à la difficile question de l'aliénation
de leurs terres.(102)
Chaque fois que des gouvernements ou leurs organismes ou même
des communautés chrétiennes ont occulté la
vérité, les torts causés aux populations
autochtones doivent être honnêtement reconnus. Le
Synode a soutenu la mise en place de Commissions de la
vérité ,(103) là où de telles
commissions peuvent aider à trouver une solution aux injustices
historiques et favoriser la réconciliation au sein d'une
communauté ou au sein de la nation. On ne peut pas refaire
l'histoire, mais en reconnaissant honnêtement les injustices
passées on peut arriver à des mesures et à
des attitudes qui aideront à corriger leurs conséquences
néfastes aussi bien au sein de la communauté autochtone
que dans l'ensemble de la société. L'église
exprime son profond regret et demande pardon pour toutes les fois
où ses fils ou ses filles ont participé ou participent
encore à ces injustices. Conscients des torts odieux causés
aux populations autochtones de l'Océanie, les Pères
du Synode ont présenté les plus vives excuses pour
la participation de membres de l'église à ces méfaits,
surtout lorsqu'il s'agissait d'enfants enlevés de force
à leurs familles.(104) Ils ont encouragé les gouvernements
à poursuivre avec une énergie renouvelée
les programmes visant à améliorer les conditions
et le niveau de vie des groupes autochtones dans les domaines
vitaux de la santé, de l'éducation, de l'emploi
et du logement.
L'aide au développement
29. Tout comme, dans l'église primitive, les communautés
chrétiennes étaient liées entre elles par
l'hospitalité offerte aux pèlerins, par l'assistance
mutuelle et par le partage des ressources matérielles et
personnelles, la solidarité concrète entre les églises
particulières en Océanie rend visible au monde la
communio. En de nombreux pays de l'Océanie, la vie économique
est encore très dépendante d'aides internationales
et elle doit compter sur un apport constant de fonds pour l'assistance
au développement.
Si des moyens de développement socio-économique
sont généreusement accordés par les organismes
internationaux, il est souvent plus difficile pour l'église
d'obtenir des aides directes en faveur de projets pastoraux, même
si beaucoup d'entre eux vont bien au-delà des limites de
la communauté catholique.
Dans ce contexte, le Synode a recommandé que les organismes
bailleurs de fonds liés à l'église revoient
leurs critères d'appréciation afin de soutenir par
leurs dons les ouvres apostoliques qui sont une nécessité
préalable au développement social en vue de l'amélioration
du niveau de vie.(105)
Les Pères synodaux ont aussi demandé que, dans
les régions plus riches de l'Océanie, l'église
partage ses ressources avec les diverses églises
locales du Pacifique et coopèrent également avec
elles pour établir des relations avec les organismes bailleurs
de fonds .(106) De la même manière, l'église
en Océanie ne peut pas se sentir indifférente au
sort d'églises plus pauvres de l'Asie toute proche chaque
fois qu'elles lui demandent aide et assistance. Le Synode a tenu
à remercier les catholiques qui, par leurs généreuses
contributions, en argent ou en services, ont soutenu des projets;
il a particulièrement rendu hommage aux laïcs qui,
dans des situations souvent difficiles, se sont dévoués
à l'amélioration des conditions de vie en Océanie.
La sainteté de vie
30. Dans les sociétés plus riches et sécularisées
de l'Océanie, le droit à la vie est celui qui est
le plus menacé. Il y a en cela une profonde contradiction,
car il s'agit souvent de sociétés qui parlent avec
insistance des droits humains tout en contestant le plus fondamental
de tous. Le Christ lui-même n'a-t-il pas dit: Moi
je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'il l'aient
en abondance (Jn10, 10)? En effet, l'évangile
de la vie se trouve au cour du message de Jésus .(107)
Dans le conflit actuel qui oppose une culture de vie
à une culture de mort , l'église doit
défendre le droit à la vie depuis le moment de la
conception jusqu'à la mort naturelle, à tous les
stades de son développement. Les valeurs morales et sociales
qui devraient structurer la société ont leur fondement
dans le caractère sacré de la vie, créée
par Dieu. Pour aider nos contemporains à percevoir la véritable
valeur de la vie, il faut leur faire clairement découvrir
l'origine de l'humanité, qui se trouve en Dieu créateur,
et sa destinée éternelle. Il ne s'agit pas pour
l'église de chercher à imposer à d'autres
sa conception de la morale, mais bien d'être fidèle
à sa mission de partager la vérité tout entière
sur la vie, telle que Jésus Christ l'a enseignée.
Défendre le caractère sacré de la vie est
une conséquence de la conception chrétienne de l'existence
humaine. Ce message, l'église doit l'enseigner non seulement
au sein de la communauté catholique, mais, d'une manière
prophétique, à la société tout entière,
afin de proclamer la puissance et la beauté de l'évangile
de la vie.
À cet égard, le témoignage des institutions
catholiques de soins est essentiel, tout comme le rôle des
médias pour la promotion des valeurs de la vie. Afin de
présenter avec clarté et fidélité
la position de l'église sur les questions biomédicales
et les problèmes de santé qui font l'objet de débats
publics, les évêques, les prêtres et les experts
en droit et en médecine doivent recevoir une formation
adéquate.(108) Il faut promouvoir la vie et affirmer sa
sainteté face à toute menace de violence, quelle
qu'en soit la forme, en particulier la violence contre les plus
faibles - les personnes âgées, les mourants, les
femmes, les enfants, les personnes handicapées et les enfants
à naître.
L'environnement
31. L'Océanie est une partie du monde d'une grande beauté
naturelle, dont bien des régions ont pu être préservées
de toute pollution. Elle continue d'offrir aux peuples autochtones
des lieux leur permettant de vivre en harmonie avec la nature,
et réciproquement.(109)
Parce que la création a été confiée
à l'homme pour qu'il la gère, le monde naturel n'est
pas seulement un ensemble de ressources à exploiter mais
aussi une réalité à respecter et même
à traiter avec révérence comme un don, comme
un gage confié par Dieu. Les êtres humains ont reçu
la mission de prendre soin des trésors de la création,
de les conserver et de les cultiver. Les Pères du Synode
ont invité les peuples de l'Océanie à se
réjouir toujours de la gloire de la création en
faisant monter leur action de grâce vers le Créateur.
Toutefois la beauté naturelle de l'Océanie n'a
pas échappé aux ravages de l'exploitation humaine.
Les Pères synodaux ont lancé un appel aux gouvernements
et aux peuples de l'Océanie pour qu'ils protègent
ce précieux environnement en vue du bien des générations
actuelles et futures.(110) Ils ont envers l'ensemble de l'humanité
la responsabilité toute particulière de veiller
sur l'Océan Pacifique qui représente plus de la
moitié des réserves d'eau de la planète.
Le maintien de la salubrité de cet Océan et des
autres mers est une question cruciale pour le bien-être
des peuples non seulement en Océanie mais dans le monde
entier.
Les ressources naturelles de l'Océanie doivent être
protégées contre les orientations politiques nuisibles
de certaines nations industrialisées et contre le pouvoir
toujours croissant de sociétés internationales qui
peuvent conduire à la déforestation, à la
spoliation des terres, à la pollution des rivières
par les activités minières, à la pêche
massive d'espèces rentables, ou à la dégradation
des fonds marins par des déchets industriels ou nucléaires.
L'immersion de déchets nucléaires dans cette zone
représente une menace supplémentaire pour la santé
des populations autochtones. Il est toutefois important de reconnaître
que l'industrialisation peut apporter de réels bienfaits
si elle est réalisée dans le respect des droits
et de la culture des populations locales et en veillant à
l'intégrité de l'environnement.
L'activité charitable
Les institutions catholiques
32. L'histoire de l'église en Océanie ne peut pas
être comprise sans faire mention de l'histoire de la contribution
remarquable de l'église dans les domaines de l'éducation,
de la santé et du bien-être social. Les institutions
catholiques font pénétrer la lumière de l'évangile
dans les cultures et les sociétés, les évangélisant
comme de l'intérieur. Grâce au travail des missionnaires
chrétiens, d'anciennes formes de violence ont cédé
la place à des comportements régis par la loi et
la justice. Par l'éducation, des élites chrétiennes
et des citoyens responsables ont été formés,
et les valeurs morales chrétiennes ont façonné
la société. Dans ses programmes éducatifs,
l'église, contemplant le Christ lui-même, plénitude
de l'humanité, a en vue la formation intégrale de
la personne humaine. L'apostolat de la charité témoigne
de l'amour chrétien plénier non seulement en paroles
mais aussi en actes. Les gens sont alors amenés à
se demander d'où jaillit un tel amour et pourquoi les chrétiens
sont différents dans leur comportement et par les valeurs
auxquelles ils s'attachent.(111) Par cette charité apostolique,
le Christ touche les cours des hommes et les conduit à
mieux comprendre ce que l'on entend par la civilisation
de l'amour (112) que l'on s'efforce de construire.
L'église profite de la liberté religieuse dans
la société pour annoncer publiquement le Christ
et pour répandre son amour en abondance à travers
les institutions ecclésiales. Le droit de l'église
à fonder des institutions éducatives et sanitaires,
ainsi que des services sociaux, s'appuie sur une telle liberté.
L'apostolat social de ces institutions peut être plus efficace
quand les gouvernements non seulement tolèrent ces activités
mais aussi coopèrent en ce domaine avec les autorités
de l'église, dans le respect sans équivoque du rôle
et des compétences de chacun.
L'éducation catholique
33. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs
enfants en ce qui concerne les valeurs humaines et la foi chrétienne;
et ils ont le droit fondamental de choisir l'éducation
qui leur convient pour leurs enfants. Les écoles secondent
les parents dans l'exercice de ce droit en aidant les élèves
à se développer comme il se doit. Dans certains
cas, l'école catholique est le seul contact des parents
avec la communauté ecclésiale. L'école catholique
a une identité ecclésiale car elle est partie prenante
dans la mission évangélisatrice de l'église.(113)
Mais elle se distingue par le fait qu'elle est ouverte à
tous, spécialement aux pauvres et aux plus faibles de la
société.(114) Il est primordial que l'école
et la paroisse collaborent, et que l'école soit intégrée
dans les plans pastoraux de la paroisse, surtout en ce qui concerne
les sacrements de la réconciliation, de la confirmation
et de l'Eucharistie.
Dans les écoles primaires, les enseignants développent
la capacité de foi et d'intelligence des enfants, capacité
qui devra s'épanouir pleinement dans les années
ultérieures. Les écoles secondaires procurent les
moyens privilégiés par lesquels la communauté
catholique donne aux élèves une formation intellectuelle
et professionnelle, ainsi qu'une éducation religieuse .(115)
Au cours de ces années, normalement, les élèves
parviennent à un plus grand discernement en ce qui concerne
leur foi et leur vie morale, grâce à une connaissance
plus personnelle de Jésus Christ, Chemin, Vérité
et Vie. Nourrie dans la famille, à l'école et dans
la paroisse, par la prière et les sacrements, une telle
foi se manifeste par une vie morale saine et droite. Le grand
défi pour les écoles catholiques dans une société
de plus en plus sécularisée est de présenter
le message chrétien d'une manière systématique
et convaincante, en tenant compte du fait que la catéchèse
risque de devenir stérile si une communauté de foi
et de vie chrétienne n'accueille pas le catéchumène
à un certain stade de sa catéchèse .(116)
Les jeunes doivent donc être bien intégrés
à la vie et aux activités de la communauté.
Les Pères du Synode ont voulu rendre hommage au travail
des religieux et des religieuses ainsi que des laïcs qui
se sont dévoués avec générosité
dans le domaine de l'éducation catholique(117) par la création
et l'animation d'écoles catholiques, non sans de grandes
difficultés et au prix de lourds sacrifices personnels.
Leur contribution à l'église et à la société
civile en Océanie est d'une valeur inestimable. Dans le
contexte éducatif actuel, les Congrégations religieuses,
les Instituts et les Sociétés ont toutes les raisons
de rester attachés à leur vocation. Les personnes
consacrées sont indispensables dans les établissements
d'éducation pour donner un témoignage radical des
valeurs évangéliques et pour les transmettre à
d'autres. Ces dernières années, la réponse
généreuse des laïcs aux besoins nouveaux a
ouvert de larges perspectives à l'éducation catholique.
Pour les laïcs engagés dans l'enseignement, celui-ci
est plus qu'une profession; c'est une vocation à l'éducation
des étudiants, c'est un service important et indispensable
du laïcat dans l'église. L'enseignement est toujours
un défi; mais, avec la coopération et le soutien
des parents, du clergé et des religieux, l'engagement des
laïcs dans l'éducation catholique peut être
un précieux service de l'évangile en même
temps qu'un chemin de sainteté chrétienne pour les
enseignants comme pour les étudiants.
L'identité et le succès de l'éducation catholique
sont inséparablement liés au témoignage de
vie que donnent les équipes enseignantes. Les évêques
ont donc recommandé que ceux qui doivent engager
du personnel enseignant ou administratif dans nos écoles
catholiques tiennent compte de la vie de foi des candidats .(118)
Les enseignants qui vivent la foi de manière authentique
seront les acteurs de la nouvelle évangélisation
en créant une atmosphère favorable à la croissance
de la foi et en nourrissant spirituellement les élèves
qui leur sont confiés. Ils seront d'autant plus efficaces
qu'ils seront des catholiques pratiquants, engagés dans
la vie de la communauté paroissiale et fidèles à
l'église et à son magistère.
De nos jours, l'église en Océanie élargit
son action dans le domaine éducatif. Les enseignants laïcs
catholiques seront grandement aidés par les instituts supérieurs,
les instituts pédagogiques et les universités catholiques,
qui les préparent intellectuellement, qui les forment professionnellement
et qui soutiennent leur foi afin qu'ils puissent prendre la place
qui leur revient dans la mission de l'église au sein du
monde. L'aventure de l'enseignement universitaire en est encore
à ses débuts en Océanie et elle requiert
des dons particuliers de sagesse et d'intuition pour se développer.
Les universités catholiques sont des communautés
qui rassemblent des scientifiques des différentes branches
de la connaissance humaine. Ceux-ci se consacrent à la
recherche, à l'enseignement et aux diverses activités
liées à leur mission culturelle. Ils ont l'honneur
et la responsabilité de se dévouer sans réserve
à la cause de la vérité.(119) Ils sont appelés
à atteindre les plus hauts niveaux de recherche et d'enseignement
académique comme un service rendu à la communauté
locale, nationale et internationale. De cette manière,
ils jouent un rôle irremplaçable dans la société
et dans l'église, préparant les élites et
les personnels qualifiés qui prendront au sérieux
leurs responsabilités chrétiennes. Les évêques
ont considéré qu'il était essentiel pour
eux d'entretenir des contacts personnels avec les universitaires
et de favoriser les qualités de dirigeants chez tous ceux
qui sont engagés dans le domaine de l'enseignement supérieur.
La recherche et l'enseignement dans les institutions supérieures
doivent diffuser les valeurs chrétiennes dans le monde
des arts et des sciences. L'église a besoin de spécialistes
en philosophie, en éthique et en théologie morale,
pour que les valeurs humaines puissent être correctement
comprises dans une société technologique toujours
plus complexe; et l'unité du savoir ne peut être
réalisée qu'à la condition de permettre à
la théologie d'apporter sa lumière dans tous les
domaines de la recherche. On doit donc apporter une attention
particulière au choix et à la formation des étudiants
en théologie. La Constitution apostolique Ex corde
Ecclesiæ souligne que la majorité des professeurs
dans les universités catholiques et dans les autres instituts
supérieurs devraient être des catholiques pratiquants.
Ceux qui sont chargés du recrutement devraient choisir
soigneusement des professeurs qui soient non seulement compétents
dans leur domaine propre, mais qui puissent aussi jouer un rôle
exemplaire auprès de nos jeunes .(120) La présence
de catholiques engagés dans les institutions supérieures
est capitale et constitue un authentique service de l'église
et de la société.
La santé
34. Jésus est venu guérir les malades et consoler
les affligés. Christ Ressuscité, il continue son
ministère de guérison et de compassion par ceux
qui apportent le réconfort de la présence de Dieu
aux personnes malades et à celles qui souffrent. Ce ministère
de l'église en Océanie est, pour beaucoup, le signe
le plus visible et le plus concret de l'amour de Dieu. La mission
messianique de la miséricorde,(121) de la guérison
et du pardon doit être poursuivie inlassablement et réalisée
par des voies nouvelles qui répondent aux besoins actuels.
L'histoire de la santé en Océanie fait apparaître
ses liens étroits avec la mission de l'église, liens
qui recouvrent tous les aspects des soins, y compris le fait de
procurer une assistance médicale de base dans les contrées
les plus retirées. L'église a été
l'une des premières à se pencher sur ceux qui étaient
abandonnés de tous, notamment en soignant les lépreux
et les personnes atteintes du sida. Elle administre aussi des
hôpitaux-écoles où les personnels de santé
reçoivent une formation de premier ordre. En raison de
la crise actuelle concernant le financement et l'assistance médicale
en Océanie, un certain nombre d'institutions se trouvent
dans une situation particulièrement difficile; mais cela
ne doit en aucun cas compromettre l'engagement fondamental de
l'église dans ce secteur.
L'enseignement de l'église sur la dignité de la
personne humaine et la sainteté de la vie doit être
expliqué à ceux qui ont des responsabilités
dans les domaines législatif et judiciaire, tout spécialement
quand leurs jugements ont des conséquences sur les soins
médicaux, sur l'administration des hôpitaux et sur
l'organisation de services de santé. De nos jours, les
hôpitaux et les établissements catholiques de santé
sont aux avant-postes de l'église pour la défense
de la vie humaine depuis sa conception jusqu'à la mort
naturelle. Les Pères du Synode ont tenu à saluer
le dévouement des congrégations religieuses qui,
dans toute l'Océanie, ont mis en place des services catholiques
de santé. L'église et la société dans
son ensemble ont à leur égard une immense dette
de gratitude. Il faut que ces différents instituts de vie
consacrée continuent à être présents
dans les hôpitaux, aux côtés du personnel laïc
formé pour travailler avec eux dans la ligne de leur charisme.
Ces personnes permettent à l'évangile de la vie
d'être proclamé sans ambiguïté dans une
société où souvent les valeurs morales ne
sont plus clairement perçues. Afin de combattre l'influence
de la culture de mort , les Pères synodaux
ont vivement encouragé tous les chrétiens à
se mobiliser pour empêcher que le grand héritage
catholique des soins de santé soit compromis.(122)
Les universités catholiques ont un rôle de premier
plan à jouer dans la formation des professionnels de la
santé pour qu'ils puissent appliquer l'enseignement de
l'église face aux nouveaux défis qui ne cessent
de se poser dans le domaine médical. Dans toute la mesure
du possible, il faut encourager les associations catholiques de
médecins, d'infirmiers et de personnel de santé,
et les créer là où elles n'existeraient pas.
Dans les établissements catholiques, les administrateurs
et le personnel doivent recevoir une formation spécifique
afin d'appliquer les principes moraux catholiques à leur
vie professionnelle. C'est une tâche délicate, car
certains employés d'hôpitaux catholiques ne connaissent
pas suffisamment ces principes ou ne les acceptent pas. Toutefois,
si l'enseignement de l'église est présenté
de manière adéquate, de telles personnes trouvent
souvent la paix qui jaillit de l'harmonie entre la vie et la vérité,
et elles sont disposées à coopérer.
La foi en la Croix rédemptrice du Christ donne une nouvelle
signification à la maladie, à la souffrance et à
la mort. Les Pères du Synode ont demandé que l'on
soutienne ceux qui ont créé ou qui parrainent des
services où l'on transmet la compassion du Christ à
ceux qui souffrent, notamment aux personnes handicapées,
aux malades du sida, aux personnes âgées, aux mourants,
aux autochtones et à ceux qui vivent dans des régions
isolées.(123) Ils ont eu particulièrement le souci
de toutes les personnes qui offrent ces services dans les secteurs
les plus reculés: dans la jungle, sur les petites îles
ou dans l' arrière-pays australien. Travaillant
souvent avec des moyens réduits et peu d'aide financière,
ces personnes donnent, par leur dévouement, un témoignage
puissant de l'amour de Dieu pour les pauvres, les malades et les
faibles. Quant aux membres du personnel de santé qui travaillent
dans les hôpitaux, qui prennent soin des personnes âgées
ou procurent d'autres formes de soins aux plus petits de leurs
frères et sours (cf. Mt 25, 40), ils doivent savoir que
l'église tient en haute estime leur généreux
dévouement et qu'elle les remercie d'être ainsi aux
avant-postes de la charité chrétienne.
Les services sociaux
35. Au cours de sa vie terrestre, Jésus était sensible
à toute faiblesse et à toute douleur humaines.
Au centre de son enseignement se trouvent les huit béatitudes,
qui sont adressées aux hommes éprouvés par
différentes souffrances dans la vie temporelle .(124)
Sur les pas du Seigneur, l'église, dans sa mission de charité,
tend la main vers les plus démunis: vers les orphelins,
les pauvres, les sans-logis, les délaissés et les
exclus. Cette mission est remplie par tous ceux qui s'occupent
de ces personnes; et cela aussi bien par des initiatives individuelles
que par les institutions fondées pour répondre aux
différentes nécessités aux niveaux paroissial,
diocésain, national ou international.
Ce n'est pas ici le lieu de dresser une liste complète
des nombreux services sociaux offerts par l'église en Océanie;
mais certains ont fait l'objet d'une mention spéciale pendant
le Synode. L'église propose des services de conseil aux
individus qui ont des difficultés personnelles ou sociales,
cherchant ainsi à affermir les familles, à prévenir
les ruptures conjugales et les divorces, ou à en guérir
les conséquences néfastes. Les soupes populaires,
les centres de soins pour toutes sortes de personnes ou le travail
avec les sans-logis et avec les enfants de la rue ,
ne sont qu'une partie de l'apostolat social de l'église
en Océanie. Avec discrétion et sans bruit, des groupes
paroissiaux et des associations apostoliques s'efforcent de remédier
aux maux souvent cachés engendrés par la pauvreté
dans les banlieues ou dans les zones rurales. D'autres apportent
leur aide pour rétablir la paix et la réconciliation
entre des clans, des tribus ou d'autres groupes en conflit. Les
femmes, spécialement les mères, peuvent avoir une
influence extraordinaire pour promouvoir des chemins de paix aptes
à résoudre les conflits.(125) L'attention de l'église
va aussi à ceux qui sont dépendants de l'alcool,
des drogues ou du jeu, ainsi qu'aux victimes d'abus sexuels. Les
Pères du Synode ont également rappelé le
sort des réfugiés et des demandeurs d'asile, dont
le nombre augmente et qui, au nom de leur dignité humaine,
devraient recevoir accueil et soins appropriés. Enfin,
étant donné que les nations de l'Océanie
sont tributaires des océans et des mers, les Pères
du Synode se sont également faits l'écho des préoccupations
de tous les travailleurs de la mer qui ont souvent de rudes conditions
de vie et sont soumis à bien des épreuves.
Ce sont fréquemment des volontaires qui offrent, sans
rémunération, leur temps, leurs énergies
et leur compétence professionnelle pour accomplir ces formes
d'apostolat. Ceux qui ont choisi de vivre un amour désintéressé
ne cherchent ni reconnaissance humaine ni récompense; aucune
d'ailleurs ne pourrait être à la hauteur de leur
don. Par leur engagement multiforme, ils apportent une contribution
importante à la mission de l'église qui proclame
la vérité de Jésus Christ, qui marche sur
son chemin et qui vit sa vie. Ces personnes sont indispensables
pour lancer les différents programmes de la nouvelle évangélisation
parmi les peuples de l'Océanie. La foi est éveillée
par la prédication de la Parole de Dieu, l'espérance
est suscitée par la promesse de son Royaume, mais la charité
est infusée par l'Esprit Saint, qui est Seigneur
et qui donne la Vie .
CHAPITRE IV
VIVRE LA VIE DE JéSUS CHRIST EN OCéANIE
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon: Avance
au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. Simon
lui répondit: Maître, nous avons peiné
toute la nuit sans rien prendre; mais, sur ton ordre, je vais
jeter les filets. Ils le firent, et ils prirent une telle
quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de
venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu'elles enfonçaient (Lc 5, 4-7).
Vie spirituelle et vie sacramentelle Viens, Esprit Saint!
36. L'amour de Dieu a été répandu
dans nos cours par l'Esprit Saint qui nous a été
donné (Rm 5, 5). Quand le Verbe s'est fait chair
et qu'il a habité parmi nous (cf. Jn 1, 14), Dieu s'est
introduit dans l'histoire humaine afin que nous devenions
participants de la nature divine (2 P 1, 4). Vivre dans
le Christ implique de laisser l'Esprit renouveler notre manière
de vivre. Saint Paul parle de revêtir l'Homme nouveau,
qui a été créé selon Dieu, dans la
justice et la sainteté de la vérité
(Ep 4, 24). L'église en Océanie a été
dotée de nombreux dons par l'Esprit Saint. Malgré
la grande diversité des cultures et des traditions, elle
demeure une dans la foi, l'espérance et la charité,
une dans la doctrine catholique et dans la discipline, une dans
la communion de la Sainte Trinité.(126) Dans cette communion,
tous sont appelés à vivre la vie du Christ dans
le cadre de leurs activités quotidiennes, à manifester
les fruits magnifiques de l'Esprit (cf. Ga 5, 22-23) et à
être les témoins de l'amour et de la miséricorde
de Dieu dans le monde.
L'Esprit d'intériorité
37. L'Assemblée spéciale a insisté sur l'importance
fondamentale, pour l'église en Océanie, de la prière
et de la vie intérieure d'union au Christ. Les autochtones
ont conservé une grande estime pour le silence, pour la
contemplation, et ils gardent le sens du mystère contenu
dans la vie. L'activité frénétique de la
vie moderne, avec son inévitable stress, fait qu'il est
indispensable pour les chrétiens de rechercher le silence
de la prière et la contemplation comme conditions et en
même temps comme manifestations d'une foi vivante. Lorsque
Dieu n'est plus au centre de la vie humaine, la vie elle-même
devient vide et perd son sens.(127)
Les Pères synodaux ont reconnu la nécessité
de donner un élan nouveau à la vie spirituelle de
tout fidèle et de l'encourager. Jésus lui-même
sortait souvent pour aller dans un endroit désert,
et là il priait (Mc1, 35). L'évangéliste
note: On parlait de lui de plus en plus. De grandes foules
accouraient pour l'entendre et se faire guérir de leurs
maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts,
et il priait (Lc 5, 15-16). La prière de Jésus
demeure un exemple pour nous, spécialement lorsque nous
sommes happés par les tensions et les responsabilités
de la vie quotidienne. Les Pères du Synode ont insisté
sur l'importance de la vie de prière alors que la région
fait face à l'emprise croissante de la sécularisation
et du matérialisme; pour stimuler la vie intérieure,
ils ont encouragé la participation à la Messe, l'adoration
eucharistique, le Chemin de Croix, le chapelet et d'autres exercices
de dévotion, ainsi que la prière en famille.(128)
La présence de communautés de vie contemplative
en Océanie rappelle de manière particulièrement
vive cet esprit d'intériorité qui nous aide à
trouver la présence de Dieu dans nos cours. L'esprit d'intériorité
est important aussi pour inspirer et accompagner les initiatives
pastorales. Il offre la force d'un authentique amour apostolique
qui reflète l'amour de Dieu.
Lectio divina et écriture sainte
38. L'église exhorte instamment, de façon
spéciale, tous les fidèles du Christ... à
acquérir, par une fréquente lecture des divines
écritures, la science éminente de Jésus
Christ (Ph 3, 8)... Mais qu'ils se souviennent que la prière
doit aller de pair avec la lecture de la sainte écriture,
afin que s'établisse un dialogue entre Dieu et l'homme,
car nous lui parlons, quand nous prions; nous l'écoutons,
quand nous lisons les oracles divins .(129) La Parole
de Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testament est fondamentale
pour tous ceux qui croient au Christ, et elle est une source inépuisable
d'évangélisation. La sainteté de vie et l'activité
apostolique efficace naissent d'une écoute constante de
la Parole de Dieu. Une compréhension renouvelée
de l'écriture nous permet de retourner aux sources de notre
foi et de rencontrer la vérité de Dieu dans le Christ.
La fréquentation des écritures est requise de tout
fidèle, mais particulièrement des séminaristes,
des prêtres et des religieux. Il est nécessaire de
les encourager à pratiquer la lectio divina, cette méditation
tranquille et priante de l'écriture qui permet à
la parole de Dieu de parler au cour humain. Cette forme de prière,
vécue personnellement ou en groupe, augmentera leur amour
pour la Bible et en fera un élément essentiel et
vivifiant de leur vie quotidienne.(130)
C'est pourquoi il faut rendre les écritures accessibles
à tous en Océanie. Elles ont besoin d'être
traduites correctement et fidèlement, dans le plus grand
nombre possible de langues vernaculaires. Un très louable
travail de traduction biblique a déjà été
entrepris, mais il reste encore beaucoup à faire. Toutefois,
il n'est pas suffisant de fournir aux nombreux groupes linguistiques
un texte biblique qu'ils peuvent lire; pour les aider à
comprendre ce qu'ils lisent, il faut assurer une formation biblique
solide et continue à tous ceux qui sont appelés
à proclamer et à enseigner la parole de Dieu.(131)
La Liturgie
39. Les Pères du Synode ont réfléchi longuement
sur l'importance de la liturgie dans les églises locales
en Océanie, et ils ont exprimé le désir que
les églises locales continuent à renouveler leur
vie liturgique afin que les fidèles puissent entrer plus
profondément dans le mystère du Christ. Ils ont
reconnu qu'une plus grande participation du peuple de Dieu dans
la liturgie était un des fruits du Concile Vatican II,
qui a induit à son tour un sens plus affiné de la
mission, comme cela était escompté. La vie chrétienne
a été revivifiée par une compréhension
et une mise en valeur renouvelées de la liturgie, en particulier
pour ce qui concerne le Sacrifice eucharistique. Le Concile avait
envisagé le renouveau liturgique comme un processus conduisant
à une compréhension toujours plus profonde des rites
sacrés. À cet égard, de nombreuses églises
locales sont engagées en théorie et en pratique
dans une réelle inculturation des formes de culte, tout
en ayant soin de préserver l'intégrité du
Rite romain. Des traductions appropriées des textes liturgiques
et l'utilisation adéquate des symboles tirés des
cultures locales peuvent remédier à l'éloignement
culturel dont souffre le peuple autochtone dans sa participation
au culte de l'église.(132) Les mots et les signes de la
liturgie seront les mots et les signes de leur âme.
L'Eucharistie
40. L'Eucharistie parachève l'initiation chrétienne.
Elle est la source et le sommet de la vie chrétienne. Le
Christ est réellement et substantiellement présent
dans le Sacrement de son Corps et de son Sang, offerts en sacrifice
pour la vie du monde et partagés par les fidèles
dans la communion. Depuis ses origines, l'église n'a eu
de cesse d'obéir au commandement du Seigneur: Faites
ceci en mémoire de moi (1 Co 11, 24). Les catholiques
de l'Océanie comprennent bien la place centrale de l'Eucharistie
dans leur vie. Ils prennent conscience que des célébrations
régulières et priantes du Sacrifice eucharistique
leur permettent de suivre le chemin de la sainteté personnelle
et d'avoir part à la mission de l'église. Les Pères
du Synode furent prompts à reconnaître cette grande
estime et cet amour intense à l'égard du plus grand
sacrement de l'église.
Par ailleurs, ils ont exprimé leur inquiétude quant
à l'absence de célébration eucharistique,
durant de longues périodes, dans de nombreuses communautés
de l'Océanie.(133) Il y a à cela de nombreuses raisons:
la rareté croissante de prêtres disponibles pour
le ministère pastoral; en Australie spécialement,
en ce qui concerne le monde rural, l'augmentation de la pauvreté
et l'exode vers les villes, qui entraînent une diminution
toujours plus forte de la population et l'isolement de nombreuses
communautés. En raison des vastes distances qui séparent
de nombreuses îles, il est souvent impossible de pouvoir
disposer d'un prêtre résidant. Pourtant, beaucoup
de communautés se réunissent le Jour du Seigneur,
pour des assemblées qui ne sont pas des célébrations
eucharistiques. Il faut une grande sagesse et beaucoup de courage
pour aborder cette situation que l'on ne peut que déplorer.
Je fais mienne l'insistance du Synode afin que de plus grands
efforts soient faits pour éveiller les vocations sacerdotales,
et pour que les prêtres soient affectés d'une manière
plus équitable dans toute la région.
Le sacrement de Pénitence
41. Il est très important que nous réfléchissions
au fait que le Christ a voulu faire du sacrement de Pénitence
la source et le signe d'une miséricorde, d'une réconciliation
et d'une paix fondamentales. L'église sert mieux le monde
quand elle est précisément ce qu'elle se propose
d'être: une communauté réconciliée
et réconciliatrice de disciples du Christ... L'église
n'est jamais plus elle-même que lorsqu'elle se fait médiatrice
et qu'elle réconcilie, dans l'amour et le pouvoir de Jésus
Christ, à travers le sacrement de Pénitence .(134)
Aussi les Pères synodaux ont-ils rendu grâce car,
en de nombreuses églises en Océanie, on fréquente
assidûment le sacrement de Pénitence et on l'apprécie
comme une source de la grâce qui guérit.
Cependant, ils ont aussi noté que, dans d'autres églises
locales, on est affronté à de sérieux défis
pastoraux en ce qui concerne ce sacrement. Dans les sociétés
développées tout spécialement, il existe
chez de nombreux fidèles une certaine confusion ou de l'indifférence
par rapport au sens du péché ou à la nécessité
du pardon par le sacrement de Pénitence. Il arrive même
que le sens réel de la liberté humaine ne soit pas
compris. Les évêques ont un vif désir de faire
redécouvrir la place fondamentale du sacrement de Pénitence
dans la vie du peuple de Dieu. Ils ont insisté pour
qu'une catéchèse plus développée soit
proposée sur la responsabilité personnelle, sur
le sens du péché et sur le sacrement de Réconciliation,
afin de rappeler aux catholiques que l'amour miséricordieux
de Jésus Christ est offert dans ce sacrement et que l'absolution
sacramentelle est nécessaire pour des péchés
graves commis après le baptême. En outre, afin d'accompagner
le cheminement spirituel lié au sacrement de la Réconciliation,
les prêtres doivent être invités non seulement
à accorder une place importante à ce sacrement dans
leur vie personnelle, mais aussi à faire en sorte que les
fidèles puissent s'en approcher d'une manière régulière,
en le considérant comme une part importante de leur ministère
.(135) L'expérience du grand Jubilé a montré
que le temps est venu pour un tel renouveau de la catéchèse
et de la pratique du grand sacrement de la miséricorde.
L'Onction des malades
42. Le Christ offre son amour compatissant d'une manière
spéciale aux malades et à ceux qui souffrent. Cela
se concrétise dans le soin avec lequel l'église
entoure tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit.
Le renouveau de la liturgie pour les malades a représenté
une contribution très positive pour les personnes qui se
trouvent dans des situations où leur vie est en danger:
maladie grave, intervention chirurgicale risquée, âge
avancé. Les personnes âgées souffrent souvent
de l'isolement et de la solitude. Les célébrations
communautaires de l'onction des malades constituent une aide précieuse
et une consolation pour les malades ou pour ceux qui souffrent,
et elles sont une source d'espérance pour ceux qui les
accompagnent. Les Pères du Synode veulent remercier de
manière particulière tous ceux qui accompagnent
les malades et les mourants. C'est là un précieux
témoignage de l'amour du Christ lui-même, alors que
les malades et les personnes en fin de vie semblent parfois considérés
comme un fardeau.(136)
Le peuple de Dieu
La vocation des laïcs
43. Être appelé, comme le fut Matthieu, est une
expérience fondamentale pour les chrétiens dans
leur vie de disciples. étant sorti, Jésus
vit, en passant, un homme assis au bureau de la douane, appelé
Matthieu, et il lui dit: Suis-moi!. Et, se levant,
il le suivit Mt 9, 9). Par le baptême, tous les chrétiens
ont reçu l'appel à la sainteté. Toute vocation
personnelle est un appel à prendre une part de la mission
de l'église; et, compte tenu des exigences de la nouvelle
évangélisation, il est très important à
l'heure actuelle de rappeler aux laïcs leur vocation particulière
dans l'église. Les Pères du Synode se sont
réjouis du travail et du témoignage de nombreux
fidèles laïcs qui ont contribué puissamment
à la croissance de l'église en Océanie .(137)
Dès les tout débuts de l'église en Océanie,
les laïcs ont apporté à sa croissance et à
sa mission une contribution multiforme; et ils continuent à
le faire par leur engagement dans divers types de service, surtout
dans les paroisses comme catéchistes, comme accompagnateurs
pour la préparation aux sacrements, dans la pastorale de
la jeunesse, l'animation de petits groupes ou de communautés.
Dans un monde qui a besoin de voir et d'entendre la vérité
du Christ, les laïcs, dans leurs diverses professions, sont
des témoins vivants de l'évangile. C'est la vocation
fondamentale des laïcs de renouveler l'ordre temporel dans
tous ses nombreux éléments.(138) Les Pères
du Synode ont assuré leur soutien aux laïcs
hommes et femmes qui, dans leur existence quotidienne, vivent
pleinement leur vocation chrétienne et renouvellent l'ordre
temporel, par les valeurs personnelles et familiales, par leur
participation aux enjeux économiques, par leurs activités
professionnelles, par leur présence dans les institutions
politiques, dans les relations internationales, dans les activités
artistiques, etc. .(139) L'église soutient et encourage
les laïcs qui s'efforcent d'établir la juste échelle
de valeurs des choses dans l'ordre temporel, le conduisant ainsi
vers Dieu par le Christ. De cette manière, l'église
devient ferment qui fait lever toute la pâte de l'ordre
temporel.
Les jeunes dans l'église
44. Dans de nombreux pays de l'Océanie, les jeunes forment
la majorité de la population, tandis qu'il n'en va pas
de même dans des pays comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Les Pères du Synode ont tenu à confirmer les jeunes
de l'église en Océanie dans leur mission: être
le sel de la terre et la lumière du monde
(Mt 5, 13.14). Ils ont voulu faire savoir aux jeunes qu'ils sont
une partie vitale de l'église d'aujourd'hui et que les
responsables cherchent les moyens adaptés pour mieux les
rendre partie prenante de la vie et de la mission de l'église.
Les jeunes catholiques sont appelés à suivre Jésus,
non seulement plus tard, quand ils seront adultes, mais dès
à présent, comme des disciples en croissance. Puissent-ils
toujours être attirés par l'irrésistible beauté
du visage de Jésus! Puissent-ils aussi être stimulés
par le défi des idéaux élevés de l'évangile
! Alors, ils seront revêtus de force pour prendre une part
active dans l'apostolat auquel l'église les appelle maintenant,
pour jouer leur rôle avec joie et énergie dans la
vie de l'église, à tous les niveaux: universel,
national, diocésain et local.(140) De nos jours,
les jeunes vivent dans une culture qui leur est propre. Il est
essentiel que les responsables de l'église étudient
la culture et le langage des jeunes, qu'ils les accueillent et
qu'ils intègrent les éléments positifs de
cette culture dans la vie et la mission de l'église .(141)
Mais nous sommes aussi à une époque où les
jeunes sont affrontés à de grandes difficultés.
Beaucoup d'entre eux ne réussissent pas à trouver
un travail, et ils sont souvent attirés vers les grandes
villes où l'oppression due à l'isolement, à
la solitude et au chômage les conduit à des situations
destructrices. Certains sont tentés par la drogue ou d'autres
formes de dépendance, d'autres en arrivent même au
suicide. Et pourtant, même au milieu de telles situations,
les jeunes cherchent souvent la vie que seul le Christ est capable
de leur offrir. Il est donc indispensable que l'église
proclame l'évangile aux jeunes d'une manière telle
qu'ils soient en mesure de le comprendre, qu'ils puissent saisir
la main que le Christ ne cesse jamais de leur tendre, surtout
au milieu de leur nuit.
Les Pères du Synode étaient convaincus de la nécessité
d'un apostolat des jeunes par les jeunes, et ils se sont faits
l'écho de l'appel que j'avais adressé aux jeunes
en me rendant dans la région: N'ayez pas peur de
vous engager dans la tâche de faire connaître et aimer
le Christ, en particulier parmi les nombreuses personnes de votre
âge, qui constituent la majeure partie de la population
.(142) Avec les Pères du Synode, je demande aux jeunes
de l'église de réfléchir sérieusement,
dans la prière, sur la vocation à suivre Jésus
comme prêtres ou dans la vie consacrée, car les besoins
sont grands. Les évêques ont chaleureusement loué
les jeunes pour leur sens aigu de la justice, du respect de l'intégrité
et de la dignité de la personne humaine, pour leur souci
des pauvres et leur préoccupation de l'environnement. Ce
sont les signes d'une grande générosité d'esprit
qui ne manquera pas de porter des fruits dans la vie de l'église
actuelle, comme ce fut toujours le cas dans le passé.
En bien des lieux, les pèlerinages de jeunes sont un aspect
positif de la vie des jeunes catholiques.(143) Les pèlerinages
ont longtemps fait partie intégrante de la vie chrétienne
et ils concourent à renforcer le sens de l'identité
et de l'appartenance. Les Pères synodaux ont reconnu l'importance
des Journées mondiales de la Jeunesse, car elles permettent
aux jeunes de faire l'expérience d'une authentique communio;
cela fut manifeste durant l'inoubliable grand Jubilé. Les
jeunes se rassemblent pour écouter la Parole de Dieu présentée
dans un langage qu'ils comprennent, pour méditer cette
Parole dans la prière, et pour prendre part à de
belles liturgies et à des rencontres de prière intenses.(144)
Bien des fois j'ai pu constater combien ils sont, pour beaucoup,
naturellement ouverts au mystère de Dieu révélé
dans l'évangile. Puisse le glorieux mystère de Jésus
Christ apporter toujours la paix et la joie aux jeunes de l'Océanie!
Le mariage et la vie familiale
45. La famille chrétienne est une révélation
et une réalisation spécifique de la communion ecclésiale,
c'est pourquoi elle peut et elle doit se dire église
domestique .(145) En dernière analyse, la famille
est une image de l'ineffable communio au sein de la Sainte Trinité.
Par la procréation et l'éducation des enfants, la
famille participe aussi à l'ouvre créatrice de Dieu,
et, comme telle, elle représente une grande force pour
l'évangélisation dans l'église et au-delà.
La qualité de la vie familiale a une très
grande influence sur l'église et la société
en Océanie .(146) Cela implique une grande responsabilité
pour les chrétiens qui s'engagent dans l'alliance conjugale;
et pour tous les couples qui désirent le sacrement
de mariage, il devrait y avoir une préparation pastorale
adaptée .(147)
En tant qu'institution, la famille devra toujours être
l'objet d'une action pastorale d'ensemble de la part de l'église;
et il sera particulièrement nécessaire de connaître
les besoins et les charges des familles nombreuses. L'église
et les autorités civiles sont encouragées à
procurer tous les services possibles pour soutenir les parents
et les familles. L'église est spécialement attentive
au droit des femmes à se marier librement et à être
traitées avec respect dans le mariage. La polygamie, qui
existe encore dans certaines régions, est une cause grave
d'exploitation des femmes. D'une manière plus générale,
les Pères du Synode se sont préoccupés de
la condition sociale de la femme en Océanie, souhaitant
que soit respecté le principe à travail égal,
salaire égal , et que les femmes ne soient pas exclues
du monde du travail. Mais, en même temps, il est capital
que les mères ne soient pas pénalisées quand
elles restent à la maison pour s'occuper de leurs enfants,
car c'est une très haute dignité que d'être
parents, et l'éducation des enfants est une tâche
de première importance.
Dans les familles où les deux parents sont catholiques,
il leur est plus facile de partager leur foi avec leurs enfants.
Tout en rendant grâce pour tous les cas de mariages mixtes
où l'on constate un épanouissement de la foi aussi
bien chez les époux que chez les enfants, le Synode a encouragé
les efforts pastoraux en vue de promouvoir le mariage entre personnes
partageant la même foi.(148)
En Océanie comme ailleurs, le mariage et la vie familiale
sont soumis de nos jours à de nombreuses tensions. Cela
peut affaiblir le mariage comme cellule de base de la société
et donc affaiblir la société elle-même. Comme
je l'ai fait remarquer lorsque j'étais en Australie,
le concept chrétien du mariage et de la famille est menacé
par une nouvelle conception séculière, pragmatique
et individualiste qui a gagné du terrain dans le domaine
de la législation et qui reçoit une certaine approbation
dans l'opinion publique .(149) Conscients de ce danger,
les Pères du Synode ont recommandé que des
programmes pastoraux apportent un soutien approprié aux
familles qui sont confrontées à l'un ou l'autre
des graves problèmes de la société moderne:
l'alcoolisme, la drogue, les dépendances comportementales,
le jeu... Devant les difficultés qui, de nos jours, assaillent
le mariage et la vie familiale, telles que la triste réalité
de la mésentente conjugale, les ruptures et le divorce,
le Synode appelle à un renouvellement de la catéchèse
sur les idéaux du mariage chrétien .(150)
L'église a la possibilité incomparable de présenter
d'une manière nouvelle le mariage chrétien comme
alliance éternelle dans le Christ, fondée sur un
don de soi généreux et sur un amour sans conditions.
Cette vision splendide du mariage et de la famille offre une vérité
salutaire non seulement pour les personnes mais pour la société
dans son ensemble. C'est pourquoi les principes théologiques
qui étayent l'enseignement de l'église sur le mariage
et la famille doivent être soigneusement expliqués
à tous de manière convaincante.(151)
Des sessions de ressourcement spirituel pour couples peuvent
aider ces derniers à approfondir leur engagement et la
joie qui jaillit du don de l'amour conjugal. Si, toutefois, le
mariage est menacé d'une manière ou d'une autre,
il est demandé aux pasteurs d'accorder toute leur attention
à ceux qui se trouvent dans la détresse. Le Synode
a voulu souligner aussi le grand dévouement des personnes
qui élèvent et éduquent seules leurs enfants,
et il a tenu à leur faire savoir que la façon dont
elles vivaient l'évangile dans des circonstances souvent
difficiles était profondément appréciée.
Le clergé, les écoles catholiques et les catéchistes
doivent accorder une attention particulière à ces
parents et à leurs enfants.(152)
Les femmes dans l'église
46. L'immense procession des saints à travers les siècles
montre à l'évidence que les femmes ont enrichi l'église
de dons uniques et irremplaçables, et que, sans ces dons,
la communauté chrétienne se trouverait irrémédiablement
appauvrie.(153) Plus que jamais, de nos jours, l'église
a besoin des compétences, des énergies, de la sainteté
même des femmes si l'on veut que la nouvelle évangélisation
porte les fruits si ardemment désirés. Si certaines
femmes se sentent encore mises à l'écart dans l'église
comme dans la société en général,
bien d'autres éprouvent un profond sentiment d'épanouissement
en contribuant à la vie paroissiale, en participant à
la liturgie, à la vie de prière et aux ouvres apostoliques
et caritatives dans l'église en Océanie. Il est
important que l'église, au niveau local, offre aux femmes
la possibilité de prendre la part qui leur revient dans
la mission de l'église; jamais elles ne devraient se sentir
étrangères. De nombreuses formes d'apostolat laïc
et de nombreux programmes de formation des laïcs sont ouverts
aux femmes, de même que divers niveaux de responsabilités,
leur permettant de mettre davantage encore leurs dons au service
de la mission de l'église.(154)
Les nouveaux mouvements ecclésiaux
47. L'un des signes des temps pour l'église
en Océanie est l'apparition des nouveaux mouvements ecclésiaux,
qui sont un autre fruit du Concile Vatican II. Ces mouvements
donnent aux catholiques de tous âges un nouvel élan
et un puissant soutien dans leurs efforts de vie plus intensément
chrétienne. Au sein de certains d'entre eux naissent un
bon nombre de vocations au sacerdoce ou à la vie consacrée;
et cela est source d'une vive reconnaissance. Grâce à
ces mouvements ecclésiaux, de nombreux catholiques redécouvrent
le Christ d'une manière plus profonde, et, dans les cultures
d'aujourd'hui, cette expérience leur permet de rester fidèles,
quelles que soient les difficultés. Tout en aidant les
personnes à grandir dans leur vie chrétienne, ces
mouvements apportent à l'église bien des dons de
sainteté ainsi qu'une précieuse collaboration.(155)
Accueillant ces mouvements comme des signes de l'Esprit à
l'ouvre dans l'église, les Pères du Synode ont demandé
qu'ils travaillent au sein des structures des églises locales
afin de contribuer à l'édification de la communio
du diocèse où ils se trouvent. L'évêque
doit exercer son jugement pastoral en les accueillant et
en les guidant, tout en leur demandant de respecter les programmes
pastoraux du diocèse .(156)
Ministères ordonnés et vie consacrée
Vocations et séminaires
48. étant donné le rôle essentiel du sacerdoce
et la grande importance de la vie consacrée dans la mission
de l'église, les évêques de l'Assemblée
spéciale ont affirmé l'importance du témoignage
offert par les évêques, les prêtres et les
consacrés à travers leur prière, leur fidélité,
leur générosité et leur simplicité
de vie.(157) Le champ dans lequel ils travaillent est vaste et
ils sont relativement peu nombreux. Il y a beaucoup de jeunes
gens en Océanie, et ils sont une précieuse ressource
spirituelle; sans aucun doute, nombre d'entre eux se sentent appelés
au sacerdoce ou à la vie consacrée. Puisse
un nombre toujours plus grand [...] écouter attentivement
et accueillir volontiers ces paroles du Christ qui parlent d'un
choix personnel spécial de Dieu, d'une fécondité
apostolique: Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est
moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez,
que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure (Jn15,
16) .(158) Les Pères du Synode ont souligné
la nette diminution du nombre des prêtres et des religieux
en Océanie. La promotion des vocations est une responsabilité
urgente pour toute communauté catholique. Tout évêque
devrait veiller à l'établissement et à la
mise en application d'un plan pour promouvoir les vocations sacerdotales
et religieuses à tous les niveaux - diocèse, paroisse,
école et famille. Les Pères du Synode se tournent
vers l'avenir avec espérance et avec confiance, priant
le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour
sa moisson (Lc 10, 2),(159) et restant fermes dans la foi,
sachant que Dieu y pourvoira (cf. Gn 22, 8).
Dans les séminaires, les prêtres de demain sont
formés à l'image du Bon Pasteur, en s'unissant
au Christ dans la découverte de la volonté du Père
et dans le don d'eux-mêmes pour le troupeau qui leur est
confié .(160) Chaque évêque est responsable
de la formation de son clergé dans le contexte de la culture
et de la tradition locales. À cet égard, les Pères
du Synode ont demandé qu'on réfléchisse
sérieusement à des modèles plus flexibles
et plus créatifs de formation et d'apprentissage (161)
qui prennent en compte les éléments essentiels d'une
formation intégrale pour les candidats au sacerdoce en
Océanie: formation humaine, intellectuelle, spirituelle
et pastorale.(162) Dans le même temps, les évêques
ont exprimé des réserves à l'égard
des positions extrêmes que sont le cléricalisme et
le sécularisme, et en ce qui concerne les dangers d'une
compétence inadéquate, résultant parfois
d'une formation actuelle au séminaire qui néglige
les réels besoins intellectuels et spirituels des séminaristes
.(163) Il faut accorder une attention spéciale à
la situation de certaines églises en Océanie. Dans
les églises particulières de Papouasie-Nouvelle-Guinée,
des Îles Salomon et dans les autres nations insulaires du
Pacifique, de nouveaux séminaires ont été
ouverts pour faire face au nombre croissant de séminaristes
qui ont besoin d'être formés dans leur propre région
et dans leur culture. Tout en rendant grâce pour le don
précieux de nouvelles vocations, les Pères du Synode
ont aussi reconnu la nécessité d'avoir davantage
de formateurs autochtones, correctement préparés
à leur tâche d'enseignement et de formation. Des
propositions ont été faites pour remédier
à cette situation critique, y compris l'échange
de personnel à l'intérieur de l'Océanie.
On donnera plus de facilités aux prêtres diocésains
autochtones pour faire des études supérieures à
l'intérieur ou en dehors de la région. Des programmes
d'échanges, approuvés de part et d'autre, pourraient
être établis pour répondre aux divers besoins.
Le souci primordial des évêques reste la formation
humaine et pastorale des séminaristes, dans leur contexte
culturel spécifique. Il convient aussi de trouver des solutions
afin de pourvoir au soutien financier nécessaire pour les
séminaires, qui représentent une lourde charge pour
de nombreux diocèses. En Océanie, là où
les ressources sont insuffisantes, des appels devraient être
lancés plus largement à l'église, aux Ordres
religieux, aux Congrégations et aux Instituts, pour aider
les jeunes églises à former des personnes autochtones
qualifiées.(164) L'avenir de l'église en Océanie
en dépend pour une large part, car l'église ne peut
pas remplir sa fonction sans le sacerdoce sacramentel et elle
ne peut pas bien fonctionner sans de bons prêtres.
La vie des ministres ordonnés
49. Depuis le Concile Vatican II, les prêtres ont été
confrontés aux changements, aux développements et
aux défis de la société contemporaine. Les
Pères du Synode ont reconnu la fidélité
et l'engagement persévérants des prêtres dans
leur ministère presbytéral. Cette fidélité
est d'autant plus impressionnante qu'elle est vécue dans
un monde d'incertitude, de solitude, d'affairisme, et parfois
d'indifférence et d'apathie. Nous reconnaissons la fidélité
des prêtres comme un puissant témoignage de la compassion
du Christ envers son peuple, et nous les louons pour cela .(165)
La vie des prêtres se conforme entièrement à
celle du Christ, qui s'est livré lui-même pour que
nous ayons tous la vie en plénitude. Par le ministère
ordonné, la présence du Christ est rendue visible
au milieu de la communauté. Cela ne signifie pas cependant
que les prêtres sont exempts de faiblesse humaine ou de
péché. En effet, tout prêtre a besoin de se
convertir en permanence et de s'ouvrir à l'Esprit afin
d'approfondir son engagement sacerdotal en fidélité
au Christ. Pour préserver cette fidélité,
le Synode conseille vivement à tous les membres du clergé
de renouveler leurs efforts pour modeler leur vie de prière
sur celle du Christ et pour adopter un style de vie qui reflète
la vie du Christ dans sa simplicité, dans sa confiance
envers le Père, dans sa générosité
à l'égard des pauvres et dans son identification
avec les petits .(166)
Le Synode était conscient d'une érosion de l'identité
sacerdotale, en particulier par le dénigrement du célibat
des prêtres dans un monde influencé par des valeurs
qui sont contraires aux exigences de l'évangile. Le célibat
sacerdotal est un grand mystère fondé sur l'amour
du Christ, et il appelle à une relation radicale, aimante,
intégrale avec le Christ et avec son Corps qui est l'église.
Le célibat est un don de Dieu pour ceux qui sont appelés
à vivre la vie chrétienne comme prêtres, et
il est une grande grâce pour toute l'église, un témoignage
du don total de soi pour le Royaume. Les valeurs éternelles
du célibat évangélique et de la chasteté
devront être défendues et expliquées par l'église
dans des cultures qui ne les ont jamais connues et dans des sociétés
contemporaines où de telles valeurs sont peu comprises
ou peu appréciées. Une recherche toujours plus approfondie
sur le mystère chrétien du célibat aidera
ceux qui ont accepté ce don à le vivre d'une manière
plus fidèle et plus paisible.(167)
Le Concile Vatican II a enseigné que, établis
par leur ordination dans l'ordre du presbytérat, les prêtres
sont tous liés entre eux par une intime fraternité
sacramentelle; mais de façon spéciale, dans le diocèse
au service duquel ils sont affectés sous l'autorité
de l'évêque propre, ils forment un seul presbyterium
.(168) En fait, avec leur évêque, les prêtres
forment une unique communauté, appelée communément
le presbyterium. D'une manière toute particulière,
la communio du presbyterium trouve une expression liturgique dans
le rite de l'Ordination sacerdotale, et dans la concélébration
de l'Eucharistie avec l'évêque, spécialement
au cours de la Messe chrismale du Jeudi saint. Les prêtres
malades, âgés ou en retraite ont une place spéciale
dans le presbyterium. Afin que l'église leur manifeste
sa reconnaissance pour leur fidélité, on ne manquera
pas de les assister et de subvenir à leurs besoins. Il
faudra aussi faire sentir aux prêtres retirés du
ministère pastoral qu'ils conservent une place estimable
dans le presbyterium.(169) La communio du presbyterium comporte
aussi d'autres aspects pratiques. Les prêtres ont
besoin de la compagnie et du soutien de leur évêque
et d'autres prêtres. Les évêques sont invités
à faire sentir aux prêtres qu'ils sont vraiment leurs
collaborateurs dans la vigne du Seigneur. Ils devront aussi encourager
les prêtres à prendre soin les uns des autres, dans
un esprit de fraternité, afin de construire un clergé
diocésain local soudé par un soutien mutuel et par
un renouvellement permanent .(170) Ce soutien dans l'amour
fraternel est particulièrement important dans les situations
insulaires où de nombreux prêtres proviennent de
sociétés qui ont de forts liens communautaires,
et dans lesquelles on les honore de manière spéciale
en raison de leur ordination et de leur rang à l'intérieur
de la société. Considérés ainsi
par le peuple qu'on leur a demandé de servir, ils ont besoin
d'être considérablement soutenus pour établir
leurs propres traditions et leur style de vie comme prêtres
diocésains .(171)
La vie des évêques, des prêtres et des diacres
nécessite une formation continue et des occasions pour
raviver le zèle de leur vocation divine. Les Pères
du Synode ont fortement recommandé de créer des
occasions appropriées sur les plans spirituel, pastoral,
intellectuel et convivial, afin d'augmenter la capacité
d'accomplir le ministère et de s'engager de manière
énergique dans la mission tout au long des années.
Certains aspects de la formation continue ont été
mis en lumière par le Synode: Il est rappelé
à tous les ministres que l'accomplissement de leurs tâches
quotidiennes - célébration de l'Eucharistie, lecture
quotidienne de l'écriture, prière de la Liturgie
des Heures, étude des écritures et d'autres sources
pour la prédication et l'enseignement, ministère
de la confession, lecture d'ouvrages théologiques et de
périodiques - contribue à leur édification
et à leur renouvellement. Des efforts personnels doivent
être entrepris pour prendre part à des retraites,
à des conférences et à des congés
annuels, même si cela oblige à laisser les activités
pastorales. La formation permanente requiert que tous continuent
à développer leur aptitude à proclamer le
message de l'évangile de façon à être
compris par tous; la formation permanente n'est pas seulement
intellectuelle, mais aussi spirituelle, humaine et pastorale.
On encourage les évêques à organiser dans
ce sens la formation permanente dans leurs diocèses. Des
dispositions doivent être prises aussi pour permettre des
congés d'étude et des temps de renouvellement spirituel
pour tout le clergé .(172) Les Pères du Synode
ont exprimé le désir d'offrir un soutien pastoral
à leurs prêtres en étant ouverts à
leurs besoins en toutes circonstances. Ils ont aussi été
sensibles à la situation de ceux qui ont quitté
le ministère.
Dans certaines parties de l'Océanie, des abus sexuels
de la part de prêtres ou de religieux ont fait endurer aux
victimes de grandes souffrances et des blessures spirituelles.
Cela a été dramatique pour la vie de l'église
et est devenu un obstacle à la proclamation de l'évangile.
Les Pères du Synode ont condamné tout abus sexuel
et toutes les formes d'abus de pouvoir, à la fois à
l'intérieur de l'église et dans la société
tout entière. Dans l'église, les abus sexuels sont
en profonde contradiction avec l'enseignement et le témoignage
de Jésus Christ. Les Pères synodaux ont souhaité
demander pardon sans réserve aux victimes pour les souffrances
et la détresse qui leur ont été causées.(173)
L'église en Océanie cherche des procédures
ouvertes et justes pour répondre aux plaintes en ce domaine,
et elle s'est engagée sans équivoque à être
compatissante et à fournir une aide effective aux victimes,
à leurs familles, à la communauté entière
et aux coupables eux-mêmes.
Le diaconat permanent
50. Le Concile Vatican II a décidé de restaurer
le diaconat permanent en tant que ministère ordonné
dans l'église latine. Ce ministère a été
introduit dans quelques diocèses de l'Océanie, où
il a été bien reçu. Un avantage propre au
diaconat permanent est sa capacité d'adaptation à
une grande variété de besoins pastoraux locaux.
Les évêques en Synode ont rendu grâce pour
le travail inlassable et pour le dévouement des diacres
permanents en Océanie, conscients qu'ils étaient
de la générosité des familles des diacres
mariés. Une bonne formation des diacres est vitale, tout
comme une catéchèse et une préparation approfondies
de l'ensemble du diocèse, spécialement dans les
communautés où ils serviront.(174) Il est en outre
très important qu'ils puissent bénéficier
d'une formation permanente. Il est bon que les prêtres et
les diacres, chacun répondant à sa vocation particulière,
coopèrent ensemble étroitement pour annoncer l'évangile
et administrer les sacrements.(175)
La vie consacrée
51. L'histoire de la fondation de l'église en Océanie
recoupe en grande partie l'histoire de l'apostolat missionnaire
d'un nombre incalculable de religieux et de religieuses qui, avec
dévouement et désintéressement, ont proclamé
l'évangile dans un vaste champ de situations et de cultures.
Leur engagement persévérant dans le travail d'évangélisation
demeure d'une importance vitale et continue d'enrichir la vie
de l'église de manière singulière. Leur vocation
les rend experts en matière de communio de l'église.
En poursuivant la perfection de la charité dans le service
du Royaume, ils répondent à la soif de spiritualité
des peuples de l'Océanie et ils sont un signe de la sainteté
de l'église.(176) Les Pasteurs devront toujours affirmer
la valeur unique de la vie consacrée et rendre grâce
à Dieu pour l'esprit de sacrifice des familles qui acceptent
de donner un ou plusieurs de leurs enfants au Seigneur pour qu'ils
suivent ce chemin merveilleux.(177)
Fidèles aux charismes de la vie consacrée, les
Congrégations, les Instituts et les Sociétés
de vie apostolique se sont courageusement adaptés aux nouvelles
circonstances, et ils ont répandu de façon nouvelle
la lumière de l'évangile. Une bonne formation est
primordiale pour l'avenir de la vie consacrée, et il est
essentiel que ceux qui aspirent à ce genre de vie reçoivent
la meilleure formation possible dans les domaines théologique,
spirituel et humain. Dans cette perspective, les jeunes devront
être accompagnés de manière appropriée
dans les premières années de leur itinéraire
de disciples. étant donné l'importance centrale
de la vie consacrée dans l'église en Océanie,
il est important que les évêques respectent les charismes
des Instituts religieux et encouragent ces derniers à les
partager sous toutes les formes possibles avec l'église
locale. Cela peut être fait par leur participation à
l'organisation et aux prises de décision dans le diocèse;
de la même façon, les évêques devront
encourager les religieux et les religieuses à prendre part
à la mise en application des plans pastoraux de l'église
locale.
Les Ordres contemplatifs se sont implantés en Océanie,
et ils manifestent d'une manière toute spéciale
la transcendance de Dieu et la valeur suprême de l'amour
du Christ. Ils témoignent de l'intime communion entre les
personnes, au sein de la communauté et avec Dieu. Les Pères
du Synode étaient conscients que la vie de prière
propre à la vocation contemplative est vitale pour l'église
en Océanie. Du cour même de l'église et de
manière mystérieuse, elle inspire et pousse les
fidèles à vivre la vie du Christ de manière
plus radicale. C'est pourquoi les évêques ont vivement
insisté pour que la vie contemplative ne cesse jamais d'être
en Océanie l'objet d'une profonde considération
et ils se sont engagés à la promouvoir de toutes
les manières possibles.(178)
52. Considérant la générosité de
Dieu en Océanie et son amour infini pour les peuples du
continent, comment pourrions-nous ne pas rendre grâce à
Celui de qui vient tout don parfait? Comment ne pas louer Dieu
pour le trésor de la foi, don inestimable parmi ces nombreux
dons, et pour l'appel à la mission que ce don implique?
Nous avons mis notre foi dans le Christ, et c'est la parole du
Christ qu'il nous faut annoncer dans les circonstances concrètes
de notre époque et de nos cultures. L'Assemblée
spéciale pour l'Océanie a proposé un certain
nombre de pistes et de suggestions que les églises locales
en Océanie devront prendre en compte pour être à
même de jouer leur rôle dans le travail de la nouvelle
évangélisation. Devant quelque difficulté
que ce soit, nous sommes appelés à cette tâche
par le Christ ressuscité, qui a ordonné à
Pierre et aux autres Apôtres: Avance au large, et
jetez les filets pour prendre du poisson (Lc 5, 4). Notre
foi en Jésus nous enseigne que notre espérance n'est
pas vaine et que nous pouvons dire avec Pierre: Sur ton
ordre, je vais jeter les filets (Lc 5, 5). Le résultat
est surprenant: Ils prirent une grande quantité
de poissons (Lc 5, 6). Les eaux de l'Océanie soient
nombreuses, vastes et profondes, et pourtant l'église en
Océanie n'a cessé de cheminer joyeusement et dans
la confiance avec le Christ, annonçant sa vérité
et vivant sa vie. Voici venu le temps d'une bonne pêche!
CONCLUSION
Marie, notre Mère
53. En concluant cette Exhortation apostolique, je vous invite
à vous tourner avec moi vers la Vierge Marie, Mère
de Jésus et Mère de l'église, si vénérée
dans toute l'Océanie. Les missionnaires tout comme les
immigrants ont transmis la profonde dévotion à la
Vierge qu'ils portaient en eux comme faisant partie intégrante
de leur foi catholique; et depuis lors, les fidèles en
Océanie n'ont jamais cessé de manifester leur grand
amour envers Marie.(179) Elle a merveilleusement aidé l'église
dans ses efforts pour proclamer et enseigner l'évangile
dans tout le Pacifique. De nos jours, elle n'est pas moins présente
dans l'église qu'elle ne l'était à la Pentecôte
quand, avec les Apôtres, ils étaient réunis
en prière (cf. Ac 1, 14). Par son intercession et par sa
présence, elle ne manquera pas de soutenir la nouvelle
évangélisation comme elle le fit pour la première
annonce. Dans les moments de difficultés et de souffrance,
Marie a été un refuge indéfectible pour ceux
qui cherchaient paix et guérison. Dans les églises,
les chapelles et les maisons, l'image de Marie rappelle à
tous sa présence affectueuse et sa maternelle protection.
En plusieurs régions du Pacifique, elle est particulièrement
vénérée sous le vocable de Secours
des chrétiens ; et les évêques l'ont
proclamée patronne de l'Océanie sous le titre de
Notre-Dame de la Paix .
En Jésus Christ, qu'elle a porté en son sein, est
né un nouveau monde, où justice et miséricorde
se rencontrent, un monde de liberté et de paix. Par la
Croix et la résurrection du Christ, Dieu a réconcilié
le monde avec lui et il a fait du Seigneur Jésus le Prince
de la Paix pour tous les temps et tous les lieux. Puisse Marie,
Regina Pacis, aider les peuples de l'Océanie à jouir
de cette paix et à la partager avec d'autres! À
l'aube du troisième millénaire chrétien,
qu'une justice et une harmonie véritables soient le don
que Dieu fait à l'Océanie et à toutes les
nations du monde!(180)
En exprimant ma reconnaissance pour la grâce de cette Assemblée
spéciale du Synode, je recommande tous les peuples de l'Océanie
à la maternelle sollicitude de la Bienheureuse Vierge Marie,
dans l'absolue confiance qu'elle écoute toujours d'une
oreille attentive, qu'elle ouvre toujours largement son cour et
que sa prière est toujours exaucée.
Prière
Ô Marie, Secours des chrétiens,
nous nous tournons vers toi dans nos nécessités,
les yeux remplis d'amour,
les mains vides et le cour plein de désirs.
Nous nous tournons vers toi
qui nous fais voir ton Fils, notre Seigneur.
Nous levons nos mains
pour recevoir le Pain de la Vie.
Nous ouvrons tout grands nos cours
pour accueillir le Prince de la Paix.
Mère de l'église,
tes fils et tes filles te remercient
pour ta parole de foi qui traverse tous les âges,
montant d'une âme pauvre, pleine de grâce,
préparée par Dieu pour accueillir
le Verbe dans le monde
afin que le monde lui-même puisse renaître.
En toi, s'annonçait comme une aurore
le règne de Dieu,
règne de grâce et de paix,
règne d'amour et de justice,
né du mystère du Verbe fait chair.
L'église répandue à travers le monde
s'unit à toi pour louer Celui
dont la miséricorde s'étend d'âge en âge.
O Stella Maris, lumière de tous les océans
et maîtresse des profondeurs,
guide les peuples de l'Océanie,
à travers les mers sombres et tempétueuses,
vers le port de lumière et de paix
préparé par Celui qui apaisa la tempête.
Garde tous tes enfants à l'abri du mal,
car les vagues sont hautes
et nous sommes loin du port.
Tandis que nous avançons
sur les océans du monde,
et que nous traversons les déserts
de notre temps,
montre-nous, ô Marie, le fruit de ton sein,
car, sans ton Fils, nous sommes perdus.
Prie pour que
nous ne tombions pas en chemin,
pour que, dans nos cours
et dans nos esprits,
en paroles et en actes,
dans les jours de tumulte
et dans les jours de calme,
nous gardions toujours
les yeux fixés sur le Christ en disant:
Qui est-il donc celui-là,
que même le vent et la mer lui obéissent? .
Notre-Dame de la Paix,
en qui toutes les tempêtes s'apaisent peu à peu,
prie, à l'aube du nouveau millénaire,
pour que l'église en Océanie
ne cesse jamais de montrer
la face glorieuse de ton Fils,
plein de grâce et de vérité,
afin que les hommes et les femmes
du Pacifique
laissent Dieu régner dans leurs cours
et qu'ils trouvent la paix
dans le vrai Sauveur du monde.
Intercède pour l'église en Océanie
afin qu'elle reçoive la force
de suivre fidèlement le chemin de Jésus Christ,
de proclamer courageusement
la vérité de Jésus Christ,
de vivre joyeusement la vie de Jésus Christ.
Ô Secours des chrétiens, protège-nous!
Brillante étoile de la mer, guide-nous!
Notre-Dame de la Paix, prie pour nous!
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 22
novembre 2001, en la vingt-quatrième année de mon
pontificat.
JOANNES PAULUS PP. II
(1) Lettre apost. Tertio millennio adveniente (10 novembre 1994),
n. 38: AAS 87 (1995), p. 31; La Documentation catholique 91 (1994),
pp. 1027-1028.
(2) Cf. Assemblée spéciale pour l'Océanie
du Synode des évêques, Rapport après la discussion,
n. 3.
(3) Cf. ibid., n. 4.
(4) Cf. ibid., nn. 1; 5.
(5) Cf. ibid., n. 19.
(6) Cf. ibid., n. 39.
(7) Cf. Proposition 1.
(8) Cf. ibid.
(9) Paul VI, Homélie à l'Hippodrome de Randwick
à l'occasion du 200e anniversaire de l'arrivée de
J. Cook en Australie, Sydney (1er décembre 1970), n. 1:
AAS 63 (1971), p. 62; La Documentation catholique, 68 (1971),
p. 11.
(10) Homélie pour la béatification de Mary MacKillop,
Sydney (19 janvier 1995), n. 2: AAS 87 (1995), p. 1003; La Documentation
catholique 92 (1995), p. 169.
(11) Ibid., n. 5: l. c., p. 1004; La Documentation catholique,
l.c., p. 170.
(12) Jean-Paul II, Discours à l'épiscopat de Nouvelle-Zélande,
Wellington (23 novembre 1986), nn. 4-5: AAS 79 (1987), pp. 936-937;
L'Osservatore Romano, éd. hebd. en langue française,
n. 49 (9 décembre 1986), p. 6.
(13) Cf. Assemblée spéciale pour l'Océanie
du Synode des évêques, Rapport après la discussion,
n. 2.
(14) 29 novembre 1998.
(15) Jean-Paul II, Bulle d'indiction du grand Jubilé de
l'an 2000 Incarnationis mysterium (29 novembre 1998), n. 9: AAS
91 (1999), p. 137; La Documentation catholique 95 (1998), p. 1054.
(16) Cf. Proposition 15.
(17) Jean-Paul II, Bulle d'indiction du grand Jubilé de
l'an 2000 Incarnationis mysterium (29 novembre 1998), n. 11: AAS
91 (1999), p. 141; La Documentation catholique 95 (1998), p. 1056.
(18) Paul VI, Homélie pour l'ordination du premier évêque
né en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Sydney (3 décembre
1970): AAS 63 (1971), p. 71; La Documentation catholique 68 (1971),
p. 16.
(19) Cf. Const. dogm. sur l'église Lumen gentium, nn. 4;
8; 13-15; 21; 24-25.
(20) Proposition 44.
(21) Ibid.
(22) Cf. Proposition 44.
(23) Cf. Proposition 10.
(24) Proposition 44.
(25) Conc. ocum. Vat.I, Const. dogm. sur l'église du Christ
Pastor æternus, Prologue: DS n. 3051; La foi catholique,
n. 466.
(26) Jean-Paul II, Discours aux évêques d'Australie,
Sydney (26 novembre 1986), nn. 1-2: AAS 79 (1987), pp. 954-955.
(27) Cf. Proposition 44.
(28) Jean-Paul II, Discours aux évêques de la Conférence
épiscopale du Pacifique [C.E.PAC], Suva (21 novembre 1986),
n. 6: AAS 79 (1987), p. 934; La Documentation catholique 84 (1987),
p. 9.
(29) Cf. Proposition 45.
(30) Conc. ocum. Vat.II, Décret sur la charge pastorale
des évêques dans l'église Christus Dominus,
n. 37.
(31) Proposition 12.
(32) Discours aux évêques de l'Océanie, Sydney
(1er décembre 1970): AAS 63 (1971), pp. 55.57; La Documentation
catholique 68 (1971), p. 9.
(33) Cf. Proposition 1.
(34) Cf. ibid.
(35) Paul VI, Homélie pour l'Ordination du premier évêque
né en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Sydney (3 décembre
1970): AAS 63 (1971), p. 72; La Documentation catholique 68 (1971),
p. 16; voir aussi Jean-Paul II, Discours aux évêques
de la Conférence épiscopale du Pacifique [C.E.PAC],
Suva (21 novembre 1986), n. 2: AAS 79 (1987), pp. 930-931; La
Documentation catholique 84 (1987), p. 7.
(36) Homélie à la Messe dans l'île d'Upolu,
Samoa occidentales (29 novembre 1970): AAS 63 (1971), p. 49; La
Documentation catholique 67 (1970), p. 1122.
(37) N. 3: AAS 79 (1987), p. 932.
(38) Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris missio (7 décembre
1990), n. 73: AAS 83 (1991), p. 321; La Documentation catholique
88 (1991), p. 180. Voir aussi l'homélie lors de la béatification
de Peter To Rot, Port Moresby (17 janvier 1995), n. 7: AAS 87
(1995), p. 994; La Documentation catholique 92 (1995), p. 168.
(39) Jean-Paul II, Discours aux évêques de Papouasie-Nouvelle-Guinée
et des îles Salomon, Port Moresby (8 mai 1984), n. 6: AAS
76 (1984), p. 1013; La Documentation catholique 81 (1984), p.
625.
(40) Cf. Jean-Paul II, Discours aux évêques de Nouvelle-Zélande,
Wellington (23 novembre 1986), n. 8: AAS 79 (1987), p. 939; L'Osservatore
Romano, éd. hebd. en langue française, n. 49 (9
décembre 1986), p. 6.
(41) Cf. Proposition 1.
(42) Cf. Proposition 2.
(43) Jean-Paul II, Encycl. Fides et ratio (14 septembre 1998),
n. 70: AAS 91 (1999), p. 58; La Documentation catholique 95 (1998),
p. 925.
(44) Cf. Proposition 2.
(45) Cf. Paul VI, Discours au peuple aborigène, Sydney
(2 décembre 1970): AAS 63 (1971), p. 69; La Documentation
catholique 68 (1971), pp. 14-15; voir aussi Jean-Paul II, Discours
aux Aborigènes, Alice Springs (29 novembre 1986), n. 12:
AAS 79 (1987), p. 978; La Documentation catholique 84 (1987),
p. 63.
(46) Jean-Paul II, Encycl. Fides et ratio (14 septembre 1998),
n. 71: AAS 91 (1999), p. 60; La Documentation catholique 95 (1998),
p. 926.
(47) Cf. Proposition 2.
(48) Cf. ibid.
(49) Proposition 4.
(50) Cf. Jean-Paul II, Exhort. apost. post-synodale Ecclesia in
Africa (14 septembre 1995), n. 61: AAS 88 (1996), p. 38; La Documentation
catholique 92 (1995), p. 832.
(51) Cf. Proposition 2.
(52) Jean-Paul II, Encycl. Fides et ratio (14 septembre 1998),
n. 71: AAS 91 (1999), p. 60; La Documentation catholique 95 (1998),
p. 926.
(53) Discours aux évêques de l'Océanie, Sydney
(1er décembre 1970): AAS 63 (1971), p. 56; La Documentation
catholique 68 (1971), p. 9.
(54) Discours aux Aborigènes, Alice Springs (29 novembre
1986), n. 12: AAS 79 (1987), p. 977; La Documentation catholique
84 (1987), p. 63.
(55) Cf. Proposition 2.
(56) Ibid.
(57) Cf. ibid.
(58) Cf. Assemblée spéciale pour l'Océanie
du Synode des évêques, Rapport après la discussion,
n. 12.
(59) Cf. Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris missio (7 décembre
1990), n. 54: AAS 83 (1991), p. 301; La Documentation catholique
88 (1991), p. 173.
(60) Cf. Assemblée spéciale pour l'Océanie
du Synode des évêques, Lineamenta, n. 42; Instrumentum
laboris, nn. 22, 51; Propositions 4, 10, 44.
(61) Cf. Proposition 4.
(62) Cf. Jean-Paul II, Lettre apost. Tertio millennio adveniente
(10 novembre 1994), n. 21: AAS 87 (1995), p. 17; La Documentation
catholique 91 (1994), p. 1022.
(63) Homélie à l'Hippodrome de Randwick à
l'occasion du 200e anniversaire de l'arrivée de J. Cook
en Australie, Sydney (1er décembre 1970), n. 3: AAS 63
(1971), p. 62; La Documentation catholique, 68 (1971), p. 11.
(64) Jean-Paul II, Discours aux évêques d'Australie,
Sydney (26 novembre 1986), n. 4: AAS 79 (1987), p. 956.
(65) Cf. Jean-Paul II, Discours aux évêques de Nouvelle-Zélande,
Wellington (23 novembre 1986), n. 5: AAS 79 (1987), p. 937; L'Osservatore
Romano, éd. hebd. en langue française, n. 49 (9
décembre 1986), p. 6.
(66) Cf. Proposition 4.
(67) Cf. ibid.
(68) Cf. ibid.
(69) Cf. ibid.
(70) Cf. ibid.; voir aussi l'appel du Pape Jean-Paul II aux laïcs
à Sydney en 1986: Revenez! ... Revenez à la
maison!: Homélie de la Messe pour les diocèses
de Nouvelle-Galles du Sud, Hippodrome de Randwick, Sydney (26
novembre 1986), n. 5: Insegnamenti IX 2 (1986), p. 1678; L'Osservatore
Romano, éd. hebd. en langue française, n. 51 (23
décembre 1986), p. 14.
(71) Cf. Jean-Paul II, Lettre apost. Novo millennio ineunte (6
janvier 2001), n. 16: AAS 93 (2001), pp. 276-277; La Documentation
catholique 98 (2001), p. 74.
(72) Cf. Proposition 4.
(73) Conc. ocum. Vat.II, Const. dogm. sur l'église Lumen
gentium, n. 25.
(74) Jean-Paul II, Encycl. Fides et ratio (14 septembre 1998),
n. 38: AAS 91 (1999), p. 34; La Documentation catholique 95 (1998),
p. 914.
(75) Ibid., n. 48: l.c., p. 43; La Documentation catholique, l.c.,
p. 919.
(76) Proposition 5.
(77) Cf. Proposition 4.
(78) Cf. Proposition 6.
(79) Cf. ibid.
(80) Cf. Proposition 7.
(81) Cf. Proposition 5.
(82) Proposition 7.
(83) Jean-Paul II, Exhort. apost. Catechesi tradendæ (16
octobre 1979), n. 18: AAS 71 (1979), p. 1292; La Documentation
catholique 76 (1979), p. 905.
(84) Cf. ibid., n. 14: l.c., pp. 1288-1289; La Documentation catholique,
l.c., p. 904.
(85) Ibid.: l.c., p. 1288; La Documentation catholique, l.c.
(86) Proposition 9.
(87) Paul VI, Encycl. Ecclesiam suam (6 août 1964), III:
AAS 56 (1964), p. 642; La Documentation catholique 61 (1964),
col. 1081.
(88) Cf. Proposition 13.
(89) Cf. ibid.
(90) Cf. Proposition 14.
(91) Congrégation pour l'évangélisation des
Peuples et Conseil pontifical pour le Dialogue inter-religieux,Instruction
Dialogue et annonce (19 mai 1991), n. 2: AAS 84 (1992), p. 415;
La Documentation catholique 88 (1991), p. 874.
(92) Cf. Proposition 17.
(93) Cf. ibid.
(94) Catéchisme de l'église catholique, n. 2420.
(95) Proposition 17.
(96) Cf. Catéchisme de l'église catholique, n. 2273.
(97) Ibid., n. 2424.
(98) Proposition 17.
(99) Cf. Proposition 18.
(100) Jean-Paul II, Allocution aux Aborigènes, Alice Springs
(29 novembre 1986), n. 8: AAS 79 (1987), p. 976; La Documentation
catholique 84 (1987), p. 62; cf. Proposition 18.
(101) Cf. Jean-Paul II, ibid., n. 10: l.c., pp. 976-977; La Documentation
catholique, l.c., p. 62.
(102) Cf. Proposition 18.
(103) Cf. Proposition 17.
(104) Cf. Proposition 18.
(105) Cf. Proposition 16.
(106) Ibid.
(107) Jean-Paul II, Encycl. Evangelium vitæ (25 mars 1995),
n. 1: AAS 87 (1995), p. 401; La Documentation catholique 92 (1995),
p. 351.
(108) Cf. Proposition 20.
(109) Cf. Proposition 19.
(110) Cf. ibid.
(111) Cf. Paul VI, Exhort. apost. Evangelii nuntiandi (8 décembre
1975), n. 21: AAS 68 (1976), p. 19; La Documentation catholique
73 (1976), p. 5.
(112) Paul VI, Homélie de la Messe de clôture de
l'Année sainte (25 décembre 1975): AAS 68 (1976),
p. 145; L'Osservatore Romano, éd. hebd. en langue française,
n. 1 (2 janvier 1976), p. 3.
(113) Cf. Congrégation pour l'éducation catholique,
Lettre circulaire L'école catholique au seuil du troisième
millénaire (28 décembre 1997), nn. 8-11: Enchiridion
Vaticanum 16, nn. 1849-1852; La Documentation catholique 95 (1998),
pp. 560-562.
(114) Cf. ibid., n. 7: l.c., n. 1848; La Documentation catholique,
l.c., p. 560.
(115) Proposition 9.
(116) Jean-Paul II, Exhort. apost. Catechesi tradendæ (16
octobre 1979), n. 24: AAS 71 (1979), p. 1297; La Documentation
catholique 76 (1979), p. 907.
(117) Cf. Proposition 9.
(118) Ibid.
(119) Cf. Jean-Paul II, Const. apost. Ex corde Ecclesiæ
(15 août 1990), n. 4: AAS 82 (1990), p. 1478; La Documentation
catholique 87 (1990), p. 935.
(120) Proposition 8.
(121) Cf. Jean-Paul II, Encycl. Dives in misericordia (30 novembre
1980), n. 13: AAS 72 (1980), p. 1219; La Documentation catholique
77 (1980), pp. 1095-1096.
(122) Cf. Proposition 20.
(123) Cf. ibid.
(124) Jean-Paul II, Lettre apost. Salvifici doloris (11 février
1984), n. 16: AAS 76 (1984), p. 217; La Documentation catholique
81 (1984), p. 239.
(125) Cf. Proposition 17.
(126) Cf. Jean-Paul II, Homélie de la Messe pour l'évangélisation,
Mount Hagen (8 mai 1984), n. 5: AAS 76 (1984), p. 1010; L'Osservatore
Romano, éd. hebd. en langue française, n. 20 (15
mai 1984), p. 9.
(127) Cf. Proposition 21.
(128) Cf. ibid.
(129) Conc. ocum. Vat.II, Const. dogm. sur la Révélation
divine Dei Verbum, n. 25; cf. S. Ambroise, De officiis ministrorum
I, 20, 88: PL 16, 50.
(130) Cf. Proposition 22.
(131) Cf. ibid.
(132) Cf. Proposition 47.
(133) Cf. Proposition 39.
(134) Jean-Paul II, Discours aux évêques de Nouvelle-Zélande,
Wellington (23 novembre 1986), n. 9: AAS 79 (1987), pp. 940-941;
L'Osservatore Romano, éd. hebd. en langue française,
n. 49 (9 décembre 1986), p. 7.
(135) Proposition 40 A.
(136) Cf. Proposition 41.
(137) Proposition 30.
(138) Cf. Conc. ocum. Vat. II, Décret sur l'apostolat des
laïcs Apostolicam actuositatem, et Jean-Paul II, Exhort.
apost. post-synodale Christifideles laici (30 décembre
1988): AAS 81 (1989), pp. 393-521; La Documentation catholique
86 (1989), pp. 152-196.
(139) Proposition 30.
(140) Cf. Proposition 26.
(141) Ibid.
(142) Homélie lors de la béatification de Peter
To Rot, Port Moresby (17 janvier 1995), n. 8: AAS 87 (1995), p.
995; La Documentation catholique 92 (1995), p. 168.
(143) Cf. Proposition 26.
(144) Cf. ibid.
(145) Jean-Paul II, Exhort. apost. Familiaris consortio (22 novembre
1981), n. 21; AAS 74 (1982), p. 105; La Documentation catholique
79 (1982), p. 8.
(146) Proposition 23.
(147) Ibid.
(148) Cf. ibid.
(149) Discours aux évêques d'Australie, Sydney (26
novembre 1986), n. 10: AAS 79 (1987), p. 960; L'Osservatore Romano,
éd. hebd. en langue française, n. 51 (23 décembre
1986), p. 12.
(150) Proposition 23.
(151) Cf. Proposition 24.
(152) Cf. ibid.
(153) Cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Mulieris dignitatem
(15 août 1988): AAS 80 (1988), pp. 1653-1729; La Documentation
catholique 85 (1988), pp. 1063-1088; Lettre aux femmes (29 juin
1995): AAS 87 (1995), pp. 803-812; La Documentation catholique
92 (1995), pp. 717-722.
(154) Cf. Proposition 27.
(155) Cf. Proposition 11.
(156) Ibid.
(157) Cf. Proposition 29.
(158) Jean-Paul II, Homélie de la Messe pour les vocations,
Port Moresby (7 mai 1984), n. 4: AAS 76 (1984), p. 1006; La Documentation
catholique 81 (1984), pp. 623-624.
(159) Cf. Proposition 28.
(160) Conc. ocum. Vat.II, Décr. sur le ministère
et la vie des prêtres Presbyterorum ordinis, n. 14.
(161) Proposition 37.
(162) Cf. Jean-Paul II, Exhort. apost. post-synodale Pastores
dabo vobis (25 mars 1992), nn. 43-59: AAS 84 (1992), pp. 731-762;
La Documentation catholique 89 (1992), pp. 477-486.
(163) Proposition 37.
(164) Cf. Proposition 38.
(165) Proposition 36.
(166) Ibid.
(167) Cf. Proposition 35.
(168) Décret sur le ministère et la vie des prêtres
Presbyterorum ordinis, n. 8.
(169) Cf. Proposition 36.
(170) Proposition 33.
(171) Ibid.
(172) Proposition 34.
(173) Cf. Proposition 43.
(174) Cf. Congrégation pour l'éducation catholique
et Congrégation pour le Clergé, Normes fondamentales
pour la formation des diacres permanents et Directoire pour le
ministère et la vie des diacres permanents (22 février
1998): AAS 90 (1998), pp. 843-927; La Documentation catholique
95 (1998), pp. 409-447.
(175) Cf. Proposition 32.
(176) Cf. Proposition 29.
(177) Cf. ibid.
(178) Cf. ibid.
(179) Cf. Proposition 48.
(180) Cf. ibid.
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