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5
janvier 2001 |
Appelés à la paix
par Denis Gagnon, o.p.
La fin d'une année et le début d'une autre sont toujours
accompagnés de bilans et de prospectives. C'est l'occasion de
passer en revue trois-cents-soixante-cinq jours sous différents
angles: politiques, économiques, culturelles, artistiques,
religieux, etc. L'occasion de faire le tour du monde en quelques
pages de journal ou en quelques minutes de télévision.
Les bilans se succèdent d'année en année avec leurs
particularités. Mais, globalement, ils se ressemblent. La guerre
et les conflits font partie du menu. Ils sont même le plat
principal. Les points chauds peuvent changer de région, mais ils
sont toujours là. Les humains en font une consommation qui
dépasse parfois l'entendement. Pourquoi n'arrivons-nous pas
à vivre ensemble d'une façon harmonieuse? Pourquoi tant de nos
relations se vivent-elles dans la friction? Pourquoi les
frontières entre les peuples se durcissent-elles aussi
facilement?
Nous avons pourtant un grand idéal. Nous cherchons le bonheur
et nous savons bien que nous n'y parviendrons pas sans un
minimum d'entente entre nous. Nous savons que nous avons besoin
des autres pour vivre, pour nous rendre heureux mutuellement. Nous
avons besoin d'un minimum de biens pour vivre. Et, sans les
autres, il serait difficile d'obtenir ce minimum. La
répartition des biens de la terre, leurs transformations
supposent la concertation de beaucoup de personnes, chacune
apportant sa contribution dans ces transformations et dans le
partage des richesses. De plus en plus, nous avons besoin de
coopération entre les pays, entre les peuples. Les distances sur
la planète rapetissent de plus en plus. Nous circulons plus
facilement d'un pays à l'autre, d'une culture à l'autre.
Nous avons donc besoin de meilleures concertations entre nous pour
vivre convenablement sur cette terre.
Il est long et difficile l'apprentissage de la vie en commun.
C'est déjà un défi entre un homme et une femme qui se
choisissent et décident de partager leur vie. À plus forte
raison quand les citoyens et les citoyennes d'une même ville
veulent bâtir ensemble un projet de société. À plus forte
raison quand des villes doivent s'unir. À plus forte raison
encore quand les pays sont appelés à des concertations.
Pendant que nous faisons le bilan de nos conflits, la liturgie
chrétienne nous conduit jusqu'à l'Enfant de Bethléem où se
retrouvent aussi des personnages venus d'Orient. La tradition
nous les présente sous les traits de trois grandes races: un
blanc, un noir et un jaune. Pour nous dire que tous les peuples
sont invités à se retrouver à la crèche. Ils y entendront des
anges chanter la paix sur la terre. Ils pourront reconnaître dans
le nouveau-né le sens de leur existence et le point d'ancrage
de leur vivre ensemble.
Les grandes puissances sont convoquées. Les guerriers sont
appelés au rassemblement. Tous ces géants sont invités à se
laisser désarmer par un nouveau-né fragile, faible. C'est le
paradoxe du mystère de Noël, la surprenante stratégie de Dieu.
Dans la naissance de Jésus, Dieu nous propose d'écrire l'histoire
autrement, en établissant nos rapports humains à un autre niveau
qu'à celui de la force et de la domination. Grand défi qu'en
deux mille ans d'Évangile nous n'avons pas encore réussi
complètement à relever. Mais, ça viendra, Dieu le veut!
- Radio Ville-Marie 91.3
FM
- « Rythme du matin »
- 5 janvier 2001
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